La dette française coûte désormais plus cher que celle de la Grèce : faut-il s'inquiéter ?
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Ce jeudi, il fut plus cher d'acheter de la dette française que de la dette grecque.
Ralph Orlowski
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Ce jeudi, il fut plus cher d'acheter de la dette française que de la dette grecque.
Ralph Orlowski
C'est du jamais-vu. Il est désormais plus cher d'acheter de la dette française que de la dette grecque. En d'autres termes, à une échéance d'emprunt de cinq ans, la première s'échange à un taux plus élevé que la seconde. Or, traditionnellement, la dette des Etats les plus puissants économiquement se voit accorder des taux plus bas.
Sur le marché primaire, là où les Etats européens empruntent directement auprès des investisseurs, la situation est aussi visible sur les dernières opérations. La France a, par exemple, emprunté à six mois pour un taux de 3,12% le 23 septembre, quand la Grèce a emprunté à 2,85% pour une échéance similaire le 25 septembre.
Même constat du côté de l'Espagne qui emprunte, elle aussi, moins cher que la France. Vers 13 heures jeudi, le taux d'emprunt à 10 ans français - une référence pour les investisseurs - s'établissait à 2,94% et son équivalent espagnol atteignait 2,93%. Il n'était plus arrivé de voir le taux d'intérêt français à cette échéance dépasser son équivalent espagnol depuis le 16 novembre 2006, soit 18 ans !
Un constat dont l'explication est à chercher du côté de l'instabilité politique qui règne en France depuis l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, consécutive aux résultats des élections européennes. Jusqu'à la nomination de Michel Barnier au poste de Premier ministre. Une annonce qui a pris du temps, ce qui n'a pas participé à rassurer les marchés.
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D'autant que l'exécutif doit composer avec un déficit public qui ne cesse de grimper. Mercredi encore le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, alertait sur le risque que celui-ci dépasse les 6% cette année, contre 5,1% initialement attendu.
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