Chômage, sous-emploi, halo... une radiographie du marché du travail en 2019

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(Crédits : Reuters/Vincent Kessler)
Dans une étude, l'Insee propose une photographie du marché du travail avec une myriade de données sur la population active, le sous-emploi, le chômage et l'activité des Français.

Quel était l'état du marché du travail en 2019 ? Une étude de l'Insee rendue publique ce jeudi 20 février et intitulée "Une photographie du marché du travail en 2019" dresse un panorama éclairant sur la situation des actifs occupés, des chômeurs, des indépendants. L'économie française comptait 29,2 millions de personnes dans la population active en 2019. Sur ce total, 26,8 millions ont un emploi et 2,5 millions sont au chômage.

Un chômage en baisse

Le chômage a poursuivi sa baisse en 2019 pour s'établir à 8,4% de la population active au sens du bureau international du travail (BIT) contre 9% en 2018 et 9,4% en 2017. Malgré une embellie ces dernières années, le chômage n'a toujours pas retrouvé son niveau antérieur à la crise de 2008.

Il existe quelques disparités selon l'âge. Pour les 15-24 ans, ce taux s'élève à 19,6% contre 7,8% pour les 25-49 ans et 6,3% chez les plus de 50 ans. Quant au chômage de longue durée (supérieur à un an), il concerne 3,4% de la population active. Chez les jeunes, il s'établit à 4,9% de la population active contre 3% chez les 25-49 ans et 3,7% chez les 50 ans et plus. Lorsque les plus de 50 ans se retrouvent au chômage après un licenciement ou un départ, retrouver un emploi peut se transformer en véritable calvaire.

> Lire aussi : Chômage de longue durée : le calvaire des seniors

Par catégorie socioprofessionnelle, il existe également de fortes disparités. Le taux de chômage a atteint 15,5% pour les actifs ayant le brevet et 5,1% pour les diplômés de l'enseignement supérieur. Concernant les professions, il frappe avant tout les ouvriers avec un taux bien supérieur à la moyenne (12,4%). Pour les employés, ce taux s'élève à 9,2%. Enfin, les cadres connaissent une situation de quasi plein emploi avec un chômage à 3,9%.

Le temps partiel et le sous-emploi en recul

La part des travailleurs à temps partiel a diminué de 0,4 point entre 2018 et 2019 pour s'établir à 18,1%. Malgré cette légère baisse, le temps partiel est monté en puissance depuis le début des années 80 comme le souligne le graphique ci-dessous. Il y a près de 40 ans, la proportion de contrats à temps partiels était deux fois moins importante (9,4%).

En parallèle, la part des salariés en CDD ou intérim a légèrement diminué l'année dernière pour atteindre 11,5% contre 11,9% en 2019. Là encore, la flexibilité accrue sur le marché du travail et la grande crise de 2008 ont accéléré les embauches en CDD ou en contrat intérimaire. Ces contrats permettent aux entreprises d'ajuster plus facilement leur masse salariale en cas de ralentissement conjoncturel. ll reste que malgré tout, une grande partie de la population active est en contrat à durée indéterminée (85% environ). Enfin, les derniers chiffres de l'organisme de statistiques indiquent que la part des indépendants a augmenté entre 2018 et 2019, passant de 11,6% à 12,1%. Depuis le début des années 80, la part des indépendants a clairement baissé au regard des données fournies par l'organisme de statistiques malgré la montée en puissance des microentreprises depuis une dizaine d'années.

La montée en puissance des cadres

L'autre fait marquant est la hausse spectaculaire de la part des cadres dans la population active. Rien qu'entre 2018 et 2019, cette part a gagné un point pour s'établir à 19,3%. Et sur quatre décennies, cette catégorie a presque triplé pour atteindre un sommet l'année dernière. Cette évolution peut s'expliquer en partie par une hausse des personnes qualifiées dans la population active, une transformation du tissu productif et des emplois et une envolée des embauches de cadres. Selon de récents chiffres de l'association pour l'emploi des cadres (APEC), les entreprises hexagonales devraient embaucher près de 300.000 cadres à un horizon proche. Les professions intermédiaires ont également gagné du terrain dans la population active pour passer de 19,5% au début des années 80 à 25,6% en 2019.

> Lire aussi : Une hausse des embauches de cadres en vue pour 2020

À l'opposé, certaines catégories sont en perte de vitesse. Il s'agit notamment des ouvriers qualifiés (14,2% en 1982 contre 12,9% en 2019) et des ouvriers non qualifiés (14,2% en 1982 contre 6,8% en 2019). La chute la plus impressionnante concerne les agriculteurs et les professions agricoles. Cette population a quasiment été divisée par 5 en moins de quatre décennies, passant de 7,1% au début des années 80 à 1,5% l'année dernière. La transformation du modèle agricole avec la mécanisation accélérée, la hausse des gains de productivité et l'agrandissement des surfaces ont pu contribuer à cette inflexion saisissante.

1,6 million de personnes dans le halo

En dépit de quelques signaux positifs, beaucoup de personnes souhaitant travailler sans pour autant être au chômage au sens du BIT se retrouvent dans le halo. Selon les dernières estimations de l'Insee, elles seraient 1,6 million sur les 11,6 millions d'inactifs. Ce qui est loin d'être négligeable.

