Déficit à 3% en 2029 : le coup de pression de Moscovici au gouvernement
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Le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici.
Reuters
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François Bayrou va-t-il réussir à guérir « les pathologies » budgétaires de la France ? Au lendemain de son grand raout sur les finances publiques, le HCFP (Haut conseil des finances publiques) a délivré son avis sur le rapport d'avancement annuel 2025 (RAA) présenté le jour même en Conseil des ministres. Remplaçant le traditionnel programme de stabilité (PStab), ce document doit détailler la stratégie budgétaire et structurelle à moyen terme de l'exécutif entre 2025 et 2029 pour parvenir à 3 % de déficit.
« Après une année 2024 noire sur les comptes publics [...] le Haut conseil des finances publiques incite à plus de réalisme dans les prévisions », a alerté son président Pierre Moscovici devant la presse ce mercredi. Le magistrat a néanmoins noté « plus de prudence » de la part du gouvernement Bayrou que ses prédécesseurs.
Le président du HCFP n'a pas manqué de signaler « les conditions dégradées dans lesquelles nous avons été sollicités pour rendre cet avis, dans des délais extrêmement réduits de six jours, et avec des changements de calendrier de dernière minute ».
Dans les documents envoyés par le gouvernement Bayrou, le Haut conseil des Finances publiques tacle le flou de la stratégie budgétaire au-delà de 2025. « La trajectoire des finances publiques qui n'est qu'esquissée, reste à préciser et crédibiliser » expliquent les experts. En amont de la grande conférence des finances publiques, Eric Lombard avait évoqué un effort de 40 milliards d'euros en 2026 (soit 0,9 point de PIB). Pour la suite un effort de 0,7 point de PIB est envisagé chaque année, soit 25 milliards d'euros.
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Ce qui nécessite de limiter la dépense nette à 0,9 %. Or, un tel tour de vis budgétaire pourrait plomber la croissance économique et mécaniquement réduire les recettes fiscales à un moment où l'Hexagone doit augmenter ses dépenses militaires et réaliser sa transition écologique. Au début des années 2010, la France avait amplement taillé dans ses dépenses et augmenté les impôts. Mais cette cure de rigueur avait contribué à faire plonger les comptes publics. « Le respect de 3 % de déficit en 2029 va appeler à une répartition des efforts entre l'État, les collectivités locales et la sécurité sociale », a expliqué Pierre Moscovici.
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