BCE : la crainte d'une inflation résiliente grandit, Schnabel appelle à ne pas baisser les taux « prématurément »
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« La politique monétaire (de la BCE) doit rester restrictive », a déclaré Isabel Schnabel.
Ralph Orlowski
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« La politique monétaire (de la BCE) doit rester restrictive », a déclaré Isabel Schnabel.
Ralph Orlowski
Le message est clair. « La politique monétaire (de la BCE) doit rester restrictive », et il ne faut « pas ajuster prématurément » le niveau des taux, a averti Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, dans un discours à Florence, ce vendredi. L'économiste estime en effet que la zone euro fait face à un véritable problème qui pourrait maintenir l'inflation : le manque de productivité en Europe.
Combinées à une faible productivité, les hausses de salaires pourraient de facto faire grimper les coûts unitaires de main-d'œuvre et donc les prix, avec le risque d'un effet de spirale redoutée par les responsables monétaires.
Mais alors d'où vient cette carence européenne ? Le repli de la productivité en zone euro, en prenant un retard avec les Etats-Unis, tient à la « lenteur de la diffusion technologique », les entreprises de la zone euro n'ayant « pas réussi à profiter de la révolution des technologies de l'information et de la communication (TIC) », a expliqué Isabel Schnabel.
Autre élément, l'investissement public « depuis longtemps faible » dans la région depuis la fin de la crise de la dette souveraine et creusant aussi un écart défavorable avec les États-Unis. « Le nationalisme économique croissant, les menaces qui pèsent sur notre sécurité territoriale et l'écart technologique croissant entre notre économie et d'autres économies avancées rendent encore plus urgents les arguments en faveur d'un renforcement de la compétitivité de la zone euro », conclut l'Allemande.
Elle a salué à ce titre l'accord fin décembre entre les Vingt-Sept sur un assouplissement des règles budgétaires européennes, qui doit garantir le redressement des finances publiques sans compromettre les investissements.
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En attendant de voir si le manque de productivité va provoquer un reflux de l'inflation en zone euro, l'influente membre du directoire prône donc la patience avant d'entamer un cycle de baisse des taux directeurs.
de 0% début 2022 à 4 et 4,75% aujourd'hui
. Mais avec une inflation désormais attendue à 2,7% en 2024, selon les estimations données par la Commission européenne jeudi,la gardienne de l'euro pourrait décider de baisser ses taux directeurs prochainement, après les avoir maintenus plusieurs mois d'affilée à leur niveau le plus haut depuis 1999.
, avait-elle déclaré, en précisant que les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) étaient sur la même ligne «
Si nous avons le choix entre augmenter et réduire, ce sera de les réduire », avait-elle ajouté.
Mais avant d'agir, les gardiens de l'euro voudront être « sûrs que l'inflation reviendra durablement à (l')objectif à moyen terme » a rappelé ce vendredi Isabel Schnabel. Il s'agit d'éviter de devoir « adopter une politique de "stop and go" (sur les taux) semblable à celle des années 1970 », selon elle. Une prudence aussi affichée par Christine Lagarde qui avait affirmé lors de la dernière réunion de la BCE que « nous sommes sur une tendance désinflationniste, cela ne fait aucun doute. Mais nous devons être plus avancés dans le processus pour avoir confiance. »
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Les banquiers centraux jouent aussi la prudence outre-Atlantique alors que les taux directeurs américains se maintiennent entre 5,25 et 5,5%.
« Nous avons besoin de continuer à observer des données favorables avant de pouvoir entamer le processus de réduction du taux des fonds fédéraux », a déclaré mercredi le vice-président de la Fed chargé de la régulation bancaire, Michael Barr, lors d'un discours devant les économistes du National Association of Business Economics (NABE) à Washington.
« Ce serait une erreur de baisser les taux trop tôt ou trop rapidement sans preuve suffisante que l'inflation est sur une trajectoire durable et opportune pour revenir à 2% », avait déjà indiqué, début février, Loretta Mester, présidente de l'antenne de Cleveland de la banque centrale américaine.
Les économistes affirment qu'il faudra du temps pour que l'impact des hausses de taux se répercute sur l'économie réelle. Il faut environ six trimestres, soit un an et demi, pour que le plein effet se manifeste et fasse ralentir l'économie, selon Dan North, économiste pour Allianz Trade Amérique du Nord.
Les perspectives, cette année, restent toutefois positives, avec des réductions des taux d'intérêt à l'horizon et une inflation bien moins forte. Elle a notamment ralenti en janvier aux Etats-Unis, à 3,1% sur un an, selon l'indice CPI. Mais cela a déçu les analystes qui la voyaient tomber sous les 3%.
(Avec AFP)
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