Dégradation de la note de la France : la droite fait monter les enchères
Nicolas Prissette
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Le député Philippe Juvin.
© LTD / Magali Cohen / Hans Lucas via Reuters
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Ils en sont sûrs, ils ont choisi la bonne bataille. La dégradation de la note tricolore conforte l'offensive des Républicains. En enfonçant le coin sur les finances publiques, ils pensent contraindre le gouvernement à accepter leurs mesures budgétaires. Voire, espèrent certains, faire chuter Gabriel Attal cet automne avec une motion de censure et prendre Matignon en posant leurs conditions.
Sans que l'issue politique ne se dessine encore clairement, le scénario vient de s'enclencher. Le député Philippe Juvin a lancé cette semaine une commission d'enquête « visant à établir les raisons de la très forte croissance de la dette française depuis l'élection présidentielle de 2017 et ses conséquences sur le pouvoir d'achat des Français ». Une initiative prise après que le gouvernement a dû reconnaître, en mars, une dégradation du déficit public pour 2023. L'intitulé désigne sa cible : Emmanuel Macron.
Cette commission rendra ses conclusions début novembre, en plein examen du projet de loi de finances pour 2025. Elle va donc paver le chemin automnal à droite. Concrètement, Philippe Juvin veut comprendre pourquoi le poids de la dette ne s'inverse pas, pourquoi la France n'arrive pas à diminuer ses dépenses de crise quand les crises sont passées... « Le Portugal et la Grèce sont parvenus à réduire leur endettement, pas nous. Les taux d'intérêt étaient à zéro ces dernières années ; malgré cela, on n'a pas non plus réduit la dette. Que se passe-t-il ? » s'interroge-t-il.
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Les chiffres sont néanmoins connus. L'Insee a précisé vendredi que les mesures d'urgence décidées ces quatre dernières années ont coûté la somme cumulée - et inédite - de 206,7 milliards d'euros. Lorsqu'il s'entend répondre par Bruno Le Maire que les dépenses du Covid-19 et des boucliers anti-inflation ont sauvé l'économie et l'emploi, Juvin réplique : « Le dérapage a commencé avant, avec les Gilets jaunes. Le gouvernement est devenu une agence de com qui distribue des chèques. »
Nicolas Prissette