Emplois aidés : en finir (pas tout à fait) avec l'approche "hollandaise"

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Pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud, le repositionnement des contrats aidés, tant en volume qu'en qualité, (mis) en oeuvre depuis le second semestre 2017 et qui sera consolidé en 2018, répond d'ores et déjà à une grande part (des) recommandations de la Cour des Comptes.
Pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud, "le repositionnement des contrats aidés, tant en volume qu'en qualité, (mis) en oeuvre depuis le second semestre 2017 et qui sera consolidé en 2018, répond d'ores et déjà à une grande part (des) recommandations" de la Cour des Comptes. (Crédits : Reuters)
Dans son rapport publié mercredi, la Cour des Comptes dresse un bilan critique de la politique des "emplois aidés" menée sous la présidence de François Hollande, et utilisée pour réduire les chiffres du chômage. Fort de ce constat, le nouveau gouvernement a pris des mesures pour réduire les dérapages budgétaires, mais la Cour déplore un recentrage du dispositif majoritairement sur le secteur non marchand, non réellement créateur d'emplois.

La Cour des Comptes dresse un bilan en demi-teinte de la réforme des emplois aidés entreprise par le gouvernement, dans son rapport annuel publié mercredi.

Comme l'institution l'avait souligné précédemment, "la priorité donnée à l'impact sur les statistiques du chômage a conduit à maintenir un volume élevé de contrats aidés, au prix d'un effort financier mal maîtrisé et en dépit de résultats décevants". Cette instrumentalisation politique du dispositif a coûté 3,3 milliards d'euros en 2016 (dont 1,7 milliard d'euros de surcoût lié à l'écart entre prévision et exécution) pour un peu plus de 400.000 contrats, et ramené à son coût unitaire en a fait "l'outil le plus onéreux de la politique de l'emploi". En cumulé, le dispositif aura coûté aux finances publiques, entre 2012 et 2016, pas moins de 13,6 milliards d'euros.

Nouveau dispositif

En conséquence, l'exécutif actuel a remplacé ces contrats aidés - destinés à favoriser l'insertion professionnelle de personnes éloignées de l'emploi en subventionnant leur embauche, pour une durée limitée, dans une structure publique ou privée - par un nouveau dispositif.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a présenté mi-janvier les "parcours emploi compétence" (PEC), plus sélectifs, limités au secteur public pour éviter les "effets d'aubaine", et assortis d'obligations plus strictes pour les employeurs.

Ces évolutions "vont dans le sens préconisé par la Cour", mais elles ne permettront d'atteindre leur objectif d'insertion sur le marché du travail et de rétablir la maîtrise budgétaire de cette politique "que si plusieurs autres exigences sont également satisfaites", peut-on lire dans le rapport.

"Priorité critiquable"

Si la Cour salue le "resserrement indispensable" des modalités de ce dispositif, elle déplore en revanche le maintien d'une "priorité critiquable" accordée aux emplois aidés dans le secteur non marchand (majoritairement dans des associations et des collectivités locales) - également liée à l'objectif de diminution des statistiques du chômage - malgré leur manque d'efficacité en termes de retour à l'emploi des bénéficiaires. Comme le souligne la Cour, "ces aides sont perçues comme des subventions ponctuelles" et "l'objectif ne sera pas de recruter à terme les bénéficiaires de ces contrats".

La Cour insiste sur l'objectif d'insertion professionnelle

Pour améliorer cette politique, elle insiste donc sur la nécessité de la recentrer sur le seul objectif d'insertion professionnelle, préconise un meilleur ciblage des bénéficiaires et la définition d'objectifs précis pour les employeurs, assortie d'un suivi renforcé.

Dans sa réponse à la Cour, présentée en annexe, la ministre du Travail Muriel Pénicaud précise que "le repositionnement des contrats aidés, tant en volume qu'en qualité, (mis) en œuvre depuis le second semestre 2017 et qui sera consolidé en 2018 répond d'ores et déjà à une grande part (des) recommandations".

(avec Reuters)

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a écrit le 08/02/2018 à 8:32 :
Les mauvais emplois chassent les bons.
Les gouvernements fabriquent depuis 30 ans des emplois bidons pour truquer les statistiques, avec comme résultat la désindustrialisation de la France.
CQFD
a écrit le 07/02/2018 à 15:16 :
Blablabla....confronté à la hausse du chômage tous les gvts font la même chose. Sarkozy y a eu recours....Hollande a poursuivi....et Macron fera de même avec un habillage different...et la Cour des comptes fera les mêmes constats en 2021 mais la campagne électorale sera lancée et il faudra que les chiffres du chômage paraissent sous un jour favorable....alors...😎
a écrit le 07/02/2018 à 14:21 :
C’est quand le «  burn out » du gouvernement et en bonus avec «  la cour des comptes « ?

Car leur «  discours » n’a rien à avoir avec la «  réalité sur le TERRAIN »
a écrit le 07/02/2018 à 13:48 :
"En cumulé, le dispositif aura coûté aux finances publiques, entre 2012 et 2016, pas moins de 13,6 milliards d'euros".


En gros, une année de CICE .
Réponse de le 08/02/2018 à 21:49 :
d'un coté on a donné de quoi survivre à 600 000 personnes pendant 5 ans, de l'autre on a subventionné via le CICE des entreprises qui pour certaines ont procédé à des licenciements massifs (PSA, la Poste, Auchan, . La comparaison est cruelle pour les entreprises qui au meiux n'auraient crée ou sauvé que 108 000 emplois avec 40milliards d'aides publiques.

Le scandale des emplois aidés c'est qu'on les a substitués à de vrais emplois indispensables et qualifiés dans la fonction publique (ex: femmes de ménages dans les écoles, cuisinières de cantines, Assistants de vie scolaire pour les handicapés, etc etc), ou pour la cohésion sociale.

Par exemple, tous les directeurs des centres Emmaus et des restos du cœur sont des emplois aidés. s'ils ferment c'est l'état qui devra fournir 200 millions de repas, ou alors ce sera la guerre civile.
a écrit le 07/02/2018 à 13:17 :
Le but dans le public comme dans le privé, le but est d'avoir une main d’œuvre bon marché à la place d'un cdi ou d'un fonctionnaire (cf Darmanin). L'insertion et la formation ne sont pas des préoccupations des recruteurs!

La même logique est en ouvre dans l'apprentissage ou les employeurs exploitent des jeunes en les formant généralement bien peu.

C'est normal, cela fait partie de l'ADN du patron français!

Quant à la formation professionnelle, elle ne permet pas non plus une bonne insertion car elle intervient souvent trop tard et sur des publics trop éloignés de l'emploi!

Cependant la cour des comptes n'a aucune alternative à proposer et le gouvernement patauge...

Reste qu'à choisir entre payer quelqu'un à ne rien faire ou le payer pour faire un travail, je préfère largement la seconde!

Donc à défaut d'alternative crédible, je pense qu'il faut maintenir les emplois aidés en dépit de leurs multiples limites!

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