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ÉconomieUnion européenne

Mercosur : Macron se prononce contre l'accord de libre-échange

latribune.fr

Publié le 18 octobre 2024 à 06:34 - Mis à jour le 18 octobre 2024 à 06:34

« Nous demandons le respect substantiel des Accords de Paris (sur le climat), des clauses miroirs et la protection des intérêts des industries et des agriculteurs européens », a déclaré Emmanuel Macron.

« Nous demandons le respect substantiel des Accords de Paris (sur le climat), des clauses miroirs et la protection des intérêts des industries et des agriculteurs européens », a déclaré Emmanuel Macron.

Johanna Geron

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Le Président français a affirmé que l'accord avec « le Mercosur, en l'état, n'est pas un traité qui est acceptable. » Il a appelé à ajouter à l'accord des gages climatiques et de protection des agriculteurs européens.

Pour Macron, c'est non. Le président français a, une nouvelle fois, fermé la porte à l'accord de libre-échange négocié entre l'Union européenne et le Mercosur, la Communauté économique des pays d'Amérique du Sud.

«Le Mercosur, en l'état, n'est pas un traité qui est acceptable. Nous demandons le respect substantiel des Accords de Paris (sur le climat), des clauses miroirs et la protection des intérêts des industries et des agriculteurs européens», a-t-il déclaré à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.

Le projet de traité, dont les discussions ont commencé en 1999, entend supprimer la majorité des droits de douane entre les deux zones, créant un espace de plus de 700 millions de consommateurs.

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L'accord avec le Mercosur pourrait s'imposer, contre la France

Un bras de fer qui dure

Après un accord politique en 2019, l'opposition de plusieurs pays dont la France a bloqué son adoption définitive. De même, début février dernier, Bruxelles a signifié que les conditions n'étaient pas réunies pour conclure cet accord commercial entre l'Europe et les pays du Mercosur, à savoir l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, la Bolivie et le Paraguay.

« Il y aura un bras de fer, et la France fera le nécessaire pour que le Mercosur tel qu'il est ne soit pas signé », assurait, en janvier dernier, Bruno Le Maire, alors ministre de l'Economie. « Tant qu'on n'a pas de réponse claire, et tant qu'on n'a pas quelque chose qui évite de livrer nos producteurs français à une concurrence déloyale, il ne peut pas y avoir d'accord du Mercosur », avait appuyé son confrère de l'Agriculture Marc Fesneau.

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A noter que la position de la France se heurte à celle de certains de ses voisins qui aimeraient bien voir l'accord entrer en vigueur. À commencer par l'Espagne et l'Allemagne. Cette dernière « est très attaché(e) au libre-échange (...) et je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que nous avons besoin de tels accords, car ils ont une grande importance géostratégique », avait d'ailleurs déclaré le chancelier allemand, Olaf Scholz, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre de l'époque, Gabriel Attal. « Les négociations avec les pays du Mercosur sont en cours depuis 20 ans déjà. Il n'est pas si étonnant qu'on ait le sentiment qu'elles doivent aboutir et que l'on souhaite qu'elles aboutissent », avait-il insisté.

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Vers une adoption malgré l'opposition de la France ?

Après de longues années de tractations, selon le média Politico, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur pourrait être rapidement adopté au sein des 27. Alors que s'est tenue, les 7 et 9 octobre derniers, une réunion des négociateurs en chef UE-Mercosur à Brasilia, un compromis aurait été proposé à la France, qui, jusqu'à présent, s'y est opposée en raison du risque de voir affluer des tonnes de viandes sud-américaines faisant concurrence aux éleveurs français.

Il s'agirait de la mise en place d'un fonds de compensation à destination des agriculteurs pénalisés par la mise en œuvre du traité commercial.

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Pour s'opposer à l'adoption du texte, il faudrait que la France obtienne une minorité de blocage au sein de l'UE. « Il faut donc qu'ils aient avec eux 45% des Etats qui représentent 35% de la population européenne », résumait il y a deux jours l'eurodéputée la France Insoumise Manon Aubry. Interrogée par La Tribune, elle regrette que « la France ait déjà acté sa défaite avant même d'avoir mené la bataille », reprochant à Emmanuel Macron de « vouloir acheter les agriculteurs avec une poignée de cacahouètes », ce qui « ne suffira pas à faire taire le scandale et l'impact de cet accord », estime-t-elle.

(Avec AFP)

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