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ÉconomieFrance

Innovation : décriées, les SATT contre-attaquent

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 11 mai 2016 à 13:04 - Mis à jour le 11 mai 2016 à 14:32

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Stigmatisées par plusieurs rapports, les Sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT) mettent aujourd'hui en avant les débouchés qu'elles offrent aux laboratoires publics de recherche et aux entreprises.

Lancées en 2010 dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir (PIA), les Sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT) sont-elles le vilain petit canard de l'action publique dans le domaine du soutien à l'innovation que l'on veut bien nous présenter ?

Plusieurs rapports ont pointé du doigt le modèle économique des SATT qui, faut-il le rappeler, assurent le relais entre les laboratoires de recherche et les entreprises et financent les phases de maturation des projets et de preuve de concept. Citons notamment le rapport de la Cour des comptes, daté de décembre 2015, qui passait en revue les actions du PIA, et le rapport Berger sur les dispositifs de soutien à l'innovation dévoilé en janvier 2016. En substance, outre des problèmes de gouvernance et une gestion parfois jugée aléatoire du denier public, ces deux rapports doutaient de la capacité des SATT à devenir rentables après une période de dix ans, en dépit des moyens budgétaires mis à leur disposition : 850 millions d'euros sur dix ans.

Boule de cristal

Sachant que la première des quatorze SATT recensées sur le territoire a vu le jour en janvier 2012, et que la dernière a été lancée en juillet 2014, les conclusions de ces deux rapports laissent un peu perplexe au sein des SATT.

" Les SATT œuvrent à une diffusion accélérée des inventions issues des laboratoires publics qu'elles transforment en innovation à la disposition des entreprises de toutes tailles. Les chiffres et projets présentés aujourd'hui confirment que l'effet de levier attendu sur la croissance économique nationale et des territoires est au rendez-vous ", explique Norbert Benamou, le président du Réseau SATT et présidentde la SATT Nord. De son côté, Maylis Chusseau, la président de la SATT Aquitaine Science Transfert remet en cause l'horizon temporel fixé par l'exécutif aux SATT en matière de rentabilité.

" A l'étranger, plusieurs dispositifs ont prouvé qu'ils étaient très rentables. Compte tenu de l'excellence de la recherche française, il n'y aucune raison de douter de la viabilité du modèle économique des SATT, que ce soit à dix, quinze ou vingt ans ", estime-elle.

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Des premiers résultats

En attendant, le réseau des SATT affiche les résultats suivants : en cumul, les 14 SATT ont investi 183 millions d'euros dans la maturation de projets et la propriété industrielle. Elles ont protégé 1.184 brevets prioritaires, ont concédé 349 licences à des entreprises et ont participé à la création de 106 start-ups, dont 50 sur la seule année 2015. Les premières mises sur le marché de produits et services nés de ces innovations sont également intervenues en 2015. Des projets de maturation prometteurs sont également mis en avant. Le réseau cite notamment Techflax, spécialisé dans la réparation cutanée et la prévention du vieillissement cutané, licencié à BASF ou les start-ups créées sur des innovations maturées et protégées par les SATT à l'image de NFC Interactive (gestion de contenu off line) ou Ionwatt (batteries de forte puissance à base d'électrolytes circulants).

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" La création des SATT a par ailleurs constitué un levier de simplification très puissant. Aujourd'hui, ce sont 185 établissements de recherche (avec de 6 à 24 établissements couverts par SATT) qui ont confié la gestion et la valorisation de leur propriété intellectuelle à une SATT, offrant ainsi aux entreprises - à l'échelle nationale - 14 interlocuteurs au lieu de 185 ", poursuit le réseau.

Fabien Piliu

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