Incendies et explosion devant la synagogue de La Grande-Motte
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(Photo d'illustration).
Reuters
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[Article publié le samedi 24 août 2024 à 11h14 et mis à jour à 14h45] Le Premier ministre Gabriel Attal se rendra samedi après-midi avec Gérald Darmanin à la synagogue de la Grande-Motte (Hérault), après l'incendie de véhicules suivi d'une explosion. Une protection renforcée devant les lieux de cultes juifs a été annoncée par l'exécutif. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi de l'enquête.
« Une attaque a visé la synagogue de La Grande Motte ce matin. Un acte antisémite. Une fois de plus, nos concitoyens juifs sont pris pour cible (...). J'ai été informé que le Parquet national antiterroriste s'était saisi de l'enquête. Les forces de sécurité traquent actuellement le suspect », a écrit Gabriel Attal sur X. Le parquet a confié l'enquête à la sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire pour tentative d'assassinats terroristes, selon une source proche de l'enquête.
« A l'intérieur de la synagogue, se trouvaient cinq personnes dont le rabbin, qui n'ont pas été blessées », a précisé dans un communiqué le parquet, qui rappelle que « les investigations se poursuivent activement afin de permettre l'interpellation du ou des auteurs des faits ».
Dans le détail, au moins deux voitures, dont l'une contenant une bouteille de gaz, ont été incendiées ce samedi matin devant la synagogue de La Grande-Motte, causant une explosion qui a blessé un policier municipal. Stéphan Rossignol, les caméras de surveillance de la ville ont capté les images d'un individu en train d'incendier les véhicules devant la synagogue Beth Yaacov. Selon une source à la gendarmerie, deux portes de l'édifice religieux ont été endommagées par le sinistre.
Un homme filmé par la vidéosurveillance de quitter les lieux après l'incendie et l'explosion devant l'édifice religieux juif arborait un drapeau palestinien, a-t-on appris samedi de source proche de l'enquête, confirmant une information de BFMTV. La caméra de vidéosurveillance montre notamment, selon une autre source proche du dossier, cet homme avec en main des bouteilles vides et ceint d'un drapeau palestinien autour de la taille.
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Sur l'une des images de la vidéosurveillance, on distingue, mais pas nettement, une arme, qui pourrait être un 9 mm, a-t-on ajouté. Le suspect a quitté les lieux à pied. Les pompiers, appelés sur place, ont alerté la gendarmerie vers 08h30. Le maire la ville, Stéphan Rossignol, a indiqué à l'AFP qu'un policier municipal venu sur les lieux de l'incendie d'au moins deux véhicules a été blessé, sans plus d'indications sur son état de santé.
Le parquet national anti-terroriste a indiqué à l'AFP être « en lien avec le parquet de Montpellier sur cette affaire, pour laquelle nous sommes en évaluation ».
Le ministre de l'Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, a dénoncé sur le réseau social X un « acte manifestement criminel ».
Le président du Crif Yonathan Arfi a dénoncé « avec force une tentative de tuer des Juifs », a-t-il réagi auprès de l'AFP samedi. « L'emploi d'une bonbonne de gaz dans une voiture à l'heure à laquelle on pense que des fidèles arrivent dans une synagogue, ce n'est pas simplement un incendie criminel, pas s'en prendre simplement à un bâtiment, un lieu de culte, c'est la volonté de tuer », a-t-il déploré.
Selon le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, « il faut traiter cette affaire comme un passage à l'acte pour s'en prendre à la vie de fidèles et pas simplement à un bâtiment comme on avait pu le voir à Rouen ». En mai, la synagogue de Rouen avait été incendiée à l'aube par un homme ensuite abattu par la police.
Il a jugé « adaptées et indispensables » les annonces faites samedi matin par Gérard Darmanin de renforcer la présence des forces de l'ordre devant les lieux de culte juifs, appelant aussi à protéger les « lieux de vie juive », pour que « les Juifs de France puissent vivre sereinement comme tous les autres Français ».
Pour Yonathan Arfi, l'acte de samedi « s'inscrit dans la continuité des attentats antisémites que notre pays a connu par le passé ». Les actes antisémites ont quasiment triplé depuis le début de l'année, avec « 887 faits » recensés au premier semestre, a indiqué le 9 août le ministre démissionnaire de l'Intérieur Gérald Darmanin, alors qu'ils étaient 304 au cours de la même période en 2023.
En 2023, le nombre de faits antisémites a explosé en France selon le ministère de l'Intérieur qui en a recensé 1.676, « soit quatre fois plus qu'en 2022 ».
L'attaque a suscité de nombreuses réactions politiques. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dont le mouvement a été accusé par ses adversaires politiques d'attiser l'antisémitisme, ce dont il se défend, a dénoncé sur X un « intolérable crime ».
« L'antisémitisme grandit en France et il vient encore de frapper à La Grande-Motte », a accusé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. De son côté, le leader de Place publique Raphaël Glucksmann dénonce lui « le fléau de l'antisémitisme, que nous devons combattre ensemble sans la moindre faiblesse ».
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La cheffe de file des députés du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé des « attaques inacceptables et inqualifiables (...), conséquence de la montée de l'antisémitisme qui se répand dans notre pays », le patron du parti Jordan Bardella fustigeant lui "un acte criminel et antisémite".
(Avec AFP)
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