Dette, retraites, industrie, défense... Ce qu'il faut retenir de l'intervention d'Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron ce mardi 13 mai.
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Plans sociaux, pouvoir d'achat, santé, politique internationale, immigration : après plusieurs mois de discrétion médiatique, Emmanuel Macron s'est longuement préparé à son intervention sur TF1 mardi soir. Face à lui, de nombreuses personnalités de la société civile : la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, l'économiste libérale Agnès Verdier-Molinié et le maire de Béziers Robert Ménard, ainsi que l'ancien journaliste Charles Biétry atteint de la maladie de Charcot, la directrice générale d'Oxfam France Cécile Duflot et le Youtubeur star TiboInshape. L'occasion de défendre le bilan de ces trois premières années de mandat et de dresser « des perspectives » pour les deux ans qui suivent, a fait valoir son entourage.
Voici les principaux points à retenir de son intervention :
Alors que le déficit public pour 2024 s'établit à 169,6 milliards d'euros, soit 5,8 % du produit intérieur brut (PIB), après 5,4 % en 2023 et 4,7 % en 2022, Emmanuel Macron a défendu sa gestion des finances publiques. « Entre 2017 et 2019, on a baissé les impôts et ensuite, on a fait face à des crises historiques. Maintenant on rentre dans une nouvelle phase », a-t-il affirmé. Avant d'expliquer que « mon souhait, c'est qu'il puisse y avoir une coalition la plus large possible » sur la réduction des déficits. « Il n'est pas trop tard », a estimé Emmanuel Macron. De manière plus générale, « le problème le plus important de la France, c'est qu'elle ne produit pas assez », a estimé le chef de l'État, en souhaitant notamment stimuler l'emploi des jeunes et des seniors.
Le chef de l'État souhaite lancer une réflexion sur la qualité et l'évolution du travail en fonction des âges des salariés, des jeunes aux seniors. Emmanuel Macron a appelé de ses vœux « une conférence sociale » sur le mode de financement du modèle social français. « Son financement repose beaucoup trop sur le travail », a estimé le président qui souhaite « ouvrir ce chantier dans les prochaines semaines ».
Autre point saillant : la réforme des retraites. À la question de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet sur un éventuel référendum pour revenir sur la réforme et le passage de l'âge légal de 62 à 64 ans, le Président a répondu « non ». Une porte fermée qu'il a justifié par le fait que « cette réforme était nécessaire pour sauver notre système par répartition ». Ce à quoi Sophie Binet a répondu que « les Français n'en veulent pas ».
S'il a fermé la porte au référendum sur la réforme des retraites, il réfléchit a cette option pour les débats sur le droit à mourir et le rythme de l'enfant. « Je souhaite que l'on fasse plusieurs référendums dans les prochains mois » a-t-il ajouté, « sur des réformes économiques, éducatives et sociales ». En revanche « la fiscalité et le budget c'est une compétence du Parlement, ce n'est pas un objet de référendum », a-t-il tranché, écartant de fait la proposition de François Bayrou sur ce sujet, tout comme sur l'immigration.
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Alors que la menace de Washington de mettre 200 % de droits de douane sur cognac français le président a affirmé « que ce sont des mots, et que la réalité c'est que nous avons 10 % ». Il a tout de même affirmé que ces 10 % de taxes représentent un problème, et qu'il allait se battre pour mettre fin à ces taxes. Emmanuel Macron a reconnu que « l'Europe vie une crise de l'énergie ». « L'Europe vit une crise industrielle », a-t-il également indiqué, estimant au passage que les décisions de Donald Trump sur les droits de douane « abîment d'abord la croissance américaine ». « Nous savons que les intérêts américains seront de moins en moins en Europe », a souligné le président.
Accusé par la présidente d'Oxfam, Cécile Duflot, d'avoir favorisé les inégalités, le président a affirmé être contre l'augmentation des taxes du capital pour le redistribuer. « La solution n'est pas dans l'augmentation de la taxation. La clé, c'est qu'on aide davantage nos compatriotes à constituer un patrimoine pus important au cours de leur vie », a affirmé Emmanuel Macron. Il se dit dans le même temps contre la suppression de la CSG pour augmenter les salaires, proposée par le président de l'U2P, Michel Picon.
