Immobilier : quand l'embellie va-t-elle s'arrêter  ?

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La reprise de l’immobilier en France devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2017.
La reprise de l’immobilier en France devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2017. (Crédits : CC0 Public Domain)
Le marché de l'immobilier en France reste très dynamique. Il n'y a pas d'attentisme lié à la tenue de l'élection présidentielle.

Mois après mois, les chiffres du marché de l'immobilier en France s'améliorent. Le nombre de ventes de logements anciens continue notamment de croître avec, à la fin février 2017, 867.000 ventes sur les douze derniers mois, soit une hausse de 7,7 % sur un an, selon les chiffres des notaires publiés ce mardi. Ce niveau dépasse donc le précédent point haut de 837.000 transactions en mai 2006. Ces bons chiffres sont toutefois à mettre en perspective avec la taille du parc de logements qui s'est étendu depuis le début du siècle. Ainsi, selon les notaires, il faudrait en fait plus de 940.000 transactions sur 12 mois pour avoir un taux de rotation record sur le marché immobilier français. Il n'empêche, le climat des affaires est très bon pour les entreprises du secteur. D'autant que dans le neuf, le nombre de mises en chantier atteint également 387.000 sur douze mois, en hausse de 13 % sur un an. On est donc bien loin des positions attentistes parfois liées à la tenue d'une élection présidentielle.

Les taux bas favorisent la reprise

Plus globalement, la hausse constante de l'activité immobilière depuis 2015 montre que le marché « a acquis une fluidité affirmée en matière de volumes », se réjouissent les notaires. Bien évidemment, le niveau bas des taux d'intérêt nominaux de crédits immobiliers est en grand partie responsable de la bonne tenue du marché, même si ceux‑ci effectuent une lente remontée depuis novembre 2016. Les chiffres des crédits à l'habitat accordés ont d'ailleurs battu des records en janvier et en février : respectivement 37 milliards et 32,6 milliards d'euros de crédits à l'habitat ont été octroyés par les banques, dont près de 60 % de renégociations, tout de même. En parallèle, l'Etat continue de soutenir le secteur grâce au prêt à taux zéro (PTZ) élargi et à l'avantage fiscal Pinel destiné aux investissements locatifs dans le neuf. Enfin, il semble que les signes de frémissement de la hausse des taux de crédit ne sont « pas étrangers aux décisions des ménages de s'engager dans un achat déjà en perspective mais demeuré jusqu'alors en suspens », indiquent les notaires.

Baisse des défaillances

Que des bonnes nouvelles pour les entreprises du secteur. L'assureur-crédit Coface a ainsi indiqué que les défaillances d'entreprises devraient continuer à diminuer en 2017 dans le secteur de la construction. Coface table sur une baisse des défaillances d'entreprises de 7,7% cette année, après un recul de 6,8% en 2016, où la tendance a commencé à s'inverser Tirée par les ventes de logements neufs, cette reprise est principalement due au fait que la capacité d'achat des ménages « n'a jamais été aussi élevée depuis 2003 », selon la Coface. Tous les voyants sont donc au vert. Mais il reste néanmoins des incertitudes : celle de l'ampleur à venir de la remontée des taux, notamment, qui s'est enclenchée depuis la fin de l'année 2016, « pourrait à terme contraindre les perspectives d'achat des ménages si elle se poursuit », avertit la Coface.

Reprise éphémère

Mais d'autres facteurs pourraient aussi freiner la reprise du secteur. Le niveau élevé des prix des logements, par exemple, qui resteraient surévalués de 27% en France, soit le cinquième pays le plus cher relativement à la moyenne des prix immobiliers sur le long terme, d'après l'OCDE. Les derniers chiffres des notaires montrent d'ailleurs que les prix de l'immobilier continuent de croître. Le prix médian des appartements augmente ainsi dans toutes les grandes villes de France à l'exception de Toulouse (-1,5%) et Marseille (-1,3%). Plus globalement, les prix des logements anciens ont continué d'augmenter au quatrième trimestre 2016, de 0,5 % par rapport au trimestre précédent, et de 1,7 % sur un an selon l'indice Notaires de France-Insee. La hausse étant de 1,9% pour les appartements et d'1,5% pour les maisons. A l'avenir, la Coface anticipe donc une baisse des capacités d'achat d'un ménage au revenu moyen de l'ordre de 18 mètre carré entre 2016 et 2018, ce qui les ramènerait à leur niveau de 2012. Pas sûr, donc, que la reprise se pérennise lors des prochaines années.

