Les nuages s'accumulent au-dessus de l'économie française. Après l'électrochoc de la dissolution, les entreprises et les ménages sont toujours plongés dans un épais brouillard. Et le résultat du premier tour des élections législatives est loin de dissiper les inquiétudes dans les milieux économiques. Arrivé en tête du premier tour du scrutin, le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella espère gagner un maximum de sièges à l'Assemblée nationale pour former une majorité absolue. En face, les forces politiques peinent à s'entendre pour former un « barrage républicain ».
À quelques jours du second tour des élections législatives, l'angoisse gagne du terrain compte tenu des incertitudes qui planent au-dessus de la situation politique française. Bousculés par l'annonce tonitruante de la dissolution, beaucoup de chefs d'entreprise s'interrogent sur les perspectives économiques et politiques de l'Hexagone après cette campagne éclair. Témoin de ce malaise, la difficulté du patronat à s'exprimer sur les programmes économiques des trois grands blocs en lice.
Interrogés au mois de juin par l'institut de sondages Ifop pour Fiducial, 71% des dirigeants de TPE sont pessimistes sur le climat général des affaires en France. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2023. Et sur ce total, 29% se déclarent même très pessimistes. À l'opposé, seuls 28% sont optimistes sur la conjoncture actuelle. «Sur le climat général des affaires, l'optimisme se dégrade de 8 points entre avant et après la dissolution. Il y a un décalage après la période de dissolution », déclare Flora Baumlin, directrice d'études au département opinion chez Ifop. Ce niveau de pessimisme montre que les cercles patronaux sont en plein désarroi face aux risques de panique financière. En annonçant la dissolution du Palais Bourbon, Emmanuel Macron a plongé un grand nombre de patrons dans une situation particulièrement délicate.