Déficit public : la Cour des comptes fait la leçon aux candidats à la présidentielle

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Ce jeudi, alors que le troisième et dernier débat à la primaire de la gauche doit se tenir ce soir et que le "candidat-élu" à la primaire de la droite, François Fillon, tâtonne encore sur la question, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, a exhorté tous les candidats à la présidentielle à ne pas relâcher les efforts entrepris pour assainir les finances publiques.
En présence du Premier ministre, Bernard Cazeneuve, et de plusieurs membres du gouvernement, l'ancien député socialiste apportait aussitôt cette nuance :
Le gouvernement a annoncé mardi avoir réduit plus que prévu le déficit du budget de l'Etat en 2016, à 69 milliards d'euros contre 72,3 initialement prévu, et 70,5 milliards l'an dernier.
Cette baisse devrait permettre au déficit public, qui englobe les comptes de l'Etat mais également ceux des collectivités locales et de la Sécurité sociale, d'être conforme aux prévisions, soit 3,3% du produit intérieur brut - le gouvernement ayant prévu en 2017 un retour sous la barre des 3% exigée par Bruxelles.
Malheureusement ce mouvement vertueux pourrait être contrecarré par "plusieurs tendances lourdes" qui vont compliquer l'atteinte de cet objectif dans les années à venir. Mais deux facteurs favorables à cette maîtrise des dépenses pourraient disparaître :
"La Cour a estimé que 40% de la réduction du déficit public intervenue depuis 2011 était due à la baisse des taux d'intérêt". Or "le risque de voir la charge d'intérêts se mettre à progresser est tout sauf négligeable", a prévenu Didier Migaud, pour qui les choix "qui seront opérés en 2017" seront décisifs.
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Le gel du salaire des fonctionnaires pendant 6 ans, qui a permis à l'Etat d'économiser 7 milliards d'euros, a pris fin en 2016 et se poursuivra en 2017. "Les fonctionnaires ont largement contribué à l'effort de redressement des finances publiques", avait expliqué le ministère de la Fonction publique avant d'annoncer le 17 mars 2016, une hausse de 1,2% du point d'indice. Un coup de pouce qui s'effectuera eu deux fois : + 0,6 % au 1er juillet 2016 et + 0,6 % au 1er février 2017.
Plusieurs candidats à la présidentielle se sont engagés, s'ils étaient élus, à tenter de relancer la croissance par une politique budgétaire expansionniste, quitte à déroger à la règle européenne des 3% de déficit public.
Une option risquée, selon Didier Migaud, selon qui "la poursuite du redressement des comptes publics n'est pas une fin en soi" mais "une condition sine qua non de la préservation et du renforcement de nos services publics".
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La Cour des comptes, qui a annoncé avoir "pris l'initiative de préparer la conduite d'une audit général des finances publiques", dans le cadre d'un rapport qui sera publié en juin, appelle ainsi à "accorder plus d'attention aux résultats" des politiques publiques avant de mettre en place de nouvelles réformes.
(avec AFP)
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