Formation professionnelle : les chefs d'entreprise veulent plus de liberté

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L'exécutif a lancé fin octobre le deuxième acte de ses réformes sociales. Au programme, une refonte de l'assurance chômage et de la formation professionnelle.
L'exécutif a lancé fin octobre le deuxième acte de ses réformes sociales. Au programme, une refonte de l'assurance chômage et de la formation professionnelle. (Crédits : DR)
Le deuxième volet des réformes sociales du gouvernement doit revoir les modalités de formation des salariés et de l'apprentissage. Deux chantiers dans lesquels les chefs d'entreprise sont demandeurs d'une plus grande marge de manœuvre, selon "La Grande Consultation" réalisée par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/Europe 1.

Les ordonnances sur le droit du travail étant adoptée, l'exécutif a lancé fin octobre le deuxième acte de ses réformes sociales. Au programme, une refonte de l'assurance chômage et une "révolution copernicienne" de l'apprentissage, selon les mots de la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Interrogés dans le cadre de "La Grande Consultation" de novembre réalisée par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/Europe 1*, les 604 chefs d'entreprise du panel sont demandeurs d'une plus grande marge de manœuvre concernant la formation professionnelle. L'exécutif veut donner davantage de moyens à chaque salarié de "construire" sa propre formation professionnelle, via un compte personnel de formation qui sera considérablement renforcé. Plus de neuf dirigeants sur dix (92%) estiment que ce serait une bonne chose de pouvoir orienter une partie des fonds de la formation professionnelle vers des acteurs capables d'accompagner les salariés dans la gestion de leur parcours professionnel.

Concernant l'apprentissage, le gouvernement entend le rendre plus attractif et pourrait revoir la ventilation de son financement entre les lycées professionnels et les grandes écoles, les premiers étant désavantagés. Là-aussi, les chefs d'entreprise semblent très favorables à cette idée, puisqu'une écrasante majorité (94%) se prononce en faveur de plus de liberté dans le choix des établissements de formation auxquels leur entreprise verse leur taxe d'apprentissage.

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Éviter le recours excessif aux contrats courts

Concernant la réforme de l'assurance chômage, parmi les mesures avancées par l'exécutif figure l'idée d'un système de bonus-malus, censé éviter les recours excessifs aux contrats courts. Dans le détail, qu'il s'agisse de CDD ou de CDI, plus un salarié quitterait involontairement l'entreprise rapidement, plus la cotisation patronale serait élevée.

Une majorité (58%) des dirigeants voit ce dispositif d'un bon œil. L'idée convient davantage dans l'industrie (75%) ou de la construction (74%), et laisse plus circonspect dans les services (59%) et le commerce (44%).

| Lire aussi Indemnisation, bonus/malus... : les enjeux de la réforme de l'assurance chômage

La contribution exceptionnelle bien accueillie

Par ailleurs, suite à l'imbroglio autour de la taxe sur les dividendes, déclarée inconstitutionnelle, l'Etat doit rembourser 10 milliards d'euros aux contribuables et aux entreprises. Pour accuser le coup avec moins de brutalité, Bercy a mis en place dans l'urgence une surtaxe sur les 320 plus grandes entreprises françaises qui doit rapporter environ 5 milliards d'euros aux finances publiques.

Cette contribution exceptionnelle convainc étonnamment les dirigeants d'entreprise, puisque près des trois quarts des interrogés (73%) y sont favorables. A noter cependant que le poids des PME dans le panel est important, or cette surtaxe concerne les entreprises ayant un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros.

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Des inquiétudes sur l'avenir

Dans l'ensemble, l'état d'esprit des chefs d'entreprise semble positif. Après un mois de septembre morose, l'optimisme revient progressivement. Quatre dirigeants sur dix se disent "confiants" (+4 points), ils sont également plus nombreux qu'en octobre à se dire "sereins" (+6 points).

Preuve de l'humeur positive ambiante de nombreux dirigeants, la moitié d'entre eux reconnait apprécier le contexte actuel et cosidère que "c'est très bien en ce moment" (+ 2 points). C'est le résultat le plus fort enregistré pour cet indicateur depuis le début de ce baromètre. En revanche, ils sont moins confiants sur l'avenir, ceux estimant que "ce sera mieux demain" n'ont jamais été aussi peu nombreux (17%, - 5 points). Ces inquiétudes expliquent un léger recul de l'indice de l'optimisme, qui s'établit ce mois-ci à 96 (-2 points).

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Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

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a écrit le 28/11/2017 à 11:36 :
"Cette contribution exceptionnelle convainc étonnamment les dirigeants d'entreprise, puisque près des trois quarts des interrogés (73%) y sont favorables. A noter cependant que le poids des PME dans le panel est important, or cette surtaxe concerne les entreprises ayant un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros"

Pourquoi étonnement ? Vous ne pensez pas que depuis le temps de plus en plus de patrons de PME se rendent compte que le favoritisme flagrant envers les actionnaires milliardaires ils le payent de plus en plus cher ?

Les sous traitants sont toujours obligés de s'aligner aux conditions des gros et c'est eux qui en prennent le plus dans la figure du coup, la défiscalisation des multinationales est compensée par une sur-fiscalisation des PME et-c...l'entière liberté qu'on laisse aux géants est en train d'éradiquer les petits et moyens.

"Les petits patrons font les grandes rivières de diamants" B. Fontaine

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