Innovation : décriées, les SATT contre-attaquent

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Après une phase de lancement discrète, les SATT clament désormais haut et fort leur volonté de stimuler l'innovation tricolore
Après une phase de lancement discrète, les SATT clament désormais haut et fort leur volonté de stimuler l'innovation tricolore (Crédits : Décideurs en région)
Stigmatisées par plusieurs rapports, les Sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT) mettent aujourd'hui en avant les débouchés qu'elles offrent aux laboratoires publics de recherche et aux entreprises.

Lancées en 2010 dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir (PIA), les Sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT) sont-elles le vilain petit canard de l'action publique dans le domaine du soutien à l'innovation que l'on veut bien nous présenter ?

Plusieurs rapports ont pointé du doigt le modèle économique des SATT qui, faut-il le rappeler, assurent le relais entre les laboratoires de recherche et les entreprises et financent les phases de maturation des projets et de preuve de concept. Citons notamment le rapport de la Cour des comptes, daté de décembre 2015, qui passait en revue les actions du PIA, et le rapport Berger sur les dispositifs de soutien à l'innovation dévoilé en janvier 2016. En substance, outre des problèmes de gouvernance et une gestion parfois jugée aléatoire du denier public, ces deux rapports doutaient de la capacité des SATT à devenir rentables après une période de dix ans, en dépit des moyens budgétaires mis à leur disposition : 850 millions d'euros sur dix ans.

Boule de cristal

Sachant que la première des quatorze SATT recensées sur le territoire a vu le jour en janvier 2012, et que la dernière a été lancée en juillet 2014, les conclusions de ces deux rapports laissent un peu perplexe au sein des SATT.

 " Les SATT œuvrent à une diffusion accélérée des inventions issues des laboratoires publics qu'elles transforment en innovation à la disposition des entreprises de toutes tailles. Les chiffres et projets présentés aujourd'hui confirment que l'effet de levier attendu sur la croissance économique nationale et des territoires est au rendez-vous ", explique Norbert Benamou, le président du Réseau SATT et présidentde la SATT Nord. De son côté, Maylis Chusseau, la président de la SATT Aquitaine Science Transfert remet en cause l'horizon temporel fixé par l'exécutif aux SATT en matière de rentabilité.

" A l'étranger, plusieurs dispositifs ont prouvé qu'ils étaient très rentables. Compte tenu de l'excellence de la recherche française, il n'y aucune raison de douter de la viabilité du modèle économique des SATT, que ce soit à dix, quinze ou vingt ans ", estime-elle.

Des premiers résultats

En attendant, le réseau des SATT affiche les résultats suivants : en cumul, les 14 SATT ont investi 183 millions d'euros dans la maturation de projets et la propriété industrielle. Elles ont protégé 1.184 brevets prioritaires, ont concédé 349 licences à des entreprises et ont participé à la création de 106 start-ups, dont 50 sur la seule année 2015. Les premières mises sur le marché de produits et services nés de ces innovations sont également intervenues en 2015. Des projets de maturation prometteurs sont également mis en avant. Le réseau cite notamment Techflax, spécialisé dans la réparation cutanée et la prévention du vieillissement cutané, licencié à BASF ou les start-ups créées sur des innovations maturées et protégées par les SATT à l'image de NFC Interactive (gestion de contenu off line) ou Ionwatt (batteries de forte puissance à base d'électrolytes circulants).

" La création des SATT a par ailleurs constitué un levier de simplification très puissant. Aujourd'hui, ce sont 185 établissements de recherche (avec de 6 à 24 établissements couverts par SATT) qui ont confié la gestion et la valorisation de leur propriété intellectuelle à une SATT, offrant ainsi aux entreprises - à l'échelle nationale - 14 interlocuteurs au lieu de 185 ", poursuit le réseau.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2016 à 11:58 :
"des inventions issues des laboratoires publics qu'elles transforment en innovation à la disposition des entreprises", c'est extrêmement difficile à faire, c'est ce que font les meilleures start-ups avec les personnes le plus compétentes, des équipes conséquentes et des investisseurs de renom. Innovation veut dire comprendre les usages, le marché, être capable d'avoir une vision et la fonder dans des opérations. Penser que ce travail peut-être fait par des "chargés d'affaires" relève d'une naiveté et d'une incompétence hallucinantes, mettre 850 millions là dedans relève de... c'est incroyable. Mesurer l'efficacité au nombre de brevets déposés montre que ces personnes n'ont strictement rien compris à l'innovation aujourd'hui.
a écrit le 12/05/2016 à 11:15 :
Mais combien est-ce que les SATT rapportent à l'Etat ?

