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JO 2024: entre 6,7 à 11,1 milliards de retombées économiques attendues pour Paris et l'Île-de-France

latribune.fr

Publié le 14 mai 2024 à 13:33 - Mis à jour le 14 mai 2024 à 20:00

Les Jeux olympiques se tiendront du 26 juillet au 11 août et les Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre 2024.

Les Jeux olympiques se tiendront du 26 juillet au 11 août et les Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre 2024.

© LTD / Riccardo Milani / Hans Lucas

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Les Jeux olympiques et paralympiques devraient générer entre 6,7 et 11,1 milliards d'euros de retombées économiques pour Paris et sa région entre 2018 et 2034. Une fourchette large sur un temps long, ces estimations étant calculées sur les recettes liées à l'organisation de l'événement, celles découlant de la construction ou de la rénovation des infrastructures et celles attendues du tourisme.

Les Jeux olympiques et paralympiques, qui se tiendront cet été en France, pourraient générer entre 6,7 et 11,1 milliards d'euros de retombées économiques entre 2018 et 2034 pour Paris et l'Île-de-France, selon une étude commandée par le Comité international olympique (CIO) et le comité d'organisation des Jeux Paris-2024.

Réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport (CDES), elle a été publiée ce mardi. Aucune estimation des retombées n'a toutefois été fournie à l'échelle de la France entière, Paris et sa région concentrant « une très large majorité des sites de compétition ainsi que la plupart des épreuves sportives », argumente l'organisme.

L'étude a consisté à mesurer « le surcroît d'activité par rapport à une situation où l'événement » n'aurait pas été organisé, plutôt que la « rentabilité » des Jeux, qui sera évaluée dans une étude distincte, précise le responsable des études économiques au CDES, Christophe Lepetit.

Comparés à la précédente étude menée par le CDES en 2016, ces chiffres s'affichent à la hausse. Les premières prévisions évaluaient en effet l'impact économique des Jeux pour la région capitale entre 5,3 et 10,7 milliards d'euros. À noter d'ailleurs que les nouvelles estimations sont en euros courants, c'est-à-dire qu'elles prennent en compte l'inflation. En « euros constants » (sans prise en compte de l'inflation), l'impact économique oscille entre 5,7 et 9,5 milliards d'euros, soit une estimation comparable à celle de 2016 et même inférieure pour le scénario central et le scénario haut.

En parallèle, le coût de l'organisation de cette grande messe sportive est chiffré entre 3 et 5 milliards d'euros pour la France, selon une estimation donnée en mars par Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes. Il précisait néanmoins qu'« on ne connaît pas encore le coût » total.

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Trois scénarios différents

Si l'échelle est si grande, c'est parce que le CDES a établi trois scénarios différents. Dans le « scénario bas », les retombées atteindraient ainsi 6,707 milliards d'euros entre 2018 et 2034, réparties entre trois grands secteurs : l'organisation (3,2 milliards), la construction (2,1 milliards) et le tourisme (1,4 milliard). Le « scénario central » mise sur un impact économique de 8,99 milliards d'euros - via des retombées de 3,8 milliards liés à l'organisation, 2,5 milliards liés à la construction et 2,7 milliards découlant du tourisme - et le « scénario haut » table sur des retombées de 11,145 milliards d'euros - 4,6 milliards pour l'organisation, 3 milliards pour la construction et 3,6 milliards pour le tourisme.

L'impact économique des dépenses d'organisation est concentré entre 2018 et 2024, durant les phases de préparation puis de déroulement des Jeux olympiques et paralympiques, détaille le CDES. Idem pour celles liées à la construction puisque de nombreuses infrastructures sportives qui accueilleront des épreuves des Jeux étaient déjà construites avant l'attribution de l'événement à la France. Si bien que les retombées attendues pendant la « phase d'héritage » des Jeux (2025-2034) dans ces deux secteurs restent limitées : elles atteindront au mieux 322 millions d'euros pour l'organisation et quelques dizaines de millions pour la construction.

