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Guerre en Ukraine : l'Assemblée nationale apporte son soutien à Kiev face à la Russie

latribune.fr

Publié le 12 mars 2024 à 20:01 - Mis à jour le 12 mars 2024 à 20:15

Le chef du gouvernement doit présenter l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février, ce mardi devant les députés.

Le chef du gouvernement doit présenter l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février, ce mardi devant les députés.

SARAH MEYSSONNIER

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Après un discours fleuve du Premier ministre Gabriel Attal, le vote des députés a approuvé le soutien de la France à l'Ukraine envahie par la Russie. Les oppositions ont vivement critiqué le risque d'engrenage avec une entrée en guerre de la France aux côtés de l'Ukraine. Emmanuel Macron s'exprimera jeudi soir dans les journaux télévisés.

[Article publié mardi 12 mars 2024 à 11h47, mis à jour à 20h55]

Le conflit russo-ukrainien fait désormais partie de la vie politique française. L'Assemblée nationale a apporté mardi soir un large soutien à l'accord de sécurité entre Paris et Kiev, malgré l'abstention du RN et l'opposition de LFI et des communistes, lors d'un vote non contraignant.

Après de longs débats, 372 députés ont voté pour et 99 contre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet à l'issue du scrutin.

Les partis d'opposition se sont succédés à la tribune de l'hémicycle. La France Insoumise dénonçant un « simulacre » de débats tandis que le rôle de la France est déjà engagé aux côtés de l'Ukraine.

Dans la foulée de ce vote, le président Emmanuel Macron s'exprimera « sur le soutien de la France à l'Ukraine » dans le journal de 20 heures de TF1 et France 2 jeudi, ont annoncé mardi les deux chaînes.

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Des milliards d'euros en jeu

Dans sa déclaration de cet après-midi, le chef du gouvernement a présenté l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février. Conclu pour une durée de dix ans, il comprend un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l'artillerie et de la défense aérienne.

De plus, l'exécutif a promis de fournir, en 2024, « jusqu'à 3 milliards d'euros de soutien supplémentaire », un financement que pourraient interroger les oppositions alors que le gouvernement vient d'annoncer une série de coupes budgétaires. « Notre sécurité a un prix », répond le ministre des Armées Sébastien Lecornu dans Le Parisien.

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«Ces 3 milliards ne sont pas un chèque à l'Ukraine. Ils correspondent à la valeur maximale de notre aide militaire en 2024, notamment aux commandes passées auprès de nos industries de défense françaises. L'économie française en bénéficiera donc», insiste-t-il.

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Avec ce vote, les macronistes espéraient pointer du doigt les « ambiguïtés » du RN et de LFI à l'égard de la Russie.

Gabriel Attal a donné le ton samedi lors du premier meeting de campagne du camp présidentiel aux Européennes, en multipliant les attaques contre « le clan Le Pen », accusé de « faiblesses » et de « mollesses » face à la Russie de Vladimir Poutine.

« Ces procès en russophilie (sont) là pour détourner les électeurs des vrais enjeux », a répondu le RN Sébastien Chenu, dont le parti caracole dans les sondages, avec plus d'une dizaine de points d'avance sur la candidate macroniste, Valérie Hayer.

Le groupe de Marine Le Pen s'est abstenu lors du vote, a annoncé son président Jordan Bardella, évoquant des « lignes rouges » parmi lesquelles l'envoi de troupes au sol et l'adhésion possible de l'Ukraine à l'Otan et à l'Union européenne.

De son côté, LFI a d'ores et déjà annoncé que ses députés voteront contre ce mardi. Le groupe affirme ainsi voter « contre la guerre » et « contre l'élargissement de l'Otan et de l'Union européenne » à l'Ukraine, revendiquant leurs divergences avec les socialistes, qui soutiendront de leur côté l'accord de sécurité scellé entre Paris et Kiev.

Macron critiqué pour ses propos sur l'envoi de troupes françaises

Car à trois mois du scrutin européen du 9 juin, l'aide à l'Ukraine est devenue un des thèmes clés de la campagne, particulièrement depuis les propos d'Emmanuel Macron qui a affirmé le 7 mars ne mettre « aucune limite » dans le soutien à Kiev.

