L'emploi a accéléré au troisième trimestre, sans retrouver son niveau d'avant-crise
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Les compteurs de la crise s'affolent toujours. Selon la dernière livraison de l'Insee rendue publique ce mardi 8 décembre, l'emploi salarié a rebondi vigoureusement au cours du troisième trimestre. Plus de 401.000 emplois ont été crées entre juillet et septembre après des destructions massives au cours du premier semestre (-697.100). La levée progressive des mesures de restriction au cours du printemps et l'amélioration de la situation sanitaire ont permis aux entreprises d'accélérer les embauches au cours de l'été.
Il reste que si l'économie a remonté la pente au cours de cette période, le niveau d'emploi enregistré par les statisticiens est loin de retrouver son niveau d'avant-crise. Il se situait fin septembre à un niveau comparable à celui de fin 2018. Ce rebond mécanique est ainsi loin de compenser le marasme provoqué par la première vague de contaminations sur le marché du travail. "On risque d'avoir une hausse importante du chômage. Probablement, il faudra réviser nos prévisions de chômage à long terme. Les plans de relance ne vont pas suffire. Il y a un effet de long terme des crises" rappelait le chef économiste de Natixis, Patrick Artus, lors d'un récent point presse avec des journalistes.
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La reprise de l'économie française a dopé le secteur de l'intérim. Après avoir enregistré une chute inédite au cours du premier trimestre (-40,4%, -318.000 emploi), l'emploi temporaire a accéléré fortement au cours des second et troisième trimestres (+22,9% et 22,8%, soit 107.800 et 131.600). Il reste malgré tout bien en deça de son niveau d'avant-crise explique l'Insee. L'emploi intérimaire, qui représente souvent un indicateur avancé de l'état de santé du marché du travail, a servi de variable d'ajustement au cours du printemps pour de nombreuses entreprises qui ont dû fermer leurs portes ou chercher à réduire leurs coûts. "Plus de 715.000 emplois ont été détruits au cours du premier semestre avec beaucoup de suppressions d'emplois dans l'intérim. Les plus précaires et les jeunes ont été les plus touchés" rappelait récemment Sylvie Le Minez, cheffe des études démographiques et sociales de l'Insee lors d'un point presse. Dans les chiffres de l'organisme public, les salariés intérimaires sont enregistrés dans les services non marchands même s'il travaillent pour l'industrie ou la construction.