"Emmanuel Macron n'a pas réussi en cinq ans à faire reculer le bloc tribunicien qui capte l'électorat populaire" (Frédéric Dabi, IFOP)
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On disait que les Français ne voulaient pas de ce match retour Macron/Le Pen et pourtant les sondages les placent à nouveau en tête du premier tour de la Présidentielle de 2022. Le candidat Macron avait promis en 2017 de « faire reculer les extrêmes ». A-t-il échoué ?
Son objectif n'a à l'évidence pas été atteint. En 2017, le total des voix Mélenchon/Le Pen/Dupont-Aignan/Asselineau était très élevé, à près de 47%. A trois jours du premier tour de 2022, le total Mélenchon/Dupont-Aignan, Zemmour, Le Pen dépasse 50%.
Mélenchon est d'extrême-gauche selon vous ?
On peut remettre en cause cette qualification et l'addition que je viens de faire. Il n'en reste pas moins que le niveau historiquement bas, voire la quasi-disparition des « partis dits de gouvernement », LR et PS, est amplifié en 2022. Et qu'une majorité de Françaises et de Français se tournent vers un vote de colère et pour les extrêmes. Le bloc Macron reste important, plus élevé même qu'en 2017 : c'est le vote de la France qui va bien, mais Emmanuel Macron n'a pas réussi en cinq ans à faire reculer le bloc tribunicien qui capte l'électorat populaire, crispé après deux ans de Covid dans un sentiment général d'être victime de la mondialisation.
Samedi, les Français vont faire leurs courses et dimanche ils vont voter. Enfin, pour celles et ceux, le quart voire le tiers des électeurs semble-t-il, qui ne s'abstiendront pas. Le choc des prix sur le caddie aura-t-il un impact dans les urnes ? On a le sentiment que le thème du pouvoir d'achat, endossé par Marine Le Pen, a pris le dessus même sur les questions sécuritaires ou d'immigration.
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Il est vrai qu'on a observé une mutation récente de la campagne présidentielle vers le pouvoir d'achat, à la faveur de la prise de conscience de l'impact de la guerre en Ukraine sur l'inflation, via en particulier le sujet très sensible des prix des carburants. Cela a pris le pas sur les questions identitaires et migratoires qui avaient fait le succès initial d'un Eric Zemmour face à Marine Le Pen.
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