Voilà un autre dossier inflammable qui attend le gouvernement Barnier. Sauf improbable retournement, la France connaîtra, en 2024, le plus haut niveau de défauts dans les entreprises depuis 15 ans. Mais on note de gros écarts entre les régions.Croissance faiblarde, consommation en petite forme, « mur » des PGE, environnement international sous tension... Le climat s'assombrit pour les entreprises. Si la tendance se poursuit, le nombre de défauts pourrait bien « flirter avec des sommets » cette année, comme le redoutait cet été le groupe BPCE. Le premier semestre a, en effet, été marqué par une accélération très nette des défaillances.
Selon l'Observatoire économique du Conseil national des administrateurs et des mandataires judiciaires (CNAJMJ), le nombre de procédures collectives -sauvegarde, redressements ou liquidations - a déjà dépassé de 18% le chiffre de 2023. Mais il est surtout supérieur de 20% à ceux des deux années d'avant la pandémie considérées comme des « standards ». Simple rattrapage ? Pas seulement pour l'Observatoire qui diagnostique « une augmentation tendancielle au-delà du simple retour à la normale des années pré-crise sanitaire ».
Dans le détail, la hausse est particulièrement préoccupante s'agissant des sauvegardes qui bondissent de plus de 56% en comparaison des mêmes semestres de 2018 et de 2019. Les redressements judiciaires accusent eux une hausse de 35%. Tous secteurs confondus, le CNAJMJ estime à près de 102.500 le nombre d'emplois menacés. Soit un niveau très légèrement en deça de celui de l'an dernier... mais supérieur d'un tiers à celui des années 2018 et 2019.
L'immobilier et la construction dans la tourmente
Certaines branches subissent des coupes claires. Citons en tête - et sans surprise - le secteur des activités immobilières plus que jamais dans la tourmente (+ 54% de défaillances au premier semestre). Plus de 600 agences et 125 marchands de biens immobiliers ont ainsi fait défaut en France entre janvier et juin. Un trou d'air qui met à genoux les acteurs de la construction (+ 30% de défauts ) et sous pression les territoires à la démographie dynamique.
Nathalie Jourdan, Olivier Mirguet, Marie Lyan, Stéphanie Gallo, Guillaume Fisher, Florine Galeron