ANALYSE. La décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 a plongé les ménages et les entreprises dans un climat de forte incertitude. Une situation qui pèse sur l’activité économique depuis un an.
Personne n'a oublié le visage déconfit de Gabriel Attal, immortalisé par Soazig de La Moissonnière la photographe officielle de la présidence de la République, le dimanche 9 juin 2024. La fin de l'après-midi s'étire sur Paris, mais à l'Élysée, un tout autre crépuscule se prépare. Le tout jeune Premier ministre apprend l'impensable. De la bouche même d'Emmanuel Macron.
Après la lourde défaite du camp présidentiel aux élections européennes, le chef de l'État a choisi de dissoudre l'Assemblée nationale. Sans attendre. Comme un ultime coup de tonnerre jupitérien. Comme un assaut éclair sur la vie politique française. Pour reprendre la main. Pour ne pas concéder la défaite. Pour éviter d'être « chiraquisé » par le fiasco des urnes. Le second quinquennat du président de la République vient de prendre un tournant irréversible...
Dans les cabinets ministériels, la nouvelle est un choc. Une ancienne conseillère se souvient : « C'était une surprise totale... Personne n'a compris... Nous étions dans un état de sidération... » Malgré un sentiment de « gâchis » et la fin inévitable du gouvernement Attal, il faut faire face. En urgence, l'Élysée organise une réunion téléphonique pour transmettre les éléments de langage à livrer le soir même aux médias.
Dès le lendemain, les élections législatives anticipées se profilent déjà. Elles sont prévues les dimanches 30 juin et 7 juillet. Durant trois semaines, un vent de panique souffle dans le camp macroniste. Et si le Rassemblement national remportait la majorité absolue au Palais-Bourbon ? Un sondage Ipsos réalisé la semaine du 21 juin annonce le parti de Marine Le Pen en tête avec 36 % des intentions de vote au premier tour. Un vrai cataclysme.
Mais, lors du second tour, le « barrage républicain » fait échouer le RN dans sa quête de majorité au Parlement. C'est la gauche, coalisée sous l'étiquette du Nouveau Front populaire (NFP), qui réussit le tour de force d'obtenir une majorité relative avec 178 sièges, devançant le camp présidentiel de 28 sièges. Un résultat qui rend l'Assemblée nationale quasi ingouvernable.
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