Il avait ainsi estimé, le 26 février, que l'envoi, à l'avenir, de troupes occidentales ne devait pas « être exclu », afin de bien signifier à Vladimir Poutine que tout sera fait pour qu'il perde cette guerre. Le 5 mars, en déplacement à Prague, le président a réaffirmé ses propos : « Si chaque jour nous expliquons quelles sont nos limites » face au président russe qui, lui, « n'en a aucune », « je peux déjà vous dire que l'esprit de défaite est là qui rôde », a-t-il répliqué.

Mais l'opposition ne voit pas la situation d'un très bon œil. « Ces propos sont une folie totale. Et je suis très inquiet de voir que le président de la République les a maintenus » en recevant les chefs de partis à l'Elysée, a réagi la semaine dernière auprès de l'AFP l'Insoumis Manuel Bompard, qui accuse Emmanuel Macron de devenir le « leader du camp de la guerre ». Chez les communistes, le secrétaire national Fabien Roussel a assuré que son groupe voterait contre « si le discours du Premier ministre reprend les éléments qu'il y a dans le traité » franco-ukrainien. L'évocation de l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan est une « provocation », estime-t-il.

La division est également de mise à gauche. La tête de liste du PS pour les élections européennes, Raphaël Glucksmann, juge le « débat utile (pour) clarifier les lignes des uns et des autres », et appelle « tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à la sécurité de l'Europe à voter cet accord ». « On est favorable à l'accord. Mais notre vote dépendra de la déclaration de Gabriel Attal », nuance le groupe socialiste.

« Notre ligne est claire : pour le soutien à l'Ukraine, pour la livraison d'armes, pour l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne, contre tout envoi de troupes au sol », a affirmé de son côté la cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain.

La mise en place de cette idée ne devrait cependant pas être pour tout de suite. « L'avancée de la Russie a été stoppée » et la situation est « bien meilleure » sur le front, a déclaré lundi à BFMTV et au quotidien Le Monde le président ukrainien, estimant que « tant que l'Ukraine tient, l'armée française peut rester sur le territoire français ». « Vos enfants ne vont pas mourir en Ukraine », a par ailleurs poursuivi le président ukrainien, assurant que l'envoi de troupes étrangères n'était pour l'heure pas nécessaire. Volodymyr Zelensky a toutefois plaidé pour l'envoi de « personnel technique

 » pour «

 la coproduction 

» de canons Caesar français ou de chars Leopard allemand et pour « 

l'entraînement

 ».

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Aux Etats-Unis, 300 millions de dollars d'aides au lieu de... 61 milliards d'euros

L'aide de la France est très attendue par l'Ukraine puisque le soutien international commence à fléchir, notamment Outre-atlantique.

Les Etats-Unis ont finalement annoncé mardi une nouvelle aide militaire de 300 millions de dollars à l'Ukraine, bien loin de la grande enveloppe réclamée par le président Biden, toujours bloquée au Congrès.

L'aide comprend notamment des missiles antiaériens, des munitions et des obus d'artillerie et répond à « certains besoins urgents de l'Ukraine », a souligné Jake Sullivan, conseiller du président américain Joe Biden.

« C'est une aide relativement modeste, destinée à donner à l'Ukraine le minimum nécessaire pour une courte période », a indiqué un haut responsable américain.

Elle est financée grâce à une réévaluation comptable du Pentagone.

« Nous avons réalisé des économies qui nous permettront de financer cette nouvelle aide", a expliqué le responsable, précisant que la situation était "plutôt exceptionnelle », et ne se substituait pas à la validation de fonds par le Congrès américain.

De loin le premier soutien militaire à l'Ukraine, les Etats-Unis butent en effet depuis des mois sur l'envoi d'une nouvelle enveloppe de 60 milliards de dollars à Kiev, bloquée par des parlementaires républicains.

Le texte réclamé par le président Biden, qui comprend également des fonds pour Israël et Taïwan, a été approuvé mi-février par le Sénat.

Mais son adoption finale est toujours suspendue au bon vouloir des partisans de Donald Trump à la Chambre - qui refusent en l'état d'examiner le texte.

(Avec AFP)

latribune.fr

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