Inégalités salariales femmes-hommes : pas ou peu d'amélioration chez les cadres
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Lorsque l’on s’attarde sur les rémunérations médianes, c’est même pire : l'écart de salaire est en réalité de 12% (photo d'illustration).
Hannibal Hanschke
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Lorsque l’on s’attarde sur les rémunérations médianes, c’est même pire : l'écart de salaire est en réalité de 12% (photo d'illustration).
Hannibal Hanschke
Ce n'est pas nouveau, ni une surprise : les hommes cadres ont un meilleur salaire que leurs collègues femmes. Cette différence, à poste et profil identique, s'était réduite de 8,5% à 7,1% entre 2015 et 2019 (-1,4 point). Mais n'a que très peu diminué depuis puisqu'elle atteint toujours 6,9% en 2024, selon le dernier baromètre annuel de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 14.000 cadres.
En outre, les hommes occupant davantage que les femmes des postes plus élevés dans la hiérarchie des entreprises, l'écart de salaire est en réalité de 12%. Et cette discrimination croît avec l'âge : la différence de salaire est limitée à 2% chez les moins de 35 ans mais atteint 21% chez les 55 ans et plus.
La France compte en effet en moyenne seulement 27% de femmes dans les équipes de direction de ses entreprises, selon l'édition 2024 de l'étude annuelle de l'organisation Equileap. « Seules 10 entreprises françaises » ont une femme au poste de PDG, « dont trois dans le CAC40 », l'indice phare de la Bourse de Paris - Catherine MacGregor chez Engie, Christel Heydemann chez Orange et Estelle Brachlianoff chez Veolia -, précise l'étude. En outre, « 19 entreprises » à peine ont une femme directrice financière.
Dans ce contexte, près de la moitié des femmes cadres (49%) éprouvent « un sentiment d'injustice » quant à leur rémunération, contre 40% des hommes, d'après un précédent sondage de l'Apec datant de la fin d'année dernière.
Cette différence de salaire n'est (malheureusement) pas propre aux femmes cadres. À poste comparable, une femme gagne 4% de moins qu'un homme, d'après une étude de l'Insee publiée en mars et menée dans le secteur privé. L'écart atteint même près de 15% à temps de travail égal et plus de 23% lorsque l'on regarde le revenu salarial moyen.
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Outre le salaire, c'est plus globalement dans l'ensemble des carrières que des différences s'observent entre les cadres femmes et hommes. Ainsi, plus d'un tiers (35%) des femmes cadres estiment avoir été freinées dans leur vie professionnelle au cours des cinq dernières années du fait d'être une femme, selon une précédente enquête réalisée par l'Apec auprès d'un échantillon de 2.000 cadres du secteur privé.
Notamment par le congé maternité. En effet, les trois quarts des femmes cadres ayant eu des enfants considèrent que le congé maternité ralentit la progression hiérarchique des femmes « pendant plusieurs années », selon une précédente étude de l'Apec publiée en février. « La maternité reste généralement perçue comme un contretemps dans la relation de la femme cadre avec son employeur », relevait l'association.
Et cela ne se limite pas seulement à la période maquant l'arrivée du bébé. Les femmes cadres indiquent plus souvent que les hommes des difficultés à concilier leurs vies professionnelle et personnelle, surtout lorsqu'elles ont des enfants de moins de cinq ans. Lorsqu'un enfant est malade, les mères cadres déclarent à 44% assurer « le plus souvent » sa garde, contre seulement 16% des pères cadres. Ces derniers sont 30% à reconnaître que l'enfant est le plus souvent gardé par l'autre parent, contre seulement 6% des mères.
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Plus globalement, plus de la moitié des femmes cadres (54%) ressentent « un niveau de stress intense » au travail voire « un sentiment d'épuisement professionnel », contre 43% des hommes pour le stress et 42% pour l'épuisement, selon une enquête de l'Apec datant de juin.
(Avec AFP)
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