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France : bonne nouvelle, la dette publique n'a pas augmenté au troisième trimestre

latribune.fr

Publié le 22 décembre 2023 à 10:17 - Mis à jour le 22 décembre 2023 à 17:02

Selon l'Insee, entre juillet et septembre de cette année, la dette française a augmenté de 41,3 milliards d'euros, pour atteindre 3.088,2 milliards d'euros.

Selon l'Insee, entre juillet et septembre de cette année, la dette française a augmenté de 41,3 milliards d'euros, pour atteindre 3.088,2 milliards d'euros.

Reuters

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La dette publique française s'est stabilisée à 111,7% du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre 2023, annonce ce vendredi l'institut national de statistiques. Un chiffre similaire au trimestre précédent. Si cette nouvelle est encourageante, l'économie française demeure fragile, avec un niveau d'endettement de l'Etat élevé et des perspectives de croissance timides.

Une nouvelle plutôt positive pour l'économie tricolore. La dette publique de la France s'est stabilisée à 111,7% du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre, comme au trimestre précédent, annonce ce vendredi l'Insee. Entre juillet et septembre, la dette a ainsi augmenté de 41,3 milliards d'euros pour atteindre 3.088,2 milliards d'euros.

La hausse de la dette en valeur absolue provient essentiellement de l'augmentation de la dette de l'Etat (+45,3 milliards d'euros). La dette des organismes divers d'administration centrale s'est repliée de 1,3 milliard d'euros, celle des collectivités locales de 1,1 milliard d'euros et celle des administrations de sécurité sociale de 1,6 milliard.

L'institut national de statistiques précise aussi que le niveau d'endettement pour le deuxième trimestre a été revu en légère baisse à 111,7% contre 111,8% annoncés précédemment. Entre avril et juin de cette année, la dette avait augmenté de 34,5 milliards d'euros pour atteindre 3.046,9 milliards d'euros. Néanmoins, en pourcentage, elle était moins élevée que les 112,5% du trimestre précédent (de janvier à mars 2023).

Bataille du gouvernement pour faire des économies

Dans sa loi de programmation des finances publiques fixant la trajectoire budgétaire de la France jusqu'en 2027, adoptée en septembre au Parlement grâce à l'article 49.3 de la Constitution, le gouvernement prévoit de ramener la dette à 108,1% du PIB à cette échéance et le déficit public à 2,7% du PIB, contre 4,9% prévus cette année. Une trajectoire « peu ambitieuse » et basée sur des hypothèses de croissance « optimistes », avait critiqué le Haut conseil des finances publiques (HCFP) lundi 25 septembre.

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Le gouvernement souhaite faire des économies, car l'Etat est confronté à un effet boule de neige sur sa dette qui devrait largement augmenter en valeur l'année prochaine. Bercy compte lever 285 milliards d'euros de dette sur les marchés financiers en 2024. Cela dépasse le précédent record de 270 milliards d'euros en 2023, selon les calculs de l'Agence France Trésor. Jamais la France n'aura autant emprunté que ce qu'elle prévoit de faire l'an prochain pour financer le train de vie de l'Etat.

Car, si les besoins de financements de l'Etat seront moins importants en 2024 qu'en 2023, ce dernier va devoir rembourser des échéances plus élevées : 160,2 milliards en 2024 à comparer avec les 149,6 milliards de l'année 2023. Ainsi, la charge budgétaire de la dette devrait augmenter de 52,2 milliards d'euros en 2024 a indiqué l'AFT.

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La France garde la confiance des marchés

D'autant qu'elle aurait pu encore s'alourdir davantage si la note tricolore avait été dégradée par les agences de notation. Mais vendredi 1er décembre, S&P Global a décidé de maintenir la note de crédit de la France à « AA » assortie toutefois d'une perspective négative. Comme en juin. Avant elle, l'agence Moody's avait, elle aussi, maintenu la note de l'Etat français à Aa2 le 21 octobre, mais avec une perspective « stable ».

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Dette de la France : le gouvernement face au verdict de Standard and Poor's

Cette décision avait réjoui le gouvernement, qui surveille la charge de la dette comme le lait sur le feu, car un abaissement de la note par l'agence S&P aurait eu pour effet d'augmenter les intérêts d'emprunt français auprès des investisseurs. Et ce, alors que son taux à 10 ans est à 2,92% après avoir atteint 3,4% en novembre dernier, soit un plus haut depuis 2012. Ce, dans un contexte de hausse des taux de la Banque centrale européenne qui a porté son principal taux à 4%, quand il était encore négatif début 2022.

Interrogé sur Franceinfo fin novembre, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait ainsi conclu qu'une dégradation de la note de la France aboutirait à jeter encore « des milliards d'euros par la fenêtre » pour payer des intérêts de dette encore possiblement renchéris par les marchés.

Une économie française qui reste fébrile

L'économie française demeure fragile, malgré quelques signes positifs. En témoignent les derniers chiffres de croissance du produit intérieur brut (PIB) illustrant un léger repli (-0,1%) au troisième trimestre 2023.  L'OCDE a d'ailleurs dégradé la prévision de croissance du PIB de la France en 2024 à 0,8% contre 1,2% auparavant. De son côté, le ministre de l'Economie maintient, lui, un objectif de croissance du PIB à 1% en 2023 et 1,4% en 2024.

« Sur l'ensemble de l'année 2023, la France ne s'en sort pas si mal, mais le vent est en train de tourner », commentait fin novembre, à La Tribune Denis Ferrand, économiste et directeur général de Rexecode. « Les entreprises sont de plus en plus prudentes et le marché du travail ralentit », poursuit-il.

Les règles de Maastricht toujours valables

Autre argument en faveur d'une réduction de la dette et du déficit public : les règles établies par le traité européen de Maastricht de 1992 et qui fixaient pour les Etats une limite de dette publique à 60% du PIB et de 3% pour le déficit public intérieur, seront réactivées en 2024. Elles avaient été suspendues depuis la pandémie de Covid-19. Or, en ce qui concerne la dette publique, la France a dépassé le seuil en question à la fin de l'année 2002, pour ne plus jamais repasser en dessous depuis.

Ce mercredi, les ministres des Finances de l'Union européenne sont toutefois tombés d'accord sur un assouplissement des règles budgétaires européennes, qui doit garantir le redressement des finances publiques, sans compromettre les investissements en faveur notamment de la transition verte.

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« Mieux maîtriser » les finances publiques

Invité ce vendredi sur Franceinfo à réagir à ces derniers chiffres de l'Insee, le ministre délégué aux Comptes publics Thomas Cazenave a reconnu la nécessité de « mieux maîtriser » les finances publiques de la France. 

À

grand renfort de milliards, « l'Etat a protégé tout le monde (...) depuis la crise du Covid jusqu'à la crise ukrainienne, la crise de l'énergie », a-t-il fait valoir.

« Est-ce qu'on peut rester avec 5% de déficit, 3.000 milliards de dette? Non », a-t-il tranché, rappelant la volonté du gouvernement de supprimer progressivement le « bouclier tarifaire » déployé par l'exécutif pour modérer l'impact sur les consommateurs de la flambée des prix du gaz et de l'électricité.

(Avec AFP)

latribune.fr

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