En plein marasme budgétaire, la France attend la note de Moody’s
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L'agence de notation Moody's pourrait dégrader la note de la France ce vendredi.
Andrew Kelly
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L'agence de notation Moody's pourrait dégrader la note de la France ce vendredi.
Andrew Kelly
C'est un nouveau rendez-vous important pour l'Hexagone. Alors que le gouvernement prévoit un effort de « 60 milliards d'euros » en 2025 dans son projet de budget étudié en ce moment à l'Assemblée nationale, entre réductions des dépenses publiques et alourdissement de la fiscalité, la décision de Moody's sur la note souveraine française sera scrutée de près.
D'autant qu'un abaissement n'est pas exclu... L'agence note la France un cran au-dessus des autres agences Fitch et S&P, à « Aa2 » (l'équivalent de 18 sur une échelle de 20 niveaux de notation), et pourrait s'aligner sur elles malgré une perspective actuellement « stable ».
Cette dégradation potentielle serait une mauvaise nouvelle pour la France. Les taux auxquels le pays emprunte sur les marchés pourraient se détériorer, alors que l'Hexagone est déjà sous tension, notamment de Bruxelles, en raison de la dérive de ses comptes publics. Pour le moment, la dette française continue de séduire les investisseurs du marché, mais ses taux d'intérêt sont désormais proches de ceux de pays comme le Portugal ou l'Espagne, réputés plus risqués.
La décision de Moody's interviendra deux semaines exactement après celle de Fitch, qui a placé la France sous « perspective négative », lui épargnant la dégradation de sa note « AA- » malgré ses finances publiques. L'agence a souligné que depuis sa précédente évaluation en avril, « les risques liés à la politique budgétaire se sont accrus ».
Selon le cabinet Asterès, plus que les décisions des agences de notation, dont les conséquences seraient selon lui « limitées sur les coûts d'emprunt de l'Etat français », c'est la situation budgétaire, économique et politique de la France, encore marquée de fortes incertitudes, qui importe surtout.
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Car l'an prochain, alors que la croissance atteindrait 1,1% comme cette année, dans un environnement de fort recul de l'inflation, la dette publique continuerait de gonfler pour frôler les 115% du PIB, presque le double du maximum fixé à 60% par Bruxelles.
Le gouvernement entend ainsi ramener le déficit public de 6,1% du PIB en 2024 à 5% en 2025 - toujours loin au-dessus du seuil maximal de 3% autorisé par les règles budgétaires européennes. Son ambition est de ramener le déficit à 2,8% en 2029.
Pour rappel, la charge de la dette est aujourd'hui le deuxième poste budgétaire derrière l'éducation avec plus de 50 milliards d'euros et elle est susceptible de devenir le premier d'ici à 2027. Ce qui réduit d'autant les marges de manœuvre financières.
Pour préserver la crédibilité française, le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier a annoncé dans son projet de budget pour 2025 un plan massif d'économies, qui peine cependant à convaincre au sein d'une Assemblée nationale fragmentée, où il est dépourvu de majorité absolue.
En outre, « le choc fiscal annoncé, qui devrait porter majoritairement sur les entreprises, pourrait abîmer le potentiel économique de la France au-delà de ses effets conjoncturels, via l'investissement et l'emploi », a-t-il ajouté auprès d'une journaliste de l'AFP.
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Après Moody's, le prochain rendez-vous à haut risque pour la France est fixé au 29 novembre, quand l'agence S&P, la troisième des plus grosses agences de notation internationales, se prononcera sur la solvabilité de sa dette. Elle avait dégradé en mai la note de « AA » à « AA-».
(Avec AFP)
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