(Avec AFP)

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a écrit le 26/04/2017 à 16:51 :
La reéalité c'est que autou de moi aux âges de 30 ans, des couples avec ou sans enfants, personne n'a les moyens d'habiter une maison en ile de France. Pourtant mes parents eux, dans les années 90 ils achetaient tranquillement un pavillon de 90 m² en ile de france à 80 000 € neuf en étant issu de la classe ouvriere - semi moyenne.
Le constat est là il y a une arnaque générationelle !
a écrit le 26/04/2017 à 10:10 :
"Reprise éphémère" parce que le secteur n'a toujours rien compris.
A peine la reprise enclenchée, comme toujours, chacun va essayer d'en profiter à l'excès, donc les prix vont augmenter rapidement, trop rapidement, et casser la dynamique.
La raison est simple, l'immobilier en France est trop cher, à comparer avec les nations non émergentes les plus dynamiques dans ce secteur.
Quel est le ratio pouvoir d'achat / cout immobilier, en France, à comparer à l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, Hong Kong ou Singapour.....?
......
Le secteur immobilier sait très bien se tirer une balle dans le pied.
C'est une habitude chronique à chaque reprise économique du secteur, y'a pas de raison que cela change !
Puisque le secteur n'est pas réglementé !
Les allemands ont un pouvoir d'achat supérieur au notre et des prix immobiliers plus bas.
Ces prix français trop élevés nuisent à la création d'emplois, puisqu'ils nuisent à la mobilité salariale, et à l'acquisition de locaux ou de terrains pour entreprendre une activité.
a écrit le 25/04/2017 à 21:09 :
Quand les taux vont remonter. deux possibilité pour une hausse, une croissance qui s'améliore dans le monde. Peu probable mais amélioration en cours.
Autre scénario , une crise internationale , un Trump en délire, un conflit en Corée.
Plus vraisemblable.
Pour le moment, il faut en profiter, allez à la banque et emprunter.
Réponse de le 26/04/2017 à 9:26 :
Vous avez lu l article ?
Des prix surevalue de 27 %, le 5eme pays le plus surevalué ?
C est surement pas le moment d acheter, et surtout pas a credit !
Car si vous achetez a 100 quelque chose qui vaut 83 c est deja pas une bonne affaire. Mais si en plus vous avez fait un credit (disons 10 d apport et 90 de credit) vous allez vous retourver en negative quity : vous devez 95 pour quelque chose qui vaut 83 (soit -12) et tout votre apport perso est parti en fumée :-(
Super operation !!!!
Réponse de le 26/04/2017 à 10:20 :
Bien sûr que c'est le moment d'emprunter. Les taux sont encore extrêmement bas et quand l'inflation va repartir, elle va "avaler" le taux d'emprunt. De plus, quand ce n'est pas le moment de vendre, c'est celui de louer. A l'heure actuelle, vous pouvez rembourser un emprunt entièrement payé par le locataire. Et en plus, vous déduisez vos intérêts d'emprunt. Alors oui c'est le bon moment pour acheter. En plus, à quoi sert une épargne qui ne rapporte rien? Avec l'augmentation de la CSG, cela va devenir inintéressant d'avoir de l'argent en banque.
Réponse de le 26/04/2017 à 10:59 :
Nous ne sommes plus dans les annees 70 ou l inflation rabotait les mensualites et les salaires suivaient l inflation.
Outre qu il est douteux qu on ait une inflation forte en France (pression concurrentielle et BCE exigent) mais il est encore plus douteux que les salaires suivent l inflation (vu le taux de chomage)

Si vous achetez pour louer, il faut pas oublier que le budget de vos locataire est lui aussi contraint. A partir d un loyer il ne pourra plus payer ou vous aurez au moins de longues periodes pour en trouver un autre (suaf dans des grandes villes ou le sprix sont encore plus sureavlues donc donc encore plus de risque de pertes). Et pour ceux qui font de la defiscalisation, il ne doivent pas oublier qu a la revente ils vont se retourver avec plein d autres deficaliseur qui vont vouloir revendre en meme temps -> chute des prix

Le seul point ou vous avez raison, c est sur le fait que laisser son argent sur un compte a banque ne rapporte rien. Il est d ailleurs economiquement plus souhaitable qu il soit investi dans l industrie via des actions. Mais au moins sur un compte bancaire vous ne risquez pas de perte contrairement a un echat immobilier a des prix surrevalues
Réponse de le 26/04/2017 à 16:22 :
@Nadia: t'as l'air d'avoir un sérieux compte en banque. On se voit quand :-)
a écrit le 25/04/2017 à 18:22 :
Avec la poursuite du matraquage fiscal , l'arrêt des aides aux primo accédants, la remontée des taux de crédit et l'élection de Mr Macron...

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