En France, la consommation des ménages toujours à la peine
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Les dépenses de consommation des ménages français sont restées nettement inférieures à leur tendance d'avant-crise sanitaire.
Reuters
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Les dépenses de consommation des ménages français sont restées nettement inférieures à leur tendance d'avant-crise sanitaire.
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Malgré une légère progression en 2023 (+0,8%), les dépenses de consommation des ménages français sont restées nettement inférieures à leur tendance d'avant-crise sanitaire, indique ce jeudi une étude de l'Insee. Pour parvenir à cette conclusion, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a calculé le niveau que les dépenses de consommation des ménages auraient atteint en 2020, 2021, 2022 et 2023 si leur progression s'était poursuivie au même rythme qu'entre 2015 et 2019 (+1,5% par an en moyenne).
Résultat : en 2023, « la dépense de consommation finale des ménages est inférieure de 3,1% à sa tendance en volume d'avant-crise sanitaire », explique-t-il. Les dépenses des ménages français se sont ainsi chiffrées à 1.301,3 milliards d'euros, là où elles auraient dû atteindre 1.342,5 milliards si l'indicateur avait continué à progresser à la même vitesse que sur la période 2015-2019.
Dans le détail, les dépenses de transport des Français ont été inférieures de 13% à leur tendance pré-Covid en 2023 et leurs dépenses énergétiques (électricité, gaz et « autres combustibles ») se sont inscrites en recul de 7,1%, « en lien avec la hausse des prix de l'énergie ».
En revanche, les dépenses d'hébergement et de restauration ont dépassé de 3,1% leur tendance pré-crise en 2023, tout comme les dépenses d'information et communication (+4,6%).
L'Insee indique qu'en moyenne, le pouvoir d'achat brut individuel (« par unité de consommation ») a néanmoins progressé de 0,3% en 2023, après un recul de 0,4% l'année précédente. Mais il relève aussi que les dépenses « pré-engagées » (difficilement renégociables à court terme: loyers, factures énergétiques, assurances...) ont augmenté de 1,2% en 2023, un rythme identique à celui constaté entre 2015 et 2019.
Il faut dire que l'inflation a renoué en 2022 et 2023 avec des niveaux inédits en France depuis les années 1980. Le point haut de l'inflation dans le pays a été atteint en février 2023, à un peu plus de 7%.
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Néanmoins, la hausse du niveau générale des prix a commencé à se tasser cette année. En juin, l'indice des prix à la consommation s'est même établi à 2,1% sur un an en France, en léger reflux après 2,3% en mai selon une publication de l'Insee vendredi dernier. Ce repli de l'inflation s'explique à la fois par un « ralentissement » de la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, et une évolution au même rythme qu'en mai des prix du tabac, des produits manufacturés et des services, détaille l'Institut national des statistiques dans une première estimation qui doit être confirmée mi-juillet.
Signe du recul de l'inflation en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a effectué sa première baisse de 0,25 point de pourcentage de ses taux directeurs le 6 juin, et ce, après avoir monté ses taux de manière fulgurante entre 2022 et 2023, puis les avoir maintenus entre 4% et 4,75% depuis septembre, au plus haut depuis la création de l'euro.
Malgré la décrue de l'inflation, le pouvoir d'achat est devenu l'une des principales thématiques de la campagne pour les élections législatives, dont le second tour est prévu dimanche. Le Rassemblement National (RN) fait de cet enjeu son cheval de bataille. Il promet ainsi de réduire à 5,5%, contre 20% actuellement, la TVA sur les produits énergétiques. Et dans un second temps de « suspendre » la TVA sur une centaine de produits de première nécessité, « en cas de forte inflation ».
De son côté, la gauche rassemblée au sein du Nouveau Front populaire (NFP) présente une mesure économique phare : un Smic à 1.600 euros net contre près de 1.400 aujourd'hui. L'indexation des salaires sur l'inflation et la hausse de 10% du point d'indice des fonctionnaires apparaissent aussi dans leur programme. Pour financer ce projet coûteux pour les finances publiques, l'alliance de gauche entend rétablir un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) renforcé avec un « volet climatique », « généraliser » la taxation des superprofits et créer une surcotisation sur les hauts salaires.
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Le camp présidentiel aimerait, de son côté, autoriser les entreprises à verser chaque année à leurs salariés jusqu'à 10.000 euros de primes exonérées de charges. Pour rappel, ces « primes Macron » sont aujourd'hui plafonnées à 6.000 euros. L'ex-majorité maintient également de son côté son refus d'augmenter les impôts et taxes d'ici 2027. Par ailleurs, pour les « 3 millions de Français aujourd'hui sans mutuelle », le camp présidentiel suggère d'introduire une complémentaire santé publique à un euro par jour.
(Avec AFP)
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