Bayrou poursuit les consultations ce mardi
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François Bayrou se rendra à l'Assemblée nationale ce mardi pour répondre pendant 45 minutes aux questions des présidents de groupe.
Gonzalo Fuentes
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François Bayrou se rendra à l'Assemblée nationale ce mardi pour répondre pendant 45 minutes aux questions des présidents de groupe.
Gonzalo Fuentes
[Article publié le mardi 17 décembre 2024 à 07h10 et mis à jour à 16h49] À quelle échéance le nouveau gouvernement verra-t-il le jour ? Après avoir rencontré l'extrême droite, les centristes, les socialistes et la droite, le nouveau Premier ministre a reçu ce mardi les représentants des écologistes, du MoDem, d'Horizons, de Liot, des communistes, ainsi qu'Éric Ciotti, désormais allié du RN.
Le chef du gouvernement a tenu à recevoir les groupes parlementaires de l'Assemblée nationale « par leur ordre d'importance numérique », laissant à chacun le soin de décider de la composition de sa délégation. En parallèle de ces discussions, François Bayrou et le président Emmanuel Macron ont discuté ce mardi d'une « architecture de démarrage » pour le futur gouvernement, a fait savoir Marc Fesneau, chef de file des députés du MoDem. Il a affirmé que le sommet de l'exécutif prévoit de présenter un nouveau gouvernement « d'ici la fin de semaine ».
Les deux plus hauts responsables de l'État doivent d'ailleurs s'entretenir de nouveau ensemble ce mardi soir, d'après l'entourage du Premier ministre auprès de l'AFP. « J'espère qu'on va réussir à aller vite » et finaliser le gouvernement « dans quelques jours », a fait savoir François Bayrou.
Pour ce qui est de la composition et des « personnalités » que le Premier ministre veut faire entrer au gouvernement, il « a pris un certain nombre de contacts », mais ce n'est « ni du symbolique », « ni du débauchage », a assuré Marc Fesneau.
D'après des sources parlementaires, son intention est de présenter une équipe resserrée d'environ 25 ministres avec des personnalités de gauche, du centre et de droite. Une fois l'exécutif composé, le locataire de Matignon devra prononcer sa déclaration de politique générale devant le Parlement le 14 janvier.
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François Bayrou est en train de « paver peu à peu le chemin de sa propre censure », a taclé de son côté la présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, Cyrielle Chatelain au sortir du bureau du Premier ministre qui « a plus parlé de Pau que de la France ». Il « n'a su répondre clairement à aucune de nos questions. Aucune. Les retraites ? Pas de réponse. Les salaires ? Pas de réponse. La crise climatique et environnementale? Pas de réponse. Et donc, à ce stade, on ressort extrêmement inquiet, déstabilisé par ce rendez-vous. Nous avons face à nous un Premier ministre qui a plus parlé de Pau que de la France », a insisté la députée de l'Isère.
Le président des députés LR, Laurent Wauquiez, a, lui, réclamé une nouvelle rencontre avec François Bayrou, soulignant qu'il y a encore « trop de flou » sur le projet du nouveau Premier ministre et que la participation de son parti au gouvernement n'est donc « pas acquise ».
Déjà la veille, rien de saillant n'est ressorti des premières entrevues, les socialistes, qui ont proposé de renoncer au 49.3 en échange d'une non-censure, sont restés sur leur « faim », même après de longs échanges sur cette disposition. Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN, reçue la première, a salué une « méthode plus positive ». Son prédécesseur à Matignon, Michel Barnier, avait été accusé d'avoir reçu la dirigeante frontiste trop tardivement.
Le nouveau Premier ministre ne s'est pas cantonné à ces consultations ce mardi. Il s'est rendu dans l'après-midi à l'Assemblée nationale pour répondre pendant 45 minutes aux questions des présidents de groupes. Un exercice qu'il a assuré seul, les ministres actuels étant démissionnaires et donc exclus.
Il a été assailli de questions sur la manière dont il entend gravir cet « Himalaya » de défis qu'il a évoqué lors de sa prise de fonctions vendredi. Pour le RN, Laure Lavalette lui a dressé une liste de priorités, demandant notamment le vote d'une « loi d'urgence agricole » avant la fin de l'année. Le socialiste Boris Vallaud a, lui, adressé un « avertissement républicain solennel », en réclamant des réponses sur le budget, les retraites, le pouvoir d'achat ou encore les services publics.
François Bayrou, clamant son « respect » pour tous les députés quel que soit leur camp politique, s'est refusé à détailler ses solutions. « Je ne dissimulerai rien, je ne laisserai rien sans traitement et sans réponse », s'est-il borné à répondre. Il s'est en outre engagé à ne pas laisser « la situation budgétaire sans réponse », alors que l'adoption d'une loi de finances pour 2025 est en jachère depuis la censure de son prédécesseur Michel Barnier. « Je n'ai jamais cru que c'était dans la fiscalité que se trouvait la réponse à tous les problèmes du pays », a-t-il seulement précisé. Il a aussi évoqué les nécessaires « économies », mais sans chiffrer ses intentions.
Le Premier ministre a également été interpellé sur son choix d'aller, la veille, présider le conseil municipal de sa ville de Pau plutôt que de se rendre à Mayotte, dévasté par le passage du cyclone Chido. Il n'a du coup assisté qu'en visioconférence à une réunion de crise sur la situation dans l'archipel de l'océan Indien, ce qui lui vaut de nombreuses critiques ces dernières heures. François Bayrou s'est justifié en invoquant la nécessité de ne pas « séparer la province et le cercle des pouvoirs à Paris », un de ses chevaux de bataille. « Pau, c'est en France (...) J'étais aussi à ma place de citoyen », a-t-il plaidé.
Selon une source parlementaire, cette séance de questions constituait également un moyen « de purger le risque d'inconstitutionnalité » qui pourrait entacher la « loi spéciale », destinée à pallier l'absence de budget si elle était votée lors d'une semaine sans questions au gouvernement.
Cette loi « roue de secours » autorise l'exécutif à prélever l'impôt et à emprunter pour financer l'État et la Sécurité sociale. Les députés se projettent déjà dans un bras de fer budgétaire après les fêtes. Les parlementaires LFI se sont toutefois abstenus, dénonçant l'irrecevabilité par Yaël Braun-Pivet d'amendements visant à indexer le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation.
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L'exécutif pourra engager des dépenses par décret mais devra se contenter du « minimum de crédits » jugé « indispensable pour poursuivre l'exécution des services publics ». Les députés ont néanmoins adopté un amendement pour inscrire dans le texte les prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités. Toutefois, le gouvernement ne pourra « pas augmenter », au-delà « du strict minimum », les budgets de certains ministères comme les Armées, la Justice ou l'Intérieur. Il ne pourra pas non plus procéder à de « nouveaux investissements », « sauf nécessité pour la continuité de la vie nationale ou motif d'urgence caractérisée », a précisé le ministre démissionnaire du Budget Laurent Saint-Martin.
(Avec AFP)
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