Crise de la vocation, pauvreté, transition écologique... les 3 défis de l'agriculture en France

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22,1% d'agriculteurs vivaient sous le seuil de pauvreté en 2016, ce qui en fait la profession la plus exposée, selon l'Insee.
22,1% d'agriculteurs vivaient sous le seuil de pauvreté en 2016, ce qui en fait la profession la plus exposée, selon l'Insee. (Crédits : Pascal Rossignol)
La "Ferme France" reste un géant en termes de production et d'exportation mais l'agriculture française est confrontée à de nombreux défis, comme le renouvellement des générations et le maintien d'un revenu décent, alors qu'on lui demande de prendre un virage écologique.

Avec 77,2 milliards d'euros en 2018, la France a la plus forte production agricole de l'Union européenne (UE), devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, et pèse 18% du total.

L'Hexagone détient près de 15% de la surface agricole de l'UE. Sur les 55 millions d'hectares du territoire français métropolitain, un peu plus de 28 millions sont occupés par des activités agricoles.

Après avoir reculé plusieurs années de suite, les exportations agroalimentaires françaises ont repris du poil de la bête en 2019 avec une hausse de 3,2% à 64,4 milliards d'euros. Passage en revue des principaux défis qui attendent le secteur.

  • Fonte du nombre d'agriculteurs

Le pays perd entre 1,5% et 2% de chefs d'exploitation par an, et la baisse risque de s'accélérer car la moitié des exploitants agricoles va partir à la retraite dans les 10 prochaines années.

Le nombre de chefs d'exploitation agricole s'est réduit à 448.500 en 2018, soit une baisse de 1% sur un an. En 2017, il s'élevait à 453.000, et en 2008 à 514.000.

Les installations de nouveaux agriculteurs sont reparties en baisse en 2018 (-2,8%) avec l'arrivée de 13.925 chefs d'exploitation, en raison de la chute des installations de personnes de plus de 40 ans. Elles avaient connu une légère hausse de 1,2% en 2017 mais la baisse avait atteint 6,2% en 2016.

  • Des revenus en augmentation mais une population qui reste fragile

Le revenu disponible moyen des exploitations a légèrement augmenté en 2018, 35.480 euros annuels, selon le Réseau d'information comptable agricole (RICA), alors qu'il était de 32.730 euros en 2017. Le RICA se base sur un échantillon de 7.220 exploitations agricoles représentatives, cependant, il ne prend pas en compte le nombre de personnes qui doivent "vivre" sur ce revenu disponible par exploitation.

Par ailleurs, 22,1% d'agriculteurs vivaient sous le seuil de pauvreté en 2016, ce qui en fait la profession la plus exposée, selon l'Insee.

  • Une difficile transition agroécologique

La production agricole biologique a enregistré une année record en France en 2018, surtout dans les céréales, grâce à une progression à 7,5% de la surface agricole bio, soit deux millions d'hectares, contre 6,5% en 2017.

Lire aussi : L'agriculture bio ne cesse de progresser en France

Cependant, un récent rapport du Sénat a jugé "hors d'atteinte" l'objectif de 15% de surfaces bio en 2022, le texte épinglant l'action menée par l'État pour appuyer le développement de l'agriculture bio ainsi que les soutiens financiers jugés insuffisants.

On a également appris en janvier que la consommation de produits phytosanitaires en agriculture avait augmenté de 21% en France en 2018, selon un bilan du Plan Ecophyto 2, dont l'objectif était de faire baisser la consommation de pesticides de 50% d'ici 2025.

Lire aussi : Plan Ecophyto: la Cour des comptes insatisfaite des résultats

La décision de mettre en place des zones de non-traitement autour des habitations depuis janvier a provoqué un fort mécontentement auprès des agriculteurs. La FNSEA demande pour sa part des "mesures d'accompagnement ambitieuses" pour que les agriculteurs soient en capacité de prendre le virage de la transition écologique tout en maintenant leur compétitivité.

