Accord entre l'UE et le Mercosur : la France martèle son opposition
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Un accord politique avait été conclu en 2019, mais l'opposition de la France notamment a bloqué l'adoption définitive (Photo d'illustration).
YVES HERMAN
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Un accord politique avait été conclu en 2019, mais l'opposition de la France notamment a bloqué l'adoption définitive (Photo d'illustration).
YVES HERMAN
La semaine dernière déjà, Emmanuel Macron a déclaré que l'accord de libre-échange entre le Mercosur (l'alliance des pays d'Amérique latine) et l'Europe n'était « pas acceptable en l'état ». Cette semaine, la ministre déléguée au Commerce extérieur, Sophie Primas, a cette position.
En marge d'une réunion des ministres du Commerce du G20, au Brésil, elle a déclaré que les conditions posées par Paris pour ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur ne sont « pas satisfaites ».
Pour rappel, un accord politique avait été conclu en 2019. L'opposition de la France notamment a toutefois bloqué l'adoption définitive. Opposition qui s'est renforcée avec la crise agricole qui sévit en Europe.
Cependant, les négociations entre l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie), engluées depuis des années, ont repris ces derniers mois sous l'impulsion de certains pays européens, dont l'Allemagne ou l'Espagne. Berlin notamment s'est dit « très attaché au libre-échange ». « Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que nous avons besoin de tels accords, car ils ont une grande importance géostratégique », avait appuyé en février le chancelier allemand, Olaf Scholz, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre français de l'époque, Gabriel Attal. Le gouvernement brésilien s'est pour sa part montré « optimiste sur l'avancée des discussions ».
« Nous nous attendons à ce que l'accord soit conclu d'ici la fin de l'année », a indiqué le ministère de l'Industrie et du Commerce du Brésil, à l'issue d'une rencontre mercredi à Brasilia entre le vice-président brésilien Geraldo Alckmin et le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis. Le même jour, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a lui aussi assuré que l'Union européenne était « très près de conclure » l'accord.
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Or justement, Sophie Primas a profité de la réunion du G20 pour faire passer son message. « Ce G20 Commerce était également le meilleur moment pour la France de réaffirmer notre position ferme sur l'accord UE-Mercosur à nos partenaires d'Amérique latine », a-t-elle assuré.
Si la France est aussi peu encline à l'accord, c'est parce que ses agriculteurs l'ont mise en garde. « Ce qui est en train de se passer est totalement absurde. Nous agriculteurs ne pouvons l'accepter ! », scandait le 16 octobre Arnaud Rousseau, le président du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA.
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« Nous sommes devant un combat existentiel pour l'agriculture : d'un côté, on continue d'imposer aux agriculteurs français tout un tas de normes sur l'environnement, et, de l'autre, on considère que ce n'est pas un problème d'importer de la nourriture produite avec des moyens interdits en Europe qui ne respectent pas nos critères et standards de qualité ! », expliquait-il.
(Avec AFP)
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