En réponse au Mercosur, les députés adoptent une taxe sur la viande importée
latribune.fr
L'amendement a été adopté très largement (121 voix pour, 17 contre) grâce à l'addition des voix de la gauche et du RN, contre celles d'un camp gouvernemental divisé et peu mobilisé.
A l'occasion du vote du budget 2025, les députés de la gauche et du Rassemblement national ont voté une taxe sur les importations de bovins. Une mesure validée contre l'avis du gouvernement, au moment où les débats sur l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur font rage.
L'Assemblée nationale envoie un message à l'Union européenne. Ce vendredi, les députés de la gauche et du Rassemblement national ont adopté, lors de l'examen du budget, une taxe sur les importations de bovins. Un amendement voté contre l'avis du gouvernement, au moment où l'Union européenne débat sur l'adoption de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur.
Dans le détail, l'amendement a été adopté très largement (121 voix pour, 17 contre) grâce à l'addition des voix de la gauche et du RN, contre celles d'un camp gouvernemental divisé et peu mobilisé.
Pour le groupe La France insoumise, qui a déposé cet amendement, cette taxe vise à « protéger les agriculteurs (et à) garantir la sécurité des consommateurs » face à la « concurrence déloyale (et les) risques sanitaires » que font courir, selon eux, les accords de libre-échange en amplifiant l'importation de bovins sur le territoire français.
Elle vise« à ne pas mettre (les agriculteurs) en concurrence à l'international », a défendu au cours des débats la députée LFI Manon Meunier, fustigeant un gouvernement qui« s'apprête à laisser passer la signature de la ratification du traité de libre-échange »entre le Mercosur et l'Union européenne et« laisser rentrer (ainsi) 99.000 tonnes de viande bovine sur le territoire ».
Le vote du RN « c'est aussi (...) en protestation au fait qu'on a privé l'Assemblée nationale » de discussions sur cet accord, a renchéri le député d'extrême-droite Jean-Philippe Tanguy. Le parti d'extrême droite s'était vu refuser par le gouvernement une proposition de résolution sur l'accord UE-Mercosur qu'il souhaitait voir débattre lors de sa « niche » du 31 octobre. Tout comme le groupe LFI, qui a tenté en vain d'inscrire une résolution similaire à l'ordre du jour de sa journée réservée à l'Assemblée, le 28 novembre.
Les députés demandent de bloquer l'accord sur le Mercosur
Les négociations avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie) ont repris ces derniers mois sous l'impulsion de pays européens dont l'Allemagne ou l'Espagne. La perspective d'une conclusion provoque la colère des syndicats agricoles français, qui ont annoncé une nouvelle mobilisation pour la mi-novembre.
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Lundi, plus de 200 députés d'un arc allant des écologistes à LR ont enjoint dans une tribune le président Emmanuel Macron de tout faire pour « bloquer la conclusion de l'accord » au sein de l'UE. Lors des débats, le camp gouvernemental a souligné qu'il était « contre l'accord avec le Mercosur tel qu'il est écrit aujourd'hui », selon les mots du député Renaissance Jean-René Cazeneuve, reprenant ceux du président de la République.
« Ce que nous demandons, ce sont des normes égales pour tous, puisqu'on nous demande à nous agriculteurs (...) de respecter des normes environnementales et sanitaires strictes »,a déclaré, de son côté, la députée Renaissance Sandrine Le Feur.
Celle qui est aussi présidente de la commission du Développement durable à l'Assemblée et agricultrice s'est félicitée de cette démarche « transpartisane ». Les députés ont, à l'unisson, enjoint au président de la République de tout faire pour obtenir une « minorité de blocage » au sein de l'UE, afin de s'opposer à l'adoption du texte. Si ce dernier a déclaré mi-octobre que l'accord n'était « pas acceptable en l'état », le député LFI François Ruffin s'est montré sceptique sur la volonté réelle du chef de l'État.
« Je crois que dans la durée Emmanuel Macron est un partisan du libre-échange. Je crois qu'il donne des gages parce qu'il y a une opinion publique qui est très défavorable (...) mais qu'en vérité, il ne mettra pas tout son pouvoir dans la balance pour aller contre ce qui est le fond de ce qu'il fait et pense depuis 20 ans »,a-t-il dit.