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a écrit le 22/02/2020 à 14:08 :
le salon de l agriculture est toujours le cache misère des élites . les résultats le confirment.. rien n achangé
a écrit le 22/02/2020 à 14:08 :
le salon de l agriculture est toujours le cache misère des élites . les résultats le confirment.. rien n achangé
a écrit le 20/02/2020 à 22:14 :
La France, 1er producteur et exportateur agricole de l'UE, est incapable de satisfaire ses besoins domestiques en produits bio brut et transformés en important 30% de ses besoins auprès de l'UE, mais également des pays du pourtour méditerranéen ( ex: huile d'olive bio importée du Maghreb...).
Le bio! La priorité des priorités pour accroître le revenu agricole et contenir la disparition de la profession.
La FNSEA enfin au boulot !!??
a écrit le 18/02/2020 à 11:29 :
Le 1er défi de l'agriculture en France ? La réforme de la PAC qui provoque les défis ici mentionnés ! Mais à quoi bon redire les mêmes choses sans arrêt ? Surtout dans un journal d'information ? Quelle est ici l'information ? Je n'ai pas compris...
a écrit le 17/02/2020 à 19:01 :
Tout est fait pour que nombre d'agriculteurs diminue et que les surfaces soient concentrées dans un minimum de mains. Celles des banquiers, des investisseurs, actionnaires, fonds de pension et divers...C'est l'objectif, la raison d'être de la FNSEA alliée des groupes agroalimentaires, agrochimiques, des constructeurs de matériels et des géants de la distribution.
Le monde paysan a vécu. Hors le "bio", point de salut..pour un temps. Nul doute qu'il sera aussi détourné....d'ailleurs ça a déjà commencé avec des normes de moins en moins contraignantes.
Les voyous sont toujours à l'affût et à la manœuvre pour tout "saloper"...pour du fric.!
a écrit le 17/02/2020 à 15:44 :
Les contraintes des agriculteurs français sont évidemment multiples, et malheureusement pour eux, hors de leurs contrôles: prix trop bas (la part de l'alimentation dans le revenu des ménages est sous les 15% - merci aux défenseurs du prix du panier de la ménagère!-, contraintes environnementales exacerbées, -et pourquoi pas? si ce n'est que l'on est sorti du rationnel et que les attaques injustifiées scientifiquement se multiplient-, diminution des consommations de certains produits (la viande), et politique d'aides qui sont amenées à se réduire. Quel fou va investir dans le secteur, seul business au Monde où le capital investi rapporte zéro! Mais notons que nous connaitrons un retour lorsque nous connaîtrons un problème de production majeur au niveau mondial (voir les impacts de la peste porcine africaine en Chine sur les marchés, ou un phénomène volcanique plinien type Tambora..). Les partis écologistes devraient prôner la constitution de stocks de céréales ce qui aurait bien sûr un impact positif sur le carbone, et nous n'avons actuellement que 10% de stocks/consommation à la césure.
a écrit le 17/02/2020 à 14:57 :
Il n'y a pas de mystère sur la pauvreté des agriculteurs , c'est l'oeuvre de la politique Européenne pour être concurente au niveau internationale, elle vend les produits agricoles à des prix trop bas par rapport à leurs coups de production et compense avec des aides financières provenant de l'impôt. Il sont à la charge des autres assurés sociaux et les retraites . C'est la politique actuelle . Il faut appelé un chat un chat .
a écrit le 17/02/2020 à 14:11 :
le dernier fils, autodidacte (permaculture) veut se lancer, il se débrouille pas mal, les aides? c'est plus que symbolique, la terre?
Ben il a mon champ bien situé adossé à mon terrain de loisirs qui grouille de vers de terre: question comment préempter le terrain voisin qui borde un ruisseau qui ne sert à rien?
