LA TRIBUNE - Au nom de l'association France Urbaine, vous avez lancé un appel à l'aide de l'Etat pour les collectivités françaises, que demandez-vous exactement ?
JOHANNA ROLLAND- D'abord, il faut rappeler que de nombreuses collectivité sont frappées par l'explosion des coûts énergétiques et ont engagé des plans de sobriété qui incluent des mesures comme la réduction des températures de chauffage, la réduction des amplitudes horaires des éclairages publics, la limitation des plages d'ouverture des bâtiments publics.... Pour autant, quelle que soit l'ampleur de ces plans, sans mesure de soutien de l'État, beaucoup de collectivités pourraient être amenées à sacrifier la continuité des services publics. C'est bien ça l'enjeu. Toutes ces mesures ne permettront pas d'absorber la hausse exponentielle des charges énergétiques, alors que se pose la question du bouclage des budgets 2023.
On demande, donc, la mise en place de deux mesures d'urgence, à la fois pour permettre aux collectivités de passer le pic tarifaire et ne pas avoir à arbitrer entre bouclage du budget et continuité du service public. La première, c'est la création d'un bouclier énergétique d'urgence, qui doit plafonner le prix d'achat de l'électricité des collectivités, dont le montant est à définir, et qui puisse être assorti d'avances remboursables, à l'instar de celles qui avaient été décidées en 2020, au moment de la crise Covid. La deuxième mesure, c'est de permettre aux collectivités, qui n'ont pas eu d'autres choix que de signer, cet été, des contrats à des conditions tarifaires très, très défavorables. Et là, on demande qu'elles puissent sortir de ces contrats sans pénalités. Pour bénéficier de tarifs revenus à des niveaux plus soutenables.