Déficit public : la France a raté le coche

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En l'état, rien ne permet d'anticiper la reconduction d'éléments aussi favorables en 2017 , prévient la Cour des comptes pour qui  les incertitudes sur la trajectoire budgétaire à court et moyen terme se trouvent renforcées.
"En l'état, rien ne permet d'anticiper la reconduction d'éléments aussi favorables en 2017 ", prévient la Cour des comptes pour qui " les incertitudes sur la trajectoire budgétaire à court et moyen terme se trouvent "renforcées". (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Selon un rapport de la Cour des comptes dévoilé ce mercredi 31 mai, l'Etat n'a pas suffisamment profité d'une série de facteurs exceptionnels pour réduire son déficit public en 2016.

Lors de la campagne, la Cour des comptes ne s'est pas privée de faire la leçon aux présidentiables, remettant en cause leurs propositions en matière de réduction du déficit public. En attendant de commenter l'action du nouveau gouvernement, la Cour a lancé une ultime pique à l'adresse du précédent.

Dans un rapport dévoilé mercredi, la Cour estime que l'Etat n'a pas suffisamment "mis à profit " une série de facteurs exceptionnels, comme la faible charge de la dette, pour réduire son déficit, regrettant une "occasion manquée" en 2016 pour les finances publiques.

"L'exécution du budget 2016 s'est caractérisée par une réduction du déficit faible et peu significative", indique son rapport. "Le contexte propice de la baisse de la charge de la dette et de la forte réduction des prélèvements sur recettes a été insuffisamment mis à profit pour progresser dans le rétablissement des finances de l'Etat ", poursuivent les magistrats financiers, par ailleurs inquiets pour 2017.

En 2016, le déficit de l'Etat s'est élevé à officiellement 69,1 milliards d'euros, soit 3,3 milliards de mieux qu'initialement prévu, et 1,5 milliard d'euros de mieux qu'en 2015.

La prise en compte des retraitements

Mais - il y a souvent un "mais" avec la Cour des comptes - "après retraitement ", c'est-à-dire corrigé des éléments exceptionnels survenus l'an dernier et les années précédentes, ce déficit s'est établi à un niveau supérieur à celui de 2013. Dans ce contexte, la Cour des comptes dénonce des effets d'aubaine et des "accommodements " comptables de la part du gouvernement sortant. Considérée comme une grande victoire par l'ancien gouvernement, la réduction du déficit public doit donc être relativisée.

Dans le détail, les dépenses nettes de l'Etat, inférieures de 1,4 milliard d'euros aux objectifs de la loi de finances initiale, ont ainsi été réduites "à la faveur d'économies de constatation sur la charge de la dette, liées aux faibles taux d'intérêts ", observent les magistrats financiers. Les efforts de l'Etat sont donc peu visibles.

Ces différents facteurs écartés, la progression de la dépense a été "près de deux fois plus rapide que celle affichée" entre 2015 et 2016, indique la Cour qui reproche au gouvernement sortant son manque de résultats en termes d'économies. Ainsi, la dépense a augmenté de 1,8% en 2016 et non pas de 1%, comme annoncé.

Des recettes exceptionnelles en 2016, des incertitudes en 2017

Côté recettes, l'Etat a également bénéficié de facteurs exceptionnels en 2016. La Cour cite notamment la redevance d'usage de 1,3 milliard d'euros pour la bande de fréquences des 700 MHz aux opérateurs de télécommunication, où la baisse imprévue des prélèvements sur recette au profit de l'Union européenne.

Alors que le redressement des finances publiques est l'une des priorités majeures de l'exécutif, la Cour des comptes et s'inquiète de la capacité de la France à tenir cet objectif.

"En l'état, rien ne permet d'anticiper la reconduction d'éléments aussi favorables en 2017", met en garde la Cour, pour qui "les incertitudes sur la trajectoire budgétaire à court et moyen terme se trouvent 'renforcées'".

