France : l'inflation repasse sous les 3%, une première depuis deux ans
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L'inflation a ralenti à +2,9% sur un an au mois de février.
Reuters
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L'inflation a ralenti à +2,9% sur un an au mois de février.
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[Article publié jeudi 29 février 2024 à 9h20, mis à jour à 9h43] Le seuil symbolique des 3% a été franchi. En France, l'inflation a ralenti à +2,9% sur un an au mois de février, après +3,1% en janvier, selon les données provisoires communiquées par l'Institut national de la statistique (Insee) ce jeudi.
Sur un mois, entre janvier et février, les prix ont cependant fortement grimpé de 0,8% après -0,2% en janvier. Ce rebond est dû à la hausse des prix des services, notamment des loyers et des transports, ainsi que de ceux de l'énergie, des produits manufacturés et du tabac, selon l'Insee. Les prix de l'alimentation ont en revanche légèrement diminué sur le mois. L'Insee ne communique pas le détail des évolutions mensuelles dans cette estimation provisoire.
La baisse de l'inflation sur un an, malgré la forte augmentation des prix sur le mois, est due notamment à « des effets de base », précise l'Insee, car les prix avaient fortement augmenté sur un mois en février 2023.
Reste que l'institut a constaté un fort ralentissement des prix des produits manufacturés (+0,3% après +0,7%) et des services (+3,1% après +3,2%). Dans l'alimentation, le ralentissement est spectaculaire pour les prix des produits frais (+0,5% sur un an après +7,9% en janvier et +15% en janvier 2023). En revanche, les prix de l'énergie (+4,4% sur un an en février, après +1,9% en janvier) et du tabac (+18,7% sur un an après +16,8%) augmentent.
Sur un an, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui sert aux comparaisons européennes, augmente de 3,1% en février, après +3,4% en janvier, selon ces données provisoires. Il rebondit de 0,9% sur un mois après -0,2% en janvier. Pour rappel, sur l'ensemble de l'année 2023, l'inflation en France avait ralenti à 4,9% en moyenne après 5,2% en 2022.
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Ces derniers chiffres vont de le sens des dernières prévisions du gouverneur de la Banque de France. François Villeroy de Galhau, indiquait, en effet, à La Tribune Dimanche le 28 janvier dernier, envisager que l'inflation revienne à 2% - l'objectif fixé par les banques centrales, notamment la BCE - d'ici à 2025 au plus tard.
Et d'ajouter qu'« à court terme, la désinflation entraînera une hausse en moyenne du pouvoir d'achat, car les prix augmenteront dorénavant moins vite que les salaires ».
D'autant que la dynamique de désinflation se voit à l'échelle européenne. Dans sa dernière estimation, publiée le 15 février, la Commission européenne a estimé que l'inflation dans la zone euro sera plus faible qu'attendue cette année, à 2,7%, contre 3,2% anticipés jusqu'ici.
La hausse des taux directeurs, passés de 0% début 2022 à 4,25 et 4,75% aujourd'hui, est aussi en partie à l'origine de la baisse de l'inflation, puisqu'elle a rendu plus cher et difficile l'accès au crédit et, in fine, à la consommation. Revers de la médaille de l'inflation et de la hausse des taux, la Commission européenne a nettement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2024 à 0,8%, contre 1,2% anticipé jusqu'ici, après un « faible » début d'année.
Et ce, alors que « l'économie européenne laisse derrière elle une année extrêmement difficile », a reconnu le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni après la publication de la Commission. Avec cet alignement de baisse de l'inflation, qui n'a cependant pas atteint l'objectif de 2% de la BCE, et de baisse de l'activité, la gardienne de l'euro pourrait décider de baisser ses taux directeurs prochainement.
Fin janvier, une semaine après sa réunion mensuelle où elle a décidé de maintenir encore ses taux inchangés, Christine Lagarde, la présidente de la BCE a assuré sur la chaîne américaine CNN que la prochaine évolution des taux serait une baisse. « Il peut y avoir plusieurs pauses mais le prochain mouvement se fera à la baisse », a-t-elle déclaré, en précisant que les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) étaient sur la même ligne « Si nous avons le choix entre augmenter et réduire, ce sera de les réduire », a-t-elle ajouté.
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Mais le 16 février, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a mis en garde contre une inflation qui pourrait mettre plus de temps que prévu à atteindre l'objectif de 2% à cause de la faible production et les hausses de salaires dans la zone euro. « La croissance de la productivité, toujours faible, voire négative depuis peu, exacerbe les effets de la forte croissance actuelle des salaires nominaux sur les coûts unitaires de main-d'œuvre des entreprises », a expliqué la banquière centrale. Par conséquent, « cela augmente le risque que les entreprises répercutent la hausse des coûts salariaux sur les consommateurs, ce qui pourrait retarder le retour de l'inflation à notre objectif de 2% », a-t-elle ajouté.
(Avec AFP)
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