Le taux de sortie sans diplôme à l'université est de 45% chez les jeunes issus des quartiers prioritaires contre 29% chez leurs voisins selon un bulletin de recherche du Cereq.L'insertion professionnelle des jeunes dans les quartiers défavorisés reste catastrophique. Dans une étude produite par le
Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq) et par l'agence nationale pour la cohésion des territoires (ex-CGET, commissariat général à l'égalité des territoires), les auteurs montrent que les diplômés de 2013 issus de ces zones géographiques ont souvent des trajectoires professionnelles plus chaotiques au cours de leur début de carrière. En étudiant cet "effet quartier" aux multiples dimensions, ils montrent que l'accès à un emploi qualifié peut s'avérer être un véritable parcours d'obstacles. Souvent, ces jeunes cumulent les difficultés tout au long de leur scolarité qui peuvent avoir ensuite des effets délétères pendant toute leur carrière professionnelle.
Malgré les multiples plans annoncés depuis des décennies par les gouvernements successifs, les échecs de la politique de la ville sont régulièrement mis en avant par les statistiques et les associations. "Plusieurs décennies d'éducation prioritaire et d'accompagnement éducatif visant les jeunes de milieux sociaux défavorisés laissent un bilan mitigé au regard des inégalités scolaires massives qui subsistent", signalent les auteurs. La crise économique provoquée par le coronavirus risque encore d'amplifier ces difficultés. Beaucoup de jeunes diplômés issus de ces zones géographiques paupérisées vont se retrouver sur un marché du travail dévasté dans quelques mois alors que la plupart des économistes anticipent une violente récession pour 2020.
Une plus forte sortie sans diplôme dans le supérieur
Le rôle du lieu de résidence est déterminant dans l'insertion professionnelle. Dans leurs travaux, les chercheurs Thomas Couppie (Céreq), Pascal Dieusaert (ANCT) et Mélanie Vignale (Céreq) ont comparé le parcours des jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville (QPV) et ceux des quartiers voisins. Les résultats obtenus mettent en évidence des inégalités troublantes. Ainsi, le taux de sortie sans diplôme à l'université pour les résidents des QPV est bien supérieur (46%) à celui des résidents dans les zones géographiques proches (29%). Et cet écart, même s'il est moins prononcé, se retrouve dans les autres filières de l'enseignement supérieur (STS, IUT, classes préparatoires) sauf les écoles.