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Commentaires
a écrit le 01/06/2017 à 9:42 :
Dernier budget en équilibre : 1974. Depuis, notamment, merci à Sarko dont le premier geste en tant que psdt a été ... d'augmenter son salaire (!!) et qui a creusé le plus gros déficit de toute l'histoire du pays. Chapîon, le sarko ! Merci aussi à macron qui a fait la preuve de toutes ses compétences lorsqu'il était ministre du déficit (oups ! on dit "ministre de l'économie", en france). Mais il a été prudent, le macron ! Pendant toute sa campagne et jusqu'à aujourd'hui encore, il n'a cessé de pérorer pour ne rien dire. Champion de la phrase creuse, du discours vide (et vide de sens) et des décisions qui n'engagent à rien (et qui ne l'engagent surtout pas lui) il a eu l'intelligence politicienne de tout dire sans rien promettre. De tout affirmer sans jamais s'avancer. mais bon : face à un électorat décérébré, ça a manifestement fonctionné. Pourquoi se priverait-il donc d'assouvir sa soif de pouvoir, même si,e n bon français, c'est un incompétent notoire qui garde dans son gvt des personnes... douteuses, dirons-nous gentiment. Tiens !? Comme sarko...
a écrit le 01/06/2017 à 8:30 :
Merci à l'ancien ministre de l'économie (à défaut d'avoir été le ministre des économies)) pour n'avoir pas su gérer les choses correctement. Mais peut-être était-il trop occupé à magouillé en coulisses pour créer son parti (oups : il paraît qu'ils 'agit d'un "mouvement". Quelle différence ?) et utiliser le système politicien pour assouvir sa soif de pouvoir... Merci aussi à la Grèce qui continue à entretenir grassement la france et les français, contrairement à ce que tente de prétendre une presse (française) qui confond" information" et "manipulation" de la populace-tion. Après tout, version officielle confirmée même par les plus vautours des créanciers !, les "aides" à la Grèce n'ont été imposées manu militari à ce pays que pour sauver les banques françaises en perdition. Et, aujourd'hui encore, la Grèce continue à verser des milliards d'euros aux "créanciers" même quand elle ne reçoit pas d'"aide" de leur part. Ce qui signifie d'ailleurs, soit dit en passant, que la seule manière de pouvoir assurer ces versements (comme ça a été le cas pendant toute l'année 2014) est de collecter massivement les taxes et impôts. Juste histoire de dire que la légende selon laquelle les Grecs ne paient pas d'impôts est une calomnie colportée par beaucoup plus fraudeurs fiscaux qu'eux, français en tête (en Grèce, plus de 75 % des la population active, retraités inclus, est directement prélevée à la source sans possibilité de fraude quelconque. On en est loin en france où ce pourcentage reste en-dessous de 40 %). Alors, dans ces conditions, les politiciens et la population français se moquent bien d'encore creuser leur déficit public réel. Tant qu'ils ont les Grecs pour les entretenir...
a écrit le 01/06/2017 à 5:33 :
Les politiciens francais sont mediocres. On ne l'avait point note. Merci de l'avoir precise. En fait, ils sont a l'image des electeurs qui leurs donnent toute latitude a depenser sans compter.
Depuis Louis XV. le budget de l'etat est deficitaire, c'est chromosomique. Rien a faire, medicalement fichu.
a écrit le 31/05/2017 à 22:42 :
La cour des comptes oublient les facteurs défavorables qui ont joué :
- Le mauvais temps qui a perturbé le tourisme, créé des inondations et provoquer les plus mauvaises récoltes depuis 30 ans
- La crise du lait où il a fallu subventionner les agriculteurs
- Les attentats, qui ont perturbé le tourisme et créé des coûts de sécurité supplémentaires

Chaque année, la cour des comptes annonce que le déficit ne baissera pas, et chaque année il baisse. Ils devraient peut-être plus regardés la réalité. Et la réalité c'est quand même qu'il a baissé de 5.1 % en 2011 à 3.3 % en 2016. Ce qu'aucun gouvernement n'avait fait depuis JOSPIN. Et ceci malgré une croissance économique faible.
a écrit le 31/05/2017 à 21:28 :
C'est bien que quelqu'un d'impartial dise ce dont tous les analystes sérieux étaient déjà persuadés.

