Crise : les salaires des jeunes cadres particulièrement menacés

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(Crédits : Benoit Tessier)
L'Association pour l'emploi des cadres (APEC) prévient que la part variable de la rémunération des cadres "devrait baisser" en 2020, ce qui touchera en particulier les cadres commerciaux et ceux des grandes entreprises. Autre crainte, un tassement des salaires des plus jeunes et le creusement des inégalités homme-femme.

Le salaire des cadres du secteur privé est resté stable en 2019 après deux années de hausse mais la crise économique due à l'épidémie de Covid-19 "aura certainement un impact" sur leur salaire en 2020, a prévenu mercredi l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).

La rémunération brute annuelle médiane des cadres du privé (la moitié gagne plus, l'autre moitié gagne moins), incluant la part fixe et la part variable, s'est élevée à 50.000 euros l'an dernier, selon une étude réalisée en mars et basée sur les réponses de 16.000 cadres du privé, clients de l'Apec.

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"La crise économique a d'ores et déjà un impact visible sur l'emploi des cadres mais elle aura aussi certainement un impact sur leurs rémunérations", alerte le directeur général de l'Apec, Gilles Gateau, cité dans un communiqué.

"Dans ce contexte, les entreprises devront être vigilantes à ne pas ralentir le rythme - encore trop lent - de réduction des inégalités salariales entre femmes et hommes. C'est un vrai risque", s'inquiète-t-il.

Moins de mobilités

L'Apec souligne que la crise "devrait avoir un impact sur les composantes variables" du revenu des cadres du privé, liées à leurs résultats ou aux performances de l'entreprise. La part variable de leur rémunération "devrait baisser", ce qui touchera "en particulier les cadres commerciaux et ceux des grandes entreprises". L'intéressement et la participation "devraient être plus faibles", avec "des effets notables pour les cadres des grandes entreprises".

En outre, la crise devrait "ralentir" les hausses de salaires "individuelles ou collectives", ainsi que les mobilités internes ou externes qui permettent "fréquemment" d'obtenir une augmentation. Et en cas de chômage, le retour à l'emploi "s'accompagne parfois d'une baisse de la rémunération", relève l'Apec.

Les jeunes en première ligne

Autres craintes : une baisse de la rémunération fixe des cadres via la signature d'accords de performance collective (APC) dans les entreprises et une évolution salariale moins favorable pour les cadres "en début de carrière".

L'an dernier, 62% des cadres de moins de 30 ans ont vu leur rémunération augmenter, contre seulement 38% des plus de 50 ans. Parmi ceux qui ont changé d'entreprise, 78% des moins de 30 ans ont été augmentés, contre 54% des plus de 50 ans.

D'autre part, les inégalités salariales femmes/hommes ont persisté en 2019, même si le salaire médian des femmes a augmenté de 2,2%, alors que celui des hommes restait stable. "À profil identique", indique l'Apec, les hommes ont gagné "8% de plus que les femmes".

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Commentaires
a écrit le 02/09/2020 à 15:33 :
La République bananière à encore des beaux jours grâce à Macron, Castex, Le Maire qui distribuent des millions d'euros aux fonctionnaires pour leur salaire policier, pompier, enseignants du public, agents des hôpitaux publics, etc sans contre partie alors que cette minorité s'engraisse les salariés du privé se font dégraissés depuis 2009 avec des salaires qui stagnent et maintenant avec le covid-19 baisse des rémunérations, temps partiels ou chômage. Les français du secteur marchands deviennent de plus en plus pauvres... Faudra-t-il comme au Liban que les français se révoltent contre cette minorité de politiciens et fonctionnaires qui profitent de l'état providence c'est-à-dire ceux qui vivent au crochet de l'état que l'on nomme les agents publics sans oublier les politiciens ???
a écrit le 02/09/2020 à 14:10 :
Ils vont enfin connaître ce que leurs copains RH font subir aux autres...
a écrit le 02/09/2020 à 10:15 :
"une baisse de la rémunération fixe des cadres via la signature d'accords de performance collective (APC) "

Qu’est-ce qu’un accord de performance collectif ( APC) :ces accords permettent de modifier la durée du travail (suppression de RTT ou de congés, augmentation de la durée de travail sans augmentation de salaire...) de baisser les salaires (suppression de primes, baisse des majorations...) et de modifier l’organisation et les conditions de travail (mobilité géographique, changement de poste...). Autant de modifications qui nécessitent en principe l’accord des salariés concernés.Si ces modifications sont prévues par un accord de performance collective, le salarié peut certes s’y opposer, mais il sera alors licencié, son licenciement sera réputé être justifié : il ne pourra pas le contester, et il ne bénéficiera pas de l’accompagnement prévu en cas de licenciement collectif pour motif économique, quand bien même beaucoup de salariés seraient licenciés dans ce cadre.
a écrit le 02/09/2020 à 9:56 :
Le cadre, cet objet jetable corvéable à merci pour déjà trois fois rien.

Quand un patron vous dit que vous aurez le statut de cadre méfiez vous ! Car dans sa tête lui voit l'esclave, et même encore moins qu'un esclave vu que non acheté.
Réponse de le 02/09/2020 à 23:10 :
Généralisation abusive. Le statut de 'cadre' est certes de plus en plus galvaudé, et la généralisation du contrat au forfait jour y compris pour les cadres sans fonctions hiérarchiques a donné lieu à bien des abus. Mais il reste cependant de très nombreux "cadres", souvent plus des experts dans des domaines industriels et techniques de pointe que des encadrants d'ailleurs, qui arrivent à fort bien monnayer leurs compétences sur le marché du travail. Une compétence technique rare et bien maîtrisée permet de bien vivre et de changer d'employeur sans trop de difficultés (en tout cas jusqu'à la cinquantaine...)

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