Déficit public : la France demande un premier délai
Florence Autret, à Bruxelles
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Ursula von der Leyen avec Michel Barnier au Parlement européen en 2020.
© LTD / Philipp von Ditfurth/dpa via Reuters
Florence Autret, à Bruxelles
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Ursula von der Leyen avec Michel Barnier au Parlement européen en 2020.
© LTD / Philipp von Ditfurth/dpa via Reuters
Juillet 2018. Michel Barnier se tient bien droit sur le podium du sous-sol de la Commission européenne devant une salle de presse bondée. Les négociations du Brexit patinent. Le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, refuse de verser à l'UE les dizaines de milliards d'euros dus par le Royaume-Uni. Par presse interposée, il vient de dire au négociateur européen d'« aller se faire voir » (« go whistle »).
« Êtes-vous allé siffler ? » l'interroge le correspondant d'un tabloïd britannique. Imperturbable, le Savoyard, à l'anglais réputé basique, répond du tac au tac : « I am not hearing any whistling, just a clock ticking » (« Je n'entends aucun sifflement, juste le tic-tac de l'horloge »), en référence au délai de deux ans pour conclure la négociation. On connaît la suite. Londres paiera.
À présent, c'est un autre tic-tac qui résonne aux oreilles de Michel Barnier. Depuis juillet, la France et six autres pays sont sous le coup d'une procédure de l'UE pour déficit excessif. Le Premier ministre devait, en théorie, présenter à la Commission européenne d'ici au 20 septembre un nouveau « plan budgétaire et structurel national à moyen terme », autrement dit une trajectoire de désendettement à quatre ans.
À lire également
Il aurait donc dû avoir deux semaines pour concevoir un plan. Or les dispositions transitoires des nouvelles règles européennes adoptées en avril prévoient la possibilité de « prolonger ce délai [du 20 septembre] pour une période raisonnable si l'État membre et la Commission en conviennent ». Le ministère des Finances indique à La Tribune Dimanche que « la France a demandé une telle prolongation », sans préciser laquelle, afin d'« assurer une cohérence entre le plan et le projet de loi de finances 2025 ».
Florence Autret, à Bruxelles