Face à la rumeur d'une finalisation imminente du traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, l'exécutif français a réaffirmé son opposition. Sans pour autant expliciter sa stratégie ou les divers niveaux d'action possibles.
D'abord Emmanuel Macron, le 17 octobre,à l'issue d'un sommet européen, à Bruxelles. Puis, cette semaine, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ainsi que la ministre déléguée chargée du Commerce extérieur, Sophie Primas. La multiplication de ces prises de parole intervient alors que la rumeur d'une possible conclusion de l'accord de libre-échange enfle. Pour rappel, le G20 se tiendra à Rio de Janeiro les 18 et 19 novembre.
En réaffirmant sa position, le gouvernement répond aussi aux syndicats majoritaires d'agriculteurs. Le21 octobre, ceux-ci ont promis de reprendre leurs actions à la mi-novembre. Or, leur principal objectif est de « mettre définitivement fin » aux discussions, lancées en 1999. En revanche, l'exécutif n'a pas expliqué la stratégie permettant de stopper l'accord avec le Mercosur. Une marge de manœuvre, bien que restreinte, existe néanmoins, Paris pouvant encore tenter d'agir à plusieurs niveaux.
S'opposer à la finalisation de l'accord
La première possibilité qui s'offre à la France est de s'opposer à la conclusion même de l'accord. C'est d'ailleurs ce qu'avait fait, avec succès, Emmanuel Macron fin janvier. Il avait alors adressé un simple SMS à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, selon le média Politico.
Le poids politique du chef de l'Etat s'est affaibli depuis l'été. En cause, la crise politique qui a secoué la France - dans la foulée de la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier - et la confirmation du mandat d'Ursula von der Leyen. Dans le même temps, les négociations entre l'UE et le Mercosur, elles, ont avancé.
Au texte de l'accord principal, finalisé en 2019, et aux engagements supplémentaires des pays d'Amérique du Sud pris en 2023, faisant l'objet d'une « annexe », se sont ajoutées des « concessions » (encore inconnues). Un air de résignation régnerait d'ailleurs, selon plusieurs sources, dans la diplomatie française. Le nouveau gouvernement réussira-t-il à faire bouger les lignes ? Pas sûr. En revanche, Sophie Primas a déjà commencé à utiliser l'arme principale : le risque d'un nouvel affaiblissement de l'Union européenne face à son opinion publique.
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