Les auteurs de l'étude soulignent qu'ils se sont volontairement bornés à calculer les retombées directement liées à la construction ou la rénovation d'infrastructures « véritablement nécessaires aux Jeux » (stades, village olympique...). Certaines dépenses d'infrastructures moins directement liées à l'événement sont donc exclues du calcul. C'est par exemple le cas du Grand Paris Express, écarté du calcul des retombées en 2016 comme en 2024, précise Christophe Lepetit.

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L'inconnu du tourisme

Le tourisme est, sans surprise, le poste pour lequel l'incertitude est la plus forte quant aux retombées, étant donné que les touristes ne sont pas encore arrivés en France pour les Jeux. Les retombées devraient atteindre 1,4 à 3,6 milliards d'euros en prenant en compte l'inflation, et 1,2 à 3 milliards en euros constants selon le CDES.

L'impact dépendra notamment du nombre de billets vendus pour les épreuves olympiques et paralympiques. Parmi les 12,4 à 14 millions de billets jugés « commercialisables » par le CDES, au minimum 77% devraient trouver preneur pour les JO et au moins 62% pour les Jeux paralympiques, anticipe l'organisme.

Contrairement aux deux autres postes, les retombées liées au tourisme pendant la « phase d'héritage » des Jeux (2025-2034) pourraient être considérables, « du fait d'une croissance potentielle du tourisme post-Jeux en Île-de-France ». Et ainsi s'élever de 201 millions à 1,2 milliard d'euros selon les scénarios.

Difficiles prévisions

S'il peut être difficile de s'y retrouver dans cette pluie de chiffres, le directeur exécutif des JO au CIO juge « sage » d'anticiper les retombées sous forme de « fourchette » plutôt que de donner un chiffre unique, plus susceptible d'être démenti par les aléas économiques. Christophe Dubi est d'ailleurs confiant sur le fait que les retombées réelles s'établiront dans cet écart, soulignant toutefois que des « facteurs exogènes, notamment l'évolution du contexte économique international » peuvent « avoir une influence sur les résultats » finaux.

Les autres études disponibles sur les retombées économiques des Jeux anticipent un impact limité sur l'économie française. Le cabinet Asterès a estimé en février qu'ils entraîneraient « une hausse de recettes fiscales et sociales de 5,3 milliards d'euros ». Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a, lui, jugé en mars que le bénéfice éventuel des Jeux serait davantage « psychologique » qu'économique.

De leur côté, les entreprises affichent un optimisme modéré quant aux retombées économiques de l'événement. 55% estiment que l'accueil en France des Jeux olympiques et paralympiques aura un impact positif sur l'économie, d'après le sondage OpinionWay, « La grande consultation des entrepreneurs », réalisé en avril pour le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France), La Tribune et LCI. À l'inverse, 30% des sociétés sondées jugent même que le plus grand événement sportif au monde aura des retombées négatives pour l'économie française.

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Les petites entreprises françaises grandes gagnantes des marchés publics

Sur les 2,7 milliards d'euros d'achats du comité d'organisation Paris-2024, près de « 90% de nos fournisseurs sont français », a assuré ce mardi Olivier Debargue, directeur délégué aux achats du comité d'organisation. Sur les 2.400 fournisseurs de premier rang de Paris-2024, 2.075 sont implantés en France. Le comité d'organisation a par ailleurs eu recours à environ 600 sous-traitants, dont la nationalité n'a pas été précisée.

Parmi les fournisseurs français, Paris-2024 recense « 79% de TPE-PME et plus de 300 structures de l'économie sociale et solidaire (ESS) ». 14% des sociétés attributaires des marchés remportés par des fournisseurs français sont des entreprises de taille intermédiaire, est-il encore détaillé.

Du côté de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), chargée de construire les ouvrages pérennes, « 25% des marchés devaient être réservés aux TPE, PME et structures de l'ESS », a rappelé son directeur de la stratégie et de l'innovation, Antoine du Souich. C'est finalement plus : 36% ont été passés auprès de ces entreprises, soit « 801 millions d'euros de marchés » publics. Alors que l'écrasante majorité des marchés de la Solideo ont été remportés par des firmes françaises, selon lui, les plus de 2.600 TPE/PME lauréates sont implantées dans pas moins de 85 départements différents, a-t-il souligné. Reste que près des trois quarts d'entre elles sont cependant basées en Ile-de-France.

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