Heures supplémentaires, primes, CSG : quel bilan pour les mesures "d'urgence" post-gilets jaunes ?

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(Crédits : Reuters)
Prime d'activité élargie, heures supplémentaires défiscalisées, prime exceptionnelle pour les salariés reconduite, remboursement de la CSG à certains retraités: un an après, quel bilan pour les quatre mesures d'urgence "économiques et sociales" votées fin 2018 pour répondre à la colère des "gilets jaunes" ?
  • Prime d'activité

En annonçant l'élargissement et la revalorisation de la prime d'activité, le gouvernement entendait honorer la promesse d'Emmanuel Macron d'augmenter de 100 euros le revenu des personnes au niveau du Smic. Coup de pouce aux travailleurs modestes, cette prime a été revalorisée au 1er janvier 2019 de 90 euros mensuels (maximum, selon les critères) et ses conditions d'éligibilité ont été élargies.

Désormais versée à 4,1 millions de foyers, la prime d'activité bénéficie depuis sa réforme à 1,2 million personnes en plus, dont 500.000 qui n'auraient pas pu y prétendre auparavant. De 5,6 milliards d'euros en 2018, son budget va bondir à 8,8 milliards d'euros fin 2019, soit "trois milliards d'euros de pouvoir d'achat redonnés aux actifs modestes en 2019", selon le gouvernement.

Lire aussi : Roland Lescure (LREM) et Samuel Cette (CPME) : combien la crise des Gilets Jaunes a coûté à l'économie ?

Le budget 2020 prévoit sa revalorisation de 0,3%. La prime d'activité a néanmoins vocation à se fondre avec d'autres prestations dans le futur revenu universel d'activité (RUA), promis par Emmanuel Macron, qui doit donner lieu à un projet de loi en 2020 et une mise en œuvre d'ici 2023.

  • Prime exceptionnelle pour les salariés

Autre mesure pour "répondre à la problématique du pouvoir d'achat", il a été permis aux entreprises de verser, pour les salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros par mois, une prime exceptionnelle pouvant aller jusqu'à 1.000 euros, sans cotisations sociales, ni impôts. Entre le 10 décembre et le 31 mars, quelque 5 millions de salariés ont reçu de leur employeur ce bonus d'un montant moyen de 400 euros.

Au total, 2,2 milliards d'euros de primes ont été versés dans 408.000 établissements, soit 20% des entreprises, à un quart des salariés du secteur privé. Environ 30% étaient du montant maximum, 1.000 euros. Le gouvernement a décidé de reconduire en 2020 ce dispositif. Les primes exceptionnelles seront de nouveau exonérées de cotisations sociales et de prélèvements fiscaux, mais cette fois sous condition de conclusion d'accords d'intéressement pour les salariés.

  • CSG en baisse pour les retraités modestes

Pour une partie des retraités modestes, très fortement mobilisés, le gouvernement a décidé d'annuler la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée), de 6,6% à 8,3%. Ce rétablissement a profité aux célibataires dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 22.580 euros et aux couples en-deçà de 34.636 euros.

Sur les plus de 16 millions de retraités, environ cinq millions ont ainsi été remboursés au printemps de leurs indus du début d'année. Cette annulation représente 1,3 milliard d'euros par an.

  • Heures supplémentaires défiscalisées

Retour du "travailler plus, pour gagner plus": l'exécutif prévoyait déjà de supprimer au 1er septembre 2019 les cotisations salariales sur les heures supplémentaires. Face à la crise des "gilets jaunes", la date a finalement été avancée au 1er janvier. Les sommes perçues sont en outre exonérées d'impôt sur le revenu jusqu'à 5.000 euros nets par an et par conséquent exclues du calcul du prélèvement à la source. Tous les salariés, y compris les fonctionnaires, peuvent bénéficier de ce dispositif qui procurera, selon le gouvernement, trois milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaires aux employés.

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a écrit le 02/11/2019 à 12:03 :
Macron et sa bande a racketté les vieux pour gaver sa caste . C'est un voleur
a écrit le 31/10/2019 à 16:25 :
ON PEUT noter beaucoup d'injustice seulement 30 % des salaries ont bénéficie
des ces avantages MAIS LES AUTRES ils seront bon pour payer les dettes donc une perte de pouvoir d'achat ,,,,,!!!!!

Nouvelle assurance chomage ,, Là encore beaucoup d'injustice !!!!!!!!T/out le monde sait que le deficit est du aux intermittants du spectacle mais ils ont les medias donc on y touche pas!
a écrit le 31/10/2019 à 15:59 :
On peut rappeler que les HS bien que defiscalisées doivent être inscrite dans le revenu fiscal de référence lors de la déclaration de revenu :

Et le revenu fiscal de référence sert à déterminer le droit à des exonérations et/ou des réductions d'impôts et taxes comme l'impôt sur le revenu ou les impôts locaux. Il sert également de référence pour l'accès au LEP (livret d'épargne populaire), pour le taux de CSG pour les retraités, pour l'attribution d'un logement HLM ou encore des chèques-vacances ,le tarif des cantines scolaires, des centres de loisirs etc...
Pour résumer en faisant ces HS qui sont une demande de l'employeur et non du salarié contrairement a ce que certains laisse entendre ,celui-ci peut donc perdre plus que ce qui l'a gagné en HS qui je le rappel son obligatoire en cas de demande de l'employeur (sauf dérogation exceptionnelle) et considérée comme faute en cas de refus du salarié.le choix pour le salarié est donc limité.
a écrit le 31/10/2019 à 15:42 :
"Environ 30% étaient du montant maximum, 1.000 euros".

Cela m'étonnerait que les salariés concernés souhaitent avoir un accord d'interressement à la place toujours très aléatoires ,moins interessant en particulier pour les petits qui touchent ces 1000€ et qui en plus ne sera pas exonérées de cotisations sociales ni de prélèvements fiscaux comme cette prime.Mais bon ce sera un bon moyen pour l'employeur de ne plus donner cette prime.
a écrit le 31/10/2019 à 13:40 :
En parlant d'heure supp :

C'est "un effort sans précédent du gouvernement". C'est en ces termes que le ministre de l'Intérieur a évoqué le paiement aux policiers de près de 3,5 millions d'heures supplémentaires d'ici fin 2019 pour un montant total de 50 millions d'euros.On peut rappeler que rien qu'en 2018, 23 millions d’heures supplémentaires.ont été effectuées.
a écrit le 31/10/2019 à 11:20 :
Macron a dépensé 25 milliards d'euros pour calmer la demande sociale. Les caisses sont vides , aucune importance pour notre président, on va encore augmenter la dette .
2300 milliards, pratiquement 100 % du PIB,. Même chose avec la suppression de la TH,elle n'est pas financée et personne ne sait comment les collectivités locales vont équilibrer leur budget.
Réponse de le 31/10/2019 à 21:45 :
L état à ramasser 60 millards des taxes t’abat et des produits du pétrole ils en reste ?
a écrit le 31/10/2019 à 10:37 :
Comme si le dumping fiscal et social offert aux mégas riches ne suffisait pas en plus l'état subventionne les salaires qu'ils sont incapables d'assumer.

le déclin c'est long surtout vers la fin...

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