J'espère que Macron donnera plus de pouvoir à la cour des comptes, vu que ses avis sont systématiquement ignorés par les politiciens au pouvoir (les actuels n'ont aucune raison d'être meilleurs gestionnaires que les précédents, mais comme ce sont des novices qui veulent donner une impression de changement, on peut espérer qu'il va y avoir un ou deux changements non cosmétiques).
a écrit le 31/05/2017 à 18:31 :
Macron était le ministre de l'économie après avoir été conseiller éco. d'hollande, donc à qui imputer ce loupé??? que ce soit sur le déficit manqué, chômage manqué, dette manqué, croissance manqué aussi, donc macrohollande co-responsables de ces catastrophes. Les chiffres parlent d'eux-mêmes macron conseiller puis ministre et ceci est vérifiable. Comparons avec les autres pays européens durant cette période.
a écrit le 31/05/2017 à 18:11 :
Les dettes publiques sont un cadeau qui a été fait aux banques lorsqu'on leur a donné le pouvoir de financer les Etats. D'où vient l'argent qui finance les "dettes"? Il n'existe pas. Il est créé ex-nihilo... ce ne sont pas les maigres fonds propres de banques qui pourraient y pourvoir. La cerise sur le gâteau, c'est que cet argent qui n'existe pas produit des intérêts bien réels qui sont payés par le ...con-tribuable. Et ça dure depuis 1973. Le montant des intérêts versés par les Etats depuis bientôt 45 ans, c'est (environ) ... notre dette en capital. Notons que la réduction de la dette qui est proposé, c'est encore de l'argent du con-tribuable. Et les banquiers dans tout ça? Merci ça va bien pour eux...Et pour le financement de l'économie:Quelle économie? Puisqu'on vous dit que pour nous c'est bon!
a écrit le 31/05/2017 à 16:58 :
Depuis des décennies, la Cour des Comptes rend des rapports, des analyses sur l'effarante gestion des deniers publics par nos gouvernants, dénonce les innombrables gabegies à tous les niveaux des détenteurs du pouvoir tant au niveau national que local, sans que cela ne soit suivi ni du moindre effet ni de la moindre sanction. Force est de constater que devant son inutilité, cet établissement devrait déclarer son auto dissolution afin d'être pour la première fois de son existence à l'origine de quelques vraies économies.
Réponse de le 31/05/2017 à 19:32 :
La cour des comptes est indispensable, ne serais qu'en raison de son indépendance.
Malheureusement les dirigeants font ce qu'ils veulent, puisqu’ils sont démocratiquement élus et que pour beaucoup ils considèrent qu'ils n'ont pas de comptes à rendre aux "simples citoyens".
Citoyens qui croient encore que plus les élus dépensent mieux c'est, sauf quand la facture est présentée. Mais là, hypocritement c'est la responsabilité des autres bien sur.

Car il y tout de même une certaine hypocrisie, ou du masochisme ?, à réélire des personnes qui ont été reconnues coupables d'abus de biens sociaux, d'enrichissement personnel, ou autres magouilles en tous genres.

Si en plus on supprime les lanceurs d'alertes, les contrôleurs et les juges, autant laisser les clefs du pays à la mafia et il ne faudra pas plus d'un quinquennat pour se retrouver au niveau de la Grèce, sinon pire.
a écrit le 31/05/2017 à 16:54 :
Nos politiques sont décidément bien médiocres, incapables de gérer correctement les finances publiques. Pourtant , les impôts ont augmenté massivement depuis 5 ans
et Macron en rajoute une couche avec la CSG qui ne va pas toucher que les retraités
mais aussi les cadres, les fonctionnaires, les épargnants, l'immobilier. Malgré une pression fiscale , une des plus élevée du monde occidentale, la France est criblée de dettes et le budget constamment en déficit. La dernière fois qu'il était équilibré, c'est en 1974 .

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