Gouvernement, budget... Bayrou commence les consultations
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Le Premier ministre, nouvellement nommé, commence ce lundi à consulter les différences forces politique.
LTD/Eliot Blondet/Abaca
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Le Premier ministre, nouvellement nommé, commence ce lundi à consulter les différences forces politique.
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[Article publié le lundi 16 décembre 2024 à 12h20 et mis à jour à 17h05] Le parcours du combattant commence pour François Bayrou. Le Premier ministre, nouvellement nommé, commence ce lundi à consulter les différentes forces politiques. Il reçoit les groupes parlementaires de l'Assemblée nationale « par leur ordre d'importance » numérique. A eux de décider de la composition de leur délégation, avec ou sans chef de parti. Objectif ? Faire passer, sans majorité, un budget après le gel du précédent par la censure.
D'autant que le temps presse. Le gouvernement Barnier misait sur un déficit public de 6,1% du PIB cette année, et avait construit ses textes budgétaires sur la base d'un déficit public de 5% en 2025, pour revenir sous la limite des 3% tolérée par Bruxelles en 2029.
Première reçue, la présidente du groupe des députés Rassemblement national, Marine Le Pen, accompagnée du chef du parti Jordan Bardella, a salué une « méthode plus positive » que son prédécesseur Michel Barnier, qu'elle avait accusé de la recevoir trop tardivement. Elle a souhaité à cette occasion que le chantier du mode de scrutin à la proportionnelle, revendiqué aussi par François Bayrou, soit engagé « juste après le budget » et associé la proposition de la gauche de ne pas censurer le gouvernement si celui-ci n'utilise plus le 49.3, à des « tractations indignes ».
François Bayrou, qui a tenu à appeler personnellement chaque chef de groupe, s'est entretenu aussi avec Gabriel Attal, à la fois le chef de file des députés macronistes Ensemble pour la République (EPR), et président du parti Renaissance, qui est ressorti sans un mot, le visage fermé.
Ont suivi les chefs de groupe socialistes, Boris Vallaud pour l'Assemblée et Patrick Kanner pour le Sénat, avec le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n'ont pas l'intention d'entrer au gouvernement. Les dirigeants socialistes sont restés sur leur « faim » lors de leur entretien lundi midi. Ils ont « beaucoup parlé du pacte de non-censure » sans que cet échange a été « conclusif ».
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Mais « au stade où nous nous parlons, nous n'avons rien signé. Il n'y a pas d'accord de non-censure. Il y a pour l'instant des gens qui sont en discussion ».
Les Républicains (LR) ont, eux, demandé à François Bayrou « d'éclaircir sa feuille de route » gouvernementale, a indiqué à l'AFP le chef des sénateurs LR, Mathieu Darnaud. Ce dernier a été reçu à Matignon avec Laurent Wauquiez, patron des députés de la Droite républicaine (DR). Il a expliqué avoir fait savoir au Premier ministre que la participation de son parti au gouvernement dépendrait du « retour qui (leur) sera fait ».
La France insoumise, qui a déjà promis la censure, a refusé de son côté de rencontrer le Premier ministre lundi dans ce cadre, par « crainte » selon Jean-Luc Mélenchon « que tout ça soit à nouveau une comédie ».
Les consultations se poursuivront ce mardi, jour où François Bayrou participera aussi à une séance de « questions au Premier ministre » à l'Assemblée nationale, a indiqué une source parlementaire. Ce, en lieu et place des traditionnelles « questions au gouvernement ». Chaque groupe pourra poser une question, si bien que la séance, la première épreuve du feu pour le nouveau chef du gouvernement, durera environ 45 minutes.
L'organisation de cette séance avait été demandée par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lors de sa rencontre samedi avec le nouveau Premier ministre. La conférence des présidents l'a actée ce lundi en début d'après-midi. Selon la source parlementaire, cela pourrait être un « moyen de purger le risque d'inconstitutionnalité » dont pourrait être entachée la loi spéciale si elle était votée lors d'une semaine dépourvue de questions au gouvernement.
Le projet de loi spéciale est d'ailleurs examiné à partir de ce lundi par les députés, faute d'avoir voté le budget 2025 avant que la censure ne fasse tomber le gouvernement de Michel Barnier. Elle doit permettre de lever les impôts, dépenser des crédits sur la base du précédent budget, et autoriser l'État et la Sécurité sociale à emprunter.
Parallèlement à ce planning chargé, François Bayrou peaufine son équipe qu'il veut resserrée et dominée par des « personnalités » d'expérience. Il a, par ailleurs, revu dimanche soir Emmanuel Macron et s'est défini dimanche comme « un Premier ministre de plein exercice et de complémentarité » avec le Président. Ce dernier avait hésité jusqu'à la dernière minute à le nommer.
François Bayrou n'a toutefois pas l'intention de batailler sur les postes régaliens, qui relèvent du domaine dit « réservé », selon une source gouvernementale. Le MoDem détient actuellement le ministère des Affaires étrangères, avec Jean-Noël Barrot. La prochaine question est de savoir si Sébastien Lecornu, un fidèle d'Emmanuel Macron que le chef de l'État a également hésité à nommer à Matignon, souhaite retourner à son poste.
En outre, François Bayrou a reçu vendredi le ministre de l'Intérieur sortant Bruno Retailleau (LR), à qui il a laissé le pilotage de la crise à Mayotte, touché par un cyclone meurtrier, comme un gage de la poursuite de sa mission au gouvernement. Mais le maintien de ce ministre clivant divise. Les socialistes contestent d'abord son projet d'une nouvelle loi immigration. Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a, lui, plaidé pour que soit reconduit son collègue de parti.
L'ancien ministre de l'Industrie Roland Lescure, dont le nom avait circulé pour Matignon, a plaidé lundi sur RTL pour « élargir » à des ministres socialistes. Mais ces derniers menacent d'exclure les prétendants socialistes s'ils entrent dans un gouvernement qui n'est pas de gauche.
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(Avec AFP)
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