En 2019, l'emploi a accéléré dans le privé

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La construction enregistre sa plus forte hausse annuelle depuis 2007, relève l'Insee, avec 45.000 créations de postes soit une hausse de 3,3%. Le secteur de l'industrie progresse très modérément sur un an (+10.700, +0,3%).
La construction enregistre "sa plus forte hausse annuelle depuis 2007", relève l'Insee, avec 45.000 créations de postes soit une hausse de 3,3%. Le secteur de l'industrie progresse très modérément sur un an (+10.700, +0,3%). (Crédits : Reuters)
L'emploi salarié a progressé de 1,1% sur les douze mois à fin décembre 2019 en France, départements d'Outre-mer inclus (hors Mayotte), un rythme bien supérieur à celui de 0,6% observé en 2018 mais en deçà de celui de 1,4% constaté fin 2017.

L'emploi a connu une embellie en 2019. Les créations d'emplois dans les secteurs public et privé ont bondi de 1,1% en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés (données CVS-CJO), selon les derniers chiffres de l'Insee, de l'Acoss, le réseau des Urssaf et du ministère du Travail publiés ce mardi 10 mars. Dans le privé, les créations nettes ont augmenté de 263.100. Dans le public, la hausse est évaluée à 24.400. "Il y a eu une bonne dynamique en 2019 sur le secteur privé. Les créations d'emplois ont été assez fortes mais elles ne préjugent pas des trimestres suivants", a expliqué Alain Gubian, directeur des statistiques à l'Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale) lors d'un point presse.

Ces chiffres sont ainsi supérieurs à 2018 (158.100) mais inférieurs à ceux de 2017 (335.600). En somme, malgré le ralentissement économique l'année dernière, les chiffres de l'emploi ont résisté.

Pour l'économiste de BNP Hélène Baudchon, "les créations d'emplois ont été plus résistantes encore que la croissance. Cette dernière a quand même perdu un demi-point entre 2018 et 2019 (passant de 1,7 % à 1,2 % en moyenne annuelle), mais l'emploi salarié privé a à peine décéléré, progressant de 1,1 % après 1,2 % [...] la baisse du taux de chômage a été un peu plus importante en 2019 qu'en 2018 (-0,6 point après -0,4). Ces évolutions sont globalement cohérentes les unes avec les autres : la croissance a baissé mais elle est restée sur un rythme suffisant pour créer des emplois".

Avec la crise du coronavirus, les perspectives pourraient être bien assombries sur le front de l'emploi cette année. La plupart des instituts de statistiques ont commencé à revoir la croissance tricolore à la baisse et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire redoute "un impact économique sévère". De fait, beaucoup d'entreprises pourraient revoir leur projet d'embauche à la baisse.

> Lire aussi : Coronavirus : le gouvernement redoute "un impact sévère" sur l'économie

Accélération dans les services marchands

Par secteur, les créations d'emplois ont été très dynamiques dans le tertiaire marchand. Les statisticiens ont recensé 203.800 créations sur l'ensemble du territoire (soit une hausse de 1,8% par rapport à 2018). Rien qu'au quatrième trimestre, les entreprises ont embauché à tour de bras avec plus de 70.500 créations de postes malgré les craintes suscitées par les grèves et les manifestations contre la réforme sur les retraites et un PIB en repli de 0,1%.

Dans le services non-marchands, les créations de postes ont accéléré légèrement (0,3% avec 27.700 postes). Cette hausse s'explique principalement par les créations dans le privé. L'intérim, souvent considéré comme un indicateur avancé de la situation de l'emploi, s'inscrit en léger repli, à -2.700 postes (-0,3%) sur l'ensemble de l'année et -1.900 (-0,2%) sur le dernier trimestre.

Plus forte hausse annuelle depuis 2007 dans la construction

Dans la construction, les créations d'emplois ont également été très favorables avec plus de 45.000 postes (soit une hausse de 3,3% sur un an). Il s'agit de la plus forte augmentation depuis 2007. Le secteur avait particulièrement souffert de la grande récession de 2008. Outre une conjoncture plus favorable, le cycle électoral en amont des élections municipales a pu contribuer à booster l'emploi via une hausse des investissements publics réalisés par les collectivités locales. Selon des simulations opérées par l'Insee dans une récente note, près de 20.000 emplois seraient crées dans la construction lors de l'année précédant les élections municipales.

Reprise fragile dans l'industrie

Du côté de l'industrie, les voyants sont au vert. Après des années de désindustrialisation et de marasme économique, les usines ont recommencé à embaucher avec 10.700 postes créés l'année dernière. Il reste que cette reprise de l'appareil productif français demeure très fragile au regard des perspectives assombries par la crise du coronavirus. L'industrie automobile et l'aéronautique sont en première ligne dans cette crise sanitaire. Réunis lundi 9 mars au ministère de l'Economie, les différents représentants des fédérations professionnelles ont alerté les autorités sur les risques engendrés par cette épidémie.

> Lire aussi : Renault pourrait supprimer des usines après ses premières pertes en dix ans

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Commentaires
a écrit le 10/03/2020 à 20:04 :
Pas un GJ anti-macron pour hurler que c'est affreux, que c'est un complot de l'oligarchie financière européiste ?
Réponse de le 10/03/2020 à 20:50 :
je suis anti-macron, allez donc rebondir sur mon commentaire, et ayez 2 ou 3 arguments pour me contredire, merci
a écrit le 10/03/2020 à 19:46 :
Draghi a raison de dire que ce sont ses interventions à la tête de la BCE qui on permis de créer de l'emploi en zone euro et en particulier en France (avec toujours un temps de retard sur les autres économies européennes, ce qui laisse croire aux macroniens que le CICE est pourvoyeur d'emploi) ceci-dit cela m'apparaît comme une fuite en avant, la preuve en est la baisse du PIB dans les principales économies européennes depuis 2-3 ans (en particulier en france, 2.4% -1.7% - 1.2%)
quand le bâtiment va, tout va, sauf que endettement (immobilier) qui gène la BDF
a écrit le 10/03/2020 à 19:32 :
Croissance en décroissance entraine dans notre pays un chômage en baisse !
Bonne nouvelle pour 2020, avec le covid-19, nous aurons le plein emploi !!!
C'est bizare car dans les autres pays une croissance en progrès permet une activité des entreprises meilleure et une baisse des demandeurs d'emploi !
Vive la France qui démontre que l'économie est une science non-exacte !
a écrit le 10/03/2020 à 17:48 :
C'est la faute de Macron

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