C'est pas si simple que ça, et il va falloir au moins 5 ans pour voir les arbres fournir, 2 ans pour de bonnes récoltes il va vivre de quoi?
En Sarthe on a un climat qui permet d'éluder le problème climatique mais les bonnes terres servent à des usages inutiles comme les chevaux, les moutons nains et autres bestioles à bobos et évidement des hypermarchés et lotissements alors que des hectares de friches industrielles sont à l'abandon.
a écrit le 17/02/2020 à 13:04 :
Vocation, vocation, c'est vite dit : Moi je veux bien l'entendre. Mais un exemple : lorsque je vois un département accorder des subventions pour replanter des vieux vergers avec l'impôt foncier du département, moi aussi je veux bien avoir la vocation d'agriculteurs, d'arboriculteurs.
a écrit le 17/02/2020 à 12:54 :
Tout est a revoir dans les écoles d'agricultures, et beaucoup d'agriculteurs courageux se sont remis en cause a la sortie, non s'en s'être saigné et endetté inutilement! Mais le politique, assis sur ses convictions d'un autre âge freine pour que rien ne change, mais surine votre culpabilité!
a écrit le 17/02/2020 à 12:50 :
RAPPEL climatique : pour l'absorption de l'excès de CO2 atmosphérique (déjà la moitié), l'on sait depuis peu, via les observations des satellites, qu'il serait nécessaire de planter au moins 1000 MILLIARDS D'ARBRES, et que c'est la façon la plus naturelle et la moins coûteuse pour remédier à ces erreurs humaines et de faire un climat local vivables, si à arbres répartis gardés humides au pied.
a écrit le 17/02/2020 à 12:27 :
Pour la transition climatique, il leur est possible d'utiliser la méthode paysagiste étroite à talus arborés, en plantant des arbres de rapport sur les talus poussant plus vite et faisant 7 cm d'humus à leurs pieds sur 25 ans (donc des terres riches propres et durables). Ce qui leur fera des cultures correctes à long terme et un complément de revenu et de retraite via la sylviculture partielle sans risque de sécheresse !
- https://greenjillaroo.wordpress.com (page 01-FR)
Réponse de le 17/02/2020 à 14:21 :
Donc vous êtes tout bêtement pour le retour au bocage, ça éxiste encore pas mal dans l'ouest, mais quand on remonte par la Beauce vers Paris c'est sinistre.
N'empèche vous savez quelle culture piège le plus de co2? c'est le maïs.
Je pense que la betterave sucrière en est pas loin ainsi que le colza, tandis que des chênes de plus de 200 ans en capteraient très peu voire négatifs.
Enfin c'est ce qu'on m'a appris il y a très longtemps avant la mode du co2
Réponse de le 20/02/2020 à 21:38 :
Planter des arbres. Bien sûr. Mais pas n'importe comment et pas n'importe où : espaces paysagés en ville, terrains instables et menacés par l'érosion en montagne, espaces forestiers à régénérer ( la meilleure solution c'est d'accroître les débouchés du bois ds la construction et l'efficacité forestière qui en découle par la sylviculture, ce qui va favoriser le développement du bois et dc la photosynthèse et son corollaire, le cycle du carbone...).
Pour réduire le stress hydrique induit par le réchauffement climatique, surtout proscrire le maïs gaspilleur d'eau et nourrissant mal surtout les animaux ( la bête noire des écolos US !!!).
Penmore, retournez à l'école pour actualiser vos connaissances...
a écrit le 17/02/2020 à 12:04 :
parler de "vocation " est ridicule , quelque soit l'activité on peut l'exercer avec plaisir, passion ou intérêt mais certainement pas par vocation que ce soit la médecine , l'agriculture, l'enseignement , les vocations c'est bon pour ceux qui font dans l'humanitaire, le bénévolat mais pas pour gagner sa vie .
Par ailleurs si le nombre d'exploitation baisse leurs surfaces augmentent !!

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