L’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) vient de publier un rapport baptisé « Adapter la France à +4 °C: moyens, besoins et financements ». Les formes d’adaptation multiples n’ont pas toutes les mêmes modèles économiques et risquent de se heurter à des arbitrages politiques difficiles.Ce n'est une surprise pour personne : le changement climatique est là et bouscule les collectivités territoriales, l'économie et les infrastructures. Sauf qu'il n'existe pas, à date, d'évaluation consolidée des besoins nécessaires à l'adaptation à la France, pointe, ce vendredi, l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE). Dans son dernier rapport baptisé « Adapter la France à +4 °C : moyens, besoins et financements », le constat est clair : l'Hexagone pâtit de l'absence de stratégies suffisamment mûres pour en dériver des scénarios complets d'investissements.
Et ce, alors que les besoins d'adaptation sont incontournables. Il faut ainsi renforcer les moyens en matière d'accompagnement comme d'ingénierie et systématiser le réflexe d'adaptation dans les flux d'investissement. Comment ? En vérifiant que le changement climatique est pris en compte dans l'ensemble des programmes existants et en s'assurant que chaque nouveau programme d'investissement intègre cet enjeu. De même que se préparer à mieux réagir permet d'anticiper les crises, plutôt que de les subir.
La question des choix à faire
C'est là que se pose la question des choix à faire. « Transformer est avant tout une question politique, dont les réponses n'auront pas toutes les mêmes implications en termes de besoins », écrivent les auteurs de la note. Maintenir l'existant est défendable, à condition d'en assumer pleinement les conséquences. Par exemple, des cas en Espagne ou au Maroc, montrent que continuer à irriguer des productions agricoles sans évaluer les coûts de la disponibilité en eau à long terme peut mener à dépendre d'aménagements lourds, comme la dessalinisation.
Aussi, des actions peuvent-elles être envisagées ou expérimentées. Dans des secteurs comme la montagne et la forêt, il peut être possible de concentrer des moyens sur des opérations pilotes de manière à constituer des preuves de concept, non pas de solutions, mais de démarches d'adaptation, y compris pour les étapes de mises en œuvre. Autant d'actions qui doivent être combinées en des stratégies cohérentes, ne serait-ce que pour approfondir les exercices de prospective et de scénarisation.