LA TRIBUNE. Les États européens se réunissent ce lundi pour mettre en œuvre une riposte aux taxes Trump. Quelles représailles préconisez-vous ?
GABRIEL ZUCMAN. Il faut des taxes sur les oligarques américains proches de Trump. Il s'agit de cibler les plus puissants et les plus fortunés. C'est le point faible des États-Unis. Les États doivent taxer lourdement les grandes multinationales américaines et leurs propriétaires, en particulier dans la tech. Si Tesla veut avoir le droit de vendre en Europe, l'entreprise doit payer un impôt supplémentaire à la France ou à l'Europe. La France ou l'Europe pourraient également demander à Elon Musk de payer un impôt sur la fortune. Ces mesures seraient de nature à faire reculer Trump.
Tout va dépendre des réactions et représailles des États. Si les États s'engagent dans une guerre tarifaire de hausse de droits de douane, ce sont les consommateurs qui vont payer la facture. C'est une forme de fiscalité particulièrement archaïque. Il n'y a pas d'horizon positif derrière tout cela.
Quel est l'objectif de Trump derrière cette hausse brutale des tarifs douaniers ?
Il ne faut pas essayer de rationaliser de manière excessive sa pensée. Sa démarche est en partie improvisée. Ceci étant dit, un des principes qui semble animé Trump est que la création d'un impôt sur le revenu en 1913 a été une grande erreur. Aux yeux de Trump, les États-Unis n'ont jamais été aussi riches qu'à la fin du XIXe siècle sous McKinley. C'était « l'âge d'or » où il n'y avait pas d'impôt sur le revenu. 100 % du budget fédéral était financé par des barrières douanières.