Défaillances d'entreprises : les PME sous pression

Les petites et moyennes entreprises représentent 12% des défaillances d'entreprises entre le 1er et le 15 avril dernier, contre 5% à la même période l'année dernière selon le cabinet Altares.
Grégoire Normand
La crise pourrait obliger un grand nombre d'entreprises déjà fragilisées avant elle à mettre la clé sous la porte dans les prochaines semaines.
La crise pourrait obliger un grand nombre d'entreprises déjà fragilisées avant elle à mettre la clé sous la porte dans les prochaines semaines. (Crédits : Reuters)

La pandémie pourrait faire des ravages. Selon la dernière étude du cabinet Altares, le taux de défaillances des PME est proche de 12% en moyenne hebdomadaire depuis la dernière semaine du mois de mars, soit quelques jours après l'annonce officielle du confinement par le président de la République Emmanuel Macron, contre 5% environ sur la même période l'année dernière. Cet écart d'environ 7 points traduit toutes les difficultés de nombreuses entreprises sous pression depuis la mise sous cloche de l'économie française.

defaillances entreprise

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La crise pourrait ainsi obliger un grand nombre d'entreprises déjà fragilisées avant elle à mettre la clé sous la porte dans les prochaines semaines. "Les deux tiers de ces structures se trouvaient en cessation de paiement avant le 12 mars", expliquent les auteurs de l'étude. Malgré ces premiers signaux, les défaillances ont globalement diminué entre janvier et mars 2020 pour s'établir à 10.902 contre 14.446 sur la même période un an plus tôt.

Suspension et report des procédures

Le nombre de procédures ouvertes au mois de mars a clairement baissé. L'annonce du confinement à la mi-mars par le président de la République Emmanuel Macron a provoqué une suspension de centaines de procédures judiciaires. Sur les deux premiers mois de l'année, plus de 8.000 procédures ont été ouvertes et un peu moins de 3.000 au mois de mars. Durant ce mois, 90% des procédures ont été ouvertes pendant les deux premières semaines avant le confinement et la fermeture des tribunaux. "Durant la première quinzaine du mois, le nombre des défaillances d'entreprises se stabilisait à 2.390 procédures. Sur la seconde quinzaine, il s'écroule de 84% avec à peine plus de 370 ouvertures", explique Altares.

Beaucoup de procédures font en fait l'objet d'un report. Thierry Millon, directeur des études au cabinet, précise que les ordonnances adoptées par le gouvernement à la fin du mois de mars permettent de geler les démarches. "À compter du 24 mars 2020, l'état d'urgence est déclaré pour une durée de deux mois pour faire face à l'épidémie de Covid-19. Depuis, les textes relatifs aux procédures collectives ont été adaptés. L'ordonnance 2020-306 du 25 mars, notamment, permet qu'une entreprise en difficulté puisse reporter sa demande d'ouverture de procédure collective après le 24 juin".

Des craintes à venir

Il est encore trop tôt pour mesurer l'ampleur des dégâts sur la démographie d'entreprises en France et dans le monde. La publication des premiers indicateurs avancés (indices PMI des directeurs d'achats) et les premières estimations du PIB au premier trimestre montrent que de nombreuses entreprises pourraient rester sur le carreau à l'issue du confinement. En effet, beaucoup d'établissements ont dû fermer leurs portes pendant cette période entraînant des pertes faramineuses pour de nombreux secteurs comme le bâtiment, le tourisme, l'hôtellerie ou la restauration.

> Lire aussi : Covid-19 : des pertes abyssales pour l'économie française

Si le gouvernement a mis en oeuvre des mesures de soutien rapidement et a élargi les  dispositifs de garantie de prêts par l'État pour les entreprises et les indépendants, beaucoup de très petites entreprises (TPE), artisans, commerçants, ou PME pourraient passer à travers les filets de sécurité mis en oeuvre pour limiter la casse. Pour le cabinet Altares, le mois de juin devrait apporter des indicateurs plus solides pour mesurer véritablement les répercussions de la crise. "Jusqu'au 24 juin, la période dite « suspecte » qui permet de remettre en cause tout acte effectué par une entreprise en cessation de paiement, est mise entre parenthèses. Passée cette date, les entreprises en cessation de paiement seront tenues de demander l'ouverture d'une procédure collective".

Grégoire Normand

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Commentaires 3
à écrit le 29/04/2020 à 14:00
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il va y avoir d'excellentes affaires pour les dépeceurs !

à écrit le 29/04/2020 à 13:06
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"Nouveaux pauvres : bientôt le retour" : c'est ça le coût de la peur panique et de la gestion "hygiéniste" de cette hystérie collective...

à écrit le 29/04/2020 à 9:15
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Nous savons que nombre d'entreprises étaient déjà très endettées, puisque si on n'est pas oligarque il faut se saigner pour mettre en place une bonne idée, alors qu'une mauvaise idée lancée par un oligarque quelconque sera immédiatement financée et s...

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