>Lire aussi : Le chômage à son plus bas niveau depuis 2008, le halo au sommet

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Commentaires
a écrit le 22/02/2020 à 14:44 :
L'émission Envoyé Spécial sur France 2 montrait jeudi 20 février comment Pôle Emploi finance des formations de médecines parallèles dans des organismes privés. Pendant cette période les chômeurs ne sont pas comptabilisés comme tel.


Ces pseudo sciences sont régulièrement mentionnées comme telles dans les rapport de la MIVILUDES (organisme d'Etat).
a écrit le 21/02/2020 à 14:35 :
nombre de chômeurs catégories ABCDE 6 500 000
halo du chômage 1 600 000
formations 200 000 tout confondu chômeurs salariés
a écrit le 21/02/2020 à 13:59 :
C'est une nouvelle cuvée avec possibilités d'annuler le job dans les premiers mois, cherchez bien ceux qui n' ont pas un emploi fixe, 1,2 million ont disparus, sont en formation, au RSA, en maladie, le tout égal a 6 millions a la charge de ceux qui travaillent !
Réponse de le 21/02/2020 à 19:19 :
Plus les agriculteurs à la charges de ceux qui travaillent avec un niveau de cotisation responsable.
a écrit le 21/02/2020 à 8:53 :
"En dépit de quelques signaux positifs"

Ouais bon mais vous avez fait quand même tout l'article dessus, faudrait savoir !
Réponse de le 21/02/2020 à 11:30 :
signeaux positifs = la situation s'améliore, cela ne veut pas dire qu'elle est bonne... les mots ont leur importance!
a écrit le 20/02/2020 à 23:49 :
Vue que vous dites que le taux de CDI est stable (sans donner le chiffre, je suppose qu'il baisse faiblement?) et que le taux de chomage baisse, ça veux tout simplement dire que les emplois créés sont, soit de l'auto-entreprenariat "à la uber", soit suffisement long pour faire sortir les chomeurs des stats du chomage (mais ils vont tout de même toucher du chomage voir du RSA), c-a-d, plus de 3 jours par mois (ça peut être pire, la flème de chercher).

En gros, le cocorico du chomage qui baisse est clairement bidon. Entre les uber qui gagnent moins que le smic et ceux qui sortent du chomage parce qu'ils ont bossés 3 jours, je ne vois pas de quoi se réjouir et je me demande si le ramdam du chomage qui baisse ne tiens pas purement et simplement de la fakenews et devrais donc tomber sous le coup de la loi...

"chômage au sens du BIT", cessez de prendre les gens pour des billes!
Réponse de le 21/02/2020 à 7:42 :
Même avec des chiffres factuels et précis par catégories, les fantasmes et autres interprétations prennent le dessus !
La vérité est que l'activité à créé de nombreux emplois depuis ces dernières années (car il faut regarder aussi le nombre d'emplois créés et pas seulement le nombre de chômeurs).
Il faut maintenant que les compétences des personnes qui recherchent réellement un emploi (qu'en est-il réellement de celles situées dans le fameux halo dont on parle tant ?) correspondent aux besoins du marché, d'où les efforts à mener sur l'enseignement, l'apprentissage et l'investissement nécessaires des entreprises et de l'état dans ce domaine.
Les chiffres le montrent : les emplois dits fortement qualifiés n'ont jamais progressé aussi vite au détriment des autres. C'est la réalité à laquelle il faut s'adapter, avec, à la clé, des hausses de revenus et de pouvoir d'achat.
De l'autre côté de cette évolution, un sous emploi, des bas salaires et des gilets jaunes.
La bataille est là, pas ailleurs !
Réponse de le 21/02/2020 à 11:29 :
Dans votre commentaire vous mélangez tout. En effet, en remettant en question la méthode de calcul du chômage au sens du BIT, vous en concluez que la situation de l'emploi ne s'améliore pas. Cette déduction est tout simplement fausse puisque justement le chômage au sens du BIT permet non seulement des comparaisons internationales mais aussi dans le temps. Après que l'on considère que la méthode du BIT occulte une réalité à un instant T nous pouvons en débattre.

Si je ne fais que suivre votre raisonnement, en réalité vous démontrez que par le passé la situation était pire.... donc que la situation s'améliore... donc vous devriez vous en réjouir.
Réponse de le 21/02/2020 à 13:29 :
@Conseillère Des emplois à un balle et à une heure, tous vos efforts déployés ne suffiront pas faire oublier le maquillage des chiffres et la réalité de la casse sociale générée par une macronie débridée poussant les feux du libéralisme européen -
a écrit le 20/02/2020 à 19:50 :
En fait le halo représente 1.6 millions et 2.5 millions de chômeur. 2 166 100 exercent une activité réduite (catégorie B et C) Donc le halo représente un énorme gap, qui si l'on suit l'idée de l'administration française, c'est une étrange situation que voila!!!!

Pour les dits cadres, lorsque l'on voit les salaires, le temps de travail. Bon ok.

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