Qu'elles financent des dizaines de projets, bravo ! Mais quel résultat pour le contribuable ? Aucune réponse des SATT sur ce sujet.
a écrit le 11/05/2016 à 22:46 :
De belles administrations déficitaires qui investissent massivement dans la comm' (regardez leurs sites internet et leurs nombres de chargés de communication) et qui seront bientôt renflouées discretement par notre 1er ministre vers le 23 décembre, comme il a pu le faire pour France Brevets, qui ne gagne pas un euro non plus.
Et devinez qui a signé un contrat de valorisation avec France Brevets : les SATT ! Véridique. La boucle est bouclée !
Pendant ce temps, les chercheurs dans les labos traquent le moindre euro.
Réponse de le 13/05/2016 à 15:38 :
Entièrement d'accord, 14 structures déficitaires (et pourquoi pas une seule au fait ?) qui supportent une masse salariale totalement disproportionnée pour l'efficacité du dispositif (et sans commune mesure avec le salaire des chercheurs qu'elles sont censées aider)... Tout cet argent n'aurait il pas été mieux utilisé s'il avait été directement attribué aux laboratoires ?
a écrit le 11/05/2016 à 17:27 :
L'activité d’intermédiation, quelle soit en matière financière, immobilière ou en propriété industrielle, pose toujours la question de son coût/efficacité. par exemple le "Lendingclub" sur Internet a prouvé être bien plus efficace que la banque de dépôt pour les prêts aux particuliers. Quand l'intermédiation est instituée et subventionnée comme pour les SATT, le ratio coût/efficacité ne peut plus être valablement calculé. A-t-on vu les notaires être efficaces en matière d'intermédiation immobilière?
a écrit le 11/05/2016 à 16:48 :
Les innovations seraient des criées, est-ce une criée de Roland ou le ding ding de la bourse des mots ? Si on publie qu’il faudrait proposer à la bce une impression monétaire, aurons-nous des coupons variables imprimables à domicile pour assurer la consommation ? N’est-il pas bien de préserver Jeanne d’Arc d’un complot par un responsable alors qu’elle est considérée comme étant un des premiers personnages sans être de haute administration. Ne fait-on pas aussi des poilus tombés pour rien qui pourraient recevoir des indemnités en application de référendums de justice correctrice pour un maximum de performance en valorisant des coupons qui ne font qu’augmenter et dont on est actionnaire en faisant un projet virtuel type main invisible en monnaie pour tous en batailles de mots si on fait des paroles avec des actes déconnectés, en opposant par exemple remboursement d’impôts ou 10% PO ou un découennage fonc contre une proposition pour augmenter les échelons et ayant valeur d’échange avec un code barre variable sur des produits pour faire un treuil comme un LEVIER vers les balances qui seraient à l’effigie de chacun pour assurer une justice instantanée avec des balances pour des propositions opposées, des experts pourraient analyser l’effet d’un projet de type impression de coupons à valeur monétaire à domicile qui pourra avoir lieu si on chante un jour mon Prince viendra alors qu’on parle d’une belle endormie, est-ce que ça ferait pour nombre de diplômés en déqualification malgré leur bonne foi une loi de l’enrichissement maximum en un minimum de temps pour corriger ce qui serait considéré en mode démocratie directe comme des injustices, des erreurs ou des modifications de texte en faisant des petites cotisations vers des cagnottes à vertus philantropes et des bénéfices vers les balances, comme on crée un lac avec des navires pour une pêche miraculeuse en prenant le maximum de la masse monétaire, on pourrait ainsi ponctionner la masse monétaire de 1000 milliards pour une distribution sur des cartes démocratie directe ? Une entreprise mère validerait des coupons à une bourse sans régulateur et fixées aux balances, comme des autographes sur lesquels on écrit la valeur souhaitée et dont l’entreprise mère validerait un numéro, qui pourraient faire gagner des campagnes ou opérer une modification dans la distribution capitalistique par un actionnariat de produit volatile, en vendant des plaques, des coupons et des coffres, des experts pourraient étudier un projet du type monnaie pour tous pour des ponctions dans la masse monétaire pour une bonne gestion de l’inflation. Si on publie chez Eurostat un produit par habitant qui déclinerait depuis 1982 par rapport à une moyenne de 24 pays OCDE et qui aurait un peu augmenté après 2000, est-ce un déclin et est-ce la raison de la déqualification de diplômés méritoires en talent gâchés ou en sur-exploitation ? On trouve aussi un produit 2014 sous le niveau 2007 dans nombre de pays d’Europe, avons-nous des institutions qui ne devraient évoluer si on parle d’un décrochage ? Pourquoi ne paierait-on pas avec des sortes de billets à l’effigie de chacun ce qui amusant et pourraient ne faire qu’augmenter selon les balances en compétition en-vendant rien si ce n’est l’absolu de la liberté en association aux autres comme celle du travail (avec une éthique biaisée en anticipation pour protéger Abel de Caïn par un déguisement). Les ménages seraient soucieux du pouvoir d’achat, faudra-t-il que tous puissent imprimer autant de billets voulus à la bourse des mots sans régulateur par des propositions imbriquées et qui produiraient des frais de pesage, à la bourse des coupons les valeurs seraient variables et on pourrait les échanger après les avoir appréciés en batailles en nouvelles revendications ou en consommation sur des cotisations dans la société qui payent des formes de groupons en bons de réductions qui pourraient faire des cadies gratuits, est-ce que ça pourrait faire florès, ainsi demain tout citoyen peut créer une entreprise monnaie pour tous sur des causes de justice et des enfants peuvent devenir fortuné pour travailler au projet de la loi de l’enrichissement maximum en un minimum de temps à ne rien faire ou produire si ce n’est vendre le vent dans les feuilles ou fournir des compléments de considération à ceux qui subissent des injustices, la consommation des ménages fait-elle augmenter le pib si elle stagne, les citoyens européen ne devraient-ils se poser la question ? Si des diplômés sans défiscalisation ou rente pourraient en réseau faire des cotisations pour des projets, une meilleure adéquation serait permise.
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