Fiscalité locale: les départements dénoncent la "méchanceté gratuite" de Bercy
César Armand
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"Nos amis des régions ont conclu un accord avec l'Etat, mais la territorialisation s'arrête là", a regretté ce 21 octobre le président (ex-LR) de l'Assemblée des départements de France Dominique Bussereau.
A la veille du congrès annuel de l'Assemblée des départements de France (ADF), son président (ex-LR) Dominique Bussereau redoute la perte d'un milliard d'euros de rentrées fiscales en 2021, malgré l'explosion des demandes de RSA en 2020. Aussi, est-il bien décidé à "rouvrir des négociations" avec Matignon d'ici à l'adoption définitive du projet de loi de finances.
Ils ont beau fêter leur 230ème anniversaire cette année, les conseils départementaux ne sont pas à la fête. Et pour cause. Dès le 1er janvier 2021, ils seront privés de la taxe foncière sur le bâti. Celle-ci va en effet directement aller dans les caisses des communes qui la toucheront pour compenser la suppression de la taxe d'habitation. Surtout, les départements, qui percevront pourtant une fraction de TVA nationale - en guise de compensation - , déclarent être livrés à eux-mêmes dans la déclinaison locale du plan de relance.
Vers des contrats Etat-départements en novembre ?
"Nos amis des régions ont conclu un accord avec l'Etat, mais la territorialisation s'arrête là",a regretté ce 21 octobre le président (ex-LR) de l'Assemblée des départements de France Dominique Bussereau.
En effet, les chantiers liés aux compétences départementales ne manquent pas: refonte du réseau routier et relance du BTP en général ou encore rénovation des collèges. "Nous en discutons avec le gouvernement et nous espérons bien signer des contrats Etat-départements avec le Premier ministre lors de notre congrès des 5 et 6 novembre", a fait savoir Dominique Bussereau.
Les départements sont pourtant les premiers à déployer le très haut débit dans les collectivités qui ne sont pas encore équipées, de même qu'ils restent les plus grands propriétaires de bâtiments publics à réhabiliter d'urgence: préfecture, sous-préfectures, tribunaux... "Nous n'avons pas envie de signer un document vide avec des promesses nuageuses", a insisté le président de l'ADF.
En réalité, à la veille d'un nouveau projet loi de décentralisation, les conseils départementaux espèrent bien récupérer des nouvelles prérogatives. Ainsi, à la manière des conseils régionaux qui veulent co-piloter les autorités régionales de santé (ARS) avec les préfets, les départements veulent co-gérer les EHPAD publics avec ces mêmes ARS.
Dans le même temps, depuis le début du confinement et de la crise économique et sanitaire, les dépenses des départements liés au revenu de solidarité active (RSA) explosent. D'un montant total de 4,6 milliards d'euros en 2019, la facture pourrait grimper d'un milliard d'euros en 2020 et atteindre les 5,6 milliards d'euros. "Cela va continuer en 2021 avec tous les plans sociaux qui montent", prédit encore Dominique Bussereau.
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