Interrogé sur l'excès de normes en France, le Président a estimé que « les lois, les règlements, on en a beaucoup trop ». C'est dans cette optique qu'il souhaite enclencher un effort de simplification. Il s'est ainsi dit pour la fusion entre la carte Vitale et la carte d'identité, et la suppression de certains statuts de fonctionnaires. Il ne s'est cependant pas avancé sur la suppression de postes de fonctionnaires.
Une hausse de la taxation des plus grandes fortunes « a un sens si elle est mondiale », a affirmé mardi Emmanuel Macron, jugeant illusoire de penser que « les gens vont gentiment rester pour être taxés » si elle n'était appliquée que sur le territoire français. Les députés français ont adopté en février la taxe dite « Zucman », un impôt plancher sur le patrimoine des ultra-riches, inspirée par les travaux de l'économiste français Gabriel Zucman, malgré l'opposition de la coalition gouvernementale. Son examen au Sénat aura lieu en juin mais une potentielle adoption y est plutôt compromise en raison des forces en présence au sein de cette chambre.
Face à l'augmentation du chômage qui a atteint 7,3 % et les plans sociaux en cours, notamment chez l'aciériste ArcelorMittal, Sophie Binet a accusé Emmanuel Macron de faire des cadeaux aux entreprises et de ne pas agir pour limiter les licenciements. Ce à quoi le Président a répondu que « la politique que je mène depuis 2017 a permis d'augmenter des emplois industriels. » Cette politique pro-entreprise a « produit un effet (...) nous sommes depuis 6 ans le pays le plus attractif d'Europe .» Il a justifié la baisse des emplois industriels depuis deux ans en raison de la « crise de l'énergie qui a atteint plusieurs secteurs (et) une concurrence accrue de l'Asie. » Sur le cas précis d'ArcelorMittal qui doit supprimer 636 postes, Emmanuel Macron a affirmé qu'il n'allait pas nationaliser l'entreprise « parce que ça ne sert à rien si on n'a pas les bons clients et qu'on ne sait pas contrer la concurrence indienne. »
Emmanuel Macron a assuré avoir « confiance » en son Premier ministre, François Bayrou, qui doit être auditionné mercredi devant la commission d'enquête sur les violences dans l'enseignement scolaire et sur l'affaire Bétharram.
Interrogé sur la menace des sanctions que la France fait planer sur la Russie si Moscou n'accepte pas de cessez-le-feu, Emmanuel Macron a affirmé que « l'on ne veut pas rentrer dans un conflit mondial ». Pour autant, il a estimé que « ce qui se joue en Ukraine c'est notre sécurité (...) notre objectif est d'obtenir un cessez-le-feu pendant 30 jours pour permettre de discuter des questions du territoire. » Pour cela, le chef de l'État a réitéré sa « volonté prendre des sanctions dans les prochains jours en liaison avec les États-Unis ». Il a aussi expliqué que la France et l'Europe ne pouvaient pas légalement utiliser les avoirs russes gelés. Sur l'aide à l'Ukraine, justement, le Président a estimé « qu'on a fait le maximum » au niveau européen, précisant que la production de canons Césars - envoyés à Kiev - ont été multipliés par trois depuis la guerre. Une fois le cessez-le-feu signé, Emmanuel Macron a souhaité installer des soldats européens et France en Ukraine pour « dissuader » la Russie d'attaquer à nouveau l'Ukraine.
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Concernant l'économie de guerre, annoncée par Emmanuel Macron il y a quelques mois et la faiblesse de la production d'armes sur le territoire, le Président a affirmé que « c'est normal que nous ayons moins d'obus que d'autres pays, car nous avons la dissuasion nucléaire », en expliquant que la France a beaucoup investi dans le réarmement ces derniers mois. Et sur le sujet du partage de la dissuasion nucléaire aux alliés européens, le Président a expliqué « être prêt à ouvrir des discussions avec des réserves ». Le président français Emmanuel Macron a néanmoins franchi un pas supplémentaire vers l'élargissement de sa dissuasion nucléaire à l'Europe, se déclarant prêt à discuter avec d'autres pays du continent du déploiement d'avions français équipés de l'arme suprême. « Nous sommes prêts à ouvrir cette discussion. J'en définirai le cadre de manière très officielle dans les semaines et les mois qui viennent », a déclaré le président. Un déploiement déjà mis en œuvre de longue date par les Américains dans un certain nombre de pays européens.
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