Grippe : les trois raisons du plan blanc déclenché dans les hôpitaux

La couverture vaccinale contre la grippe est encore trop faible en France et diminue. (photo d'illustration)
Reuters

La couverture vaccinale contre la grippe est encore trop faible en France et diminue. (photo d'illustration)
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Ce vendredi matin, 87 hôpitaux ont déclenché le « plan blanc », a indiqué le ministère de la Santé. Pour rappel, ce dispositif permet de déprogrammer certaines opérations - jugées non-urgentes - ou de rappeler des personnels en congés. Cette décision est la conséquence directe d'une épidémie de grippe. En règle générale, elle dure dix à douze semaines chaque année, l'hiver.
Néanmoins, elle s'est intensifiée début janvier. Résultat, elle provoque des hospitalisations d'un niveau « exceptionnellement élevé » comparé aux saisons précédentes, a observé Santé publique France (SpF). Trois raisons expliquent cette situation.
En ce mois de janvier 2025, les souches de la grippe A (H1N1) et B (Victoria) sont présentes. Or, d'ordinaire, elles se succèdent. En parallèle, une troisième souche monte en puissance, A (H3N2). Ce phénomène renforce la circulation du virus. « Ces virus sont normaux, ils n'ont rien de particulier, nuance le virologue Bruno Lina, interrogé par La Tribune. Il n'y a pas de marqueur de virulence clairement identifié sur ces derniers ». Le spécialiste note que la circulation de la grippe a commencé chez les moins de 15 ans avec le virus B, puis par les adultes de moins de 65 ans, touchés davantage par la grippe H1N1, à l'origine de formes plus graves.
« Il y a autant d'hospitalisations en réanimation dans le groupe des 15-65 ans que chez les plus de 65 ans, ce qui est moins habituel. » Le virus H3N2 a ensuite circulé parmi les personnes âgées, ce dernier étant plus contagieux que les deux autres. Le tout, juste avant la période des fêtes où les contacts ont été nombreux et les gestes barrières plus faibles que lors des années précédentes.
Le virologue estime que la France traverse actuellement le haut de la vague de grippe, mais difficile de savoir si le pic est atteint. « Les modèles mathématiques anticipaient le pic cette semaine, mais manifestement, ce sera peut-être la semaine prochaine, car la période des fêtes est difficile à intégrer dans les modélisations », a-t-il expliqué.
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Cette année encore, la vaccination contre la grippe n'est pas optimale. Dans une note parue fin avril, Santé publique France notait même qu'elle « est en diminution ces dernières saisons ». « Elle est estimée à 54% chez les 65 ans et plus lors de la saison 2023-2024, soit une baisse de 2,2 points par rapport à la saison précédente », précise-t-on. « La campagne de vaccination a démarré très difficilement », a renchéri Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.
La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé la vaccination à l'ensemble des enfants âgés de 2 à 17 ans en février dernier. Deux bénéfices à cela : alléger les services pédiatriques et limiter la propagation du virus, les enfants étant le premier réservoir de contaminations aux personnes âgées. Autre raison à la propagation importante du virus : les gestes barrières se font plus rares. Plus de quatre Français sur dix déclaraient ne jamais porter de masque, même en cas de symptômes, selon une étude SpF publiée mi-octobre.
Même son de cloche du côté des soignants, premiers exposés aux épidémies. Il y a quelques semaines, la HAS relevait qu'un peu moins de 20% des établissements de santé ont au moins 30% de leur personnel vacciné en France, selon un rapport de la HAS sur la qualité des soins en France en 2024. Or, l'Organisation mondiale de la santé et les autorités françaises recommandent qu'au moins 75% des professionnels de santé soient vaccinés contre la grippe.
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L'agence a également relevé une baisse importante de certaines mesures d'hygiène dans les hôpitaux, en particulier l'utilisation du gel hydroalcoolique. Sa consommation par établissement est attendue autour des 100%. Or, elle se situe à 79%, en baisse de 3 points par rapport à 2023 et de 16 points par rapport à 2022. « La baisse de cet indicateur depuis 2021 s'explique certainement par le relâchement des mesures à l'issue de la crise sanitaire, est-il noté dans le rapport. Une progression rapide est attendue par la HAS sur ce point et des actions sur le terrain doivent être renforcées. »
(Avec AFP)