La Cour des Comptes épingle la politique de réduction des pesticides agricoles du gouvernement, dont les effets sont "très en deçà des objectifs", malgré la mobilisation d'"environ 400 millions" d'euros de fonds publics rien qu'en 2018, dans un référé rendu public mardi.
"En dépit de ces actions et de la mobilisation de fonds publics pouvant être estimés, pour 2018, à environ 400 millions d'euros (dont 71 millions prélevés sur la redevance pour pollutions diffuses), plusieurs travaux d'évaluation ont dressé un bilan réservé de l'action menée. La Cour constate, pour sa part, que les effets des plans Écophyto demeurent très en deçà des objectifs fixés", selon le référé.
Depuis le Grenelle de l'environnement fin 2007, qui avait fixé un objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides de synthèse en 10 ans, les deux plans successifs mis en oeuvre, Ecophyto 1 et 2, ont été des échecs. En avril, le gouvernement français a donc tenté pour la troisième fois de désintoxiquer l'agriculture des excès de la chimie en lançant un plan Ecophyto 2+.
Dans sa réponse aux critiques émises sur les trois plans gouvernementaux successifs, le Premier ministre Édouard Philippe reconnait que ces objectifs ne sont pas atteint et promet, parmi d'autres mesures, de nouvelles données chiffrées "courant avril" 2020 sur les ventes de produits phytosanitaires en 2019, issues des déclarations des distributeurs de ces produits.