Croissance : la Banque de France s'attend à une hausse du PIB de 6,75% en 2021

La croissance pourrait atteindre 6,75% en 2021, contre 6,3% initialement prévu. Ce nouveau bond est tiré par une prévision de croissance plus forte que prévue au quatrième trimestre, à +0,75%. La France est l'une des locomotives de la reprise économique en Europe.

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La Banque de France se fonde sur sa dernière enquête mensuelle de conjoncture réalisée fin octobre auprès de chefs d'entreprise pour estimer que l'économie a dépassé depuis septembre son niveau d'activité pré-crise, après la récession de 8% enregistrée en 2020.
La Banque de France se fonde sur sa dernière enquête mensuelle de conjoncture réalisée fin octobre auprès de chefs d'entreprise pour estimer que l'économie a dépassé depuis septembre son niveau d'activité pré-crise, après la récession de 8% enregistrée en 2020. (Crédits : BENOIT TESSIER)

Où va s'arrêter la croissance française ? La Banque de France relève une nouvelle fois ses prévisions pour l'année 2021, tablant désormais sur une progression du PIB à 6,75%, a annoncé hier l'institution. Ces derniers mois, elle avait d'abord estimé la progression de la richesse produite française à 5,8%, puis à 6,3% en septembre. Ce nouveau bond à 6,75% est tiré par une prévision de croissance plus forte que prévue au quatrième trimestre, à +0,75%. Le résultat annuel attendu "n'est pas une prévision, c'est juste un calcul par rapport aux acquis"des trimestres précédents, a précisé Olivier Garnier, le directeur général. La France est l'une des locomotives de la reprise économique en Europe.

La Banque de France se fonde sur sa dernière enquête mensuelle de conjoncture réalisée fin octobre auprès de chefs d'entreprise pour estimer que l'économie a dépassé depuis septembre son niveau d'activité pré-crise, après la récession de 8% enregistrée en 2020.

Ainsi, en novembre, l'activité serait "environ trois quarts de point" supérieure à son niveau de fin 2019, indique la banque centrale dans ce point de conjoncture. Les chefs d'entreprise interrogés indiquent que l'activité continuerait de croître en octobre et novembre, avec des carnets de commandes toujours largement supérieurs à leur moyenne historique.

Perspective positive pour la fin de l'année

Fin octobre, l'Insee avait déjà indiqué qu'après la très bonne performance de l'économie française au troisième trimestre, avec une progression du PIB de 3%, la croissance atteindrait au moins 6,6% sur l'ensemble de 2021, sauf contraction de l'activité au dernier trimestre. Mais, comme le gouvernement, l'Institut national de la statistique table toujours sur une croissance de 6,25% cette année pour le moment, même si le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a déjà reconnu qu'elle serait certainement supérieure.

Cette conjoncture favorable entraîne une baisse du taux de chômage. Il est au plus bas depuis 13 ans et devrait atteindre 7,6% d'ici la fin de l'année, rappelait l'Insee début octobre. "Les mesures d'urgence ont largement amorti l'onde de choc sur le marché du travail. L'emploi salarié, l'investissement des entreprises en France ont dépassé leur niveau d'avant crise à la fin du second trimestre", précisait l'institut de statistiques.

Par ailleurs, les entreprises semblent moins souffrir de difficultés à recruter, puisqu'un peu moins de la moitié d'entre elles (49%) affirme avoir rencontré ce type de problème en octobre, soit 5 points de moins qu'en septembre.

En 2021, la croissance est clairement tirée par la demande intérieure. La contribution de la demande domestique à la richesse produite est d'environ 6,5 points. La consommation et l'investissement privés sont les deux principaux moteurs de l'activité cette année.

Et selon une étude publiée par l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) mercredi 13 octobre, la croissance de l'économie française en 2022 pourrait encore être tirée par la consommation si les Français dépensaient l'immense épargne accumulée pendant les périodes de confinement, estimée à 151 milliards d'euros par les économistes. Si une partie de cette épargne était fléchée vers la consommation, le rebond pour l'an prochain pourrait atteindre 6,2% au lieu de 4%, projettent les experts.

Lire aussi |6% de croissance, 6% de chômage : ce scénario pour 2022 qui fait rêver

Retour au niveau d'avant-crise dans certains secteurs

Le paysage économique reste toutefois contrasté. Les services ont largement tiré l'activité en octobre, en particulier dans la restauration, l'hébergement, les services aux entreprises et les activités de loisirs. Et les perspectives y sont bonnes en novembre, notamment dans la restauration et le travail temporaire.

Dans l'industrie, l'activité est quasiment revenue à ses niveaux d'avant-crise dans un certain nombre de branches, tandis que l'automobile reste très en retrait, même si la Banque de France s'attend à un redressement en novembre après deux mois de forte baisse due aux difficultés d'approvisionnement.

Bien qu'il semble "prématuré de dire qu'on a passé le pic" de ces problèmes, selon Olivier Garnier,"ce mois-ci, les entreprises ne déclarent pas une aggravation, voire même un recul",a-t-il constaté.

L'inflation toujours à surveiller

Les problèmes d'accès aux matières premières se sont stabilisés, certes à un niveau élevé, dans l'ensemble de l'industrie en octobre, où elles concernent 56% des entreprises interrogées, mais 86% dans l'automobile. Elles ont même reflué dans le bâtiment, touchant 58% des entreprises, après 62% en septembre.

À ce stade, "les entreprises ne répercutent pas complètement les hausses de prix de matières premières"liées à ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement, note aussi Olivier Garnier. Mais un quart des chefs d'entreprise indiquent avoir augmenté leurs prix de vente.

L'inflation continue en effet de progresser en France, même si elle semble plutôt maîtrisée. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2% sur un an selon les derniers chiffres dévoilés par l'Insee mi-octobre, soit 0,1 point de plus que lors de la précédente estimation.Il s'agit d'un record depuis novembre 2018.

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Commentaires 5
à écrit le 09/11/2021 à 9:04
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Nous ne re retrouverons pas le niveau d’activité d’avant la crise COVID c’est un fait. L’année prochaine la croissance baissera malgré les expédiants mis en place jusqu’aux élections par le gouvernement. Nos déficits sont un handicap pour plusieurs d...

le 09/11/2021 à 16:24
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Le niveau d'activité a déjà retrouvé son niveau d'avant crise et le chômage est au plus bas.

à écrit le 09/11/2021 à 9:02
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"TOUT VA BIEN" nous rabâche sans cesse cette rengaine grotesque. A déguster avec "TOUT ALLAIT BIEN" et bien entendu "TOUT IRA BIEN".

le 09/11/2021 à 16:26
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Il est certain que pour les opposants à Macron c'est une très mauvaise nouvelle.

le 10/11/2021 à 11:59
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Mais qui peut le croire ? Réfléchissez à ça un peu tous, avec internet l'opinion publique vous échappe de plus en plus.

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