ENTRETIEN. Élu en juillet 2021 à la tête de l'association d'élus qui représente les 101 départements français, le président (UDI) du conseil départemental de Côte d'Or François Sauvadet s'apprête à proposer, avec l'association des maires de France et Régions de France, aux candidats à l'élection présidentielle « un nouveau schéma de confiance ». Le 90ème congrès de l'Assemblée des départements de France se tient à Bourg-en-Bresse (Ain) du 1er au 3 décembre.LA TRIBUNE. Quel rôle peut jouer votre association alors que débute la campagne présidentielle ?
FRANCOIS SAUVADET. A quelques mois de l'élection présidentielle, nous voulons montrer qu'il est possible de mieux agir pour les Français. Selon un sondage que nous avons commandé à l'Ifop sur la perception des départements, nous apparaissons en première ligne pour relever les défis du futur. Nous sommes dans le cœur des Français. Nous devons redevenir le cœur de la République.
Comment ? De quelle nature sont les 102 propositions que vous allez révéler ?
Nous avons assisté à une vraie recentralisation notamment pendant la première période du quinquennat. Les collectivités ont vécu des moments très difficiles. Cela a commencé avec la suppression de toute marge de manœuvre fiscale (transfert de la taxe foncière aux communes privées de taxe d'habitation, Ndlr).
Or, peut-on encore parler de liberté sans autonomie fiscale ? Malgré les recettes liées aux droits de mutation à titre onéreux (frais de notaire, Ndlr), des départements se trouvent en difficulté. Nos dépenses ont été été contingentées par les contrats de Cahors (limitation de la hausse des dépenses de fonctionnement, Ndlr). C'est pourquoi nous avons créé Territoires Unis avec l'association des maires de France et Régions de France pour dire stop. Nous ne sommes pas des services extérieurs de l'Etat, mais des élus. Nous avons besoin d'un Etat qui impulse mais pas d'un Etat qui entrave la capacité à faire.
N'avez-vous pas renoué le dialogue depuis la crise sanitaire ?
Tout le monde parle du couple maire-préfet, mais le couple maire-département a fonctionné à plein. Tout le monde parle de l'Etat et des régions, mais les conseils départementaux ont continué d'assurer le quotidien, de protéger les enfants et de verser les allocations sociales.
Aux côtés des élus locaux, nous avons prouvé que nous étions armés pour relever le défi de la solidarité humaine et territoriale, partout en France. Nous sommes enfin reconnus comme l'instance de proximité par rapport aux grandes régions et les métropoles qui ne correspondent plus aux standards de vie.