ENTRETIEN. La Fédération des entreprises de services à la personne organise ses assises, mardi 3 juin, à Station F, l’incubateur de start-up. L’occasion d’échanger avec son président, Brice Alzon, alors que le gouvernement Bayrou étudie un possible rabotage du crédit d’impôt services à la personne.
Le 16 février 2005, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, présentait un plan gouvernemental visant à structurer le secteur des services à la personne. Un pan de l'économie pourvoyeur d'emplois non délocalisables.
À l'époque, le poids lourd du gouvernement Raffarin identifiait trois freins principaux au développement du secteur : un accès aux services à la personne « encore perçu comme trop coûteux et trop complexe par nos concitoyens » ; « des conditions d'exercice des métiers (...) insuffisamment attractives et des filières de formation (...) peu développées » et « la très grande lourdeur des procédures d'agrément ».
Ce plan débouchera, le 26 juillet 2005, sur la loi Borloo donnant naissance au chèque emploi-service universel (Cesu), un nouvel outil de paiement simplifié pour rémunérer les salariés à domicile.
Ce mardi 3 juin, la Fédération des entreprises de services à la personne (Fesp) organise ses assises à Station F, l'incubateur de start-up créé par le patron de Free, Xavier Niel. Outre Jean-Louis Borloo, sont attendus à cet événement le patron du Medef, Patrick Martin, le directeur de France Travail, Thibaut Guilluy ou encore l'ancien ministre du Budget, Olivier Dussopt.
En amont, La Tribune a pu s'entretenir avec Brice Alzon, le président de la Fesp. L'occasion de revenir sur la menace qui pèse sur le secteur : celle d'un rabotage du crédit d'impôt service à la personne dans le budget 2026.
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LA TRIBUNE : Quels ont été les impacts de la loi Borloo ?
BRICE ALZON : Il y a 20 ans, Jean-Louis Borloo s'est fixé deux objectifs : rendre le secteur plus accessible aux familles et lutter contre le travail non déclaré. Sa loi a permis la création de 360 000 emplois entre 2005 et 2010 et a fait reculer le travail au noir de 40 % à 30 %. Pour y parvenir, il a notamment introduit des allègements de charges pour les particuliers employeurs, créé un taux réduit de TVA (5,5 %) sur certaines prestations liées à la vie quotidienne et mis sur pied le chèque emploi-service universel (Cesu).