"L'industrie française est de retour ! "

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L'industrie française se réveille. Dans un certain nombre de territoires, les acteurs industriels se prennent en main et réfléchissent collectivement aux solutions permettant de se financer, de se développer à l'export, d'innover. Notre industrie fera encore des étincelles, j'en suis convaincu, explique Bruno Grandjean.
"L'industrie française se réveille. Dans un certain nombre de territoires, les acteurs industriels se prennent en main et réfléchissent collectivement aux solutions permettant de se financer, de se développer à l'export, d'innover. Notre industrie fera encore des étincelles, j'en suis convaincu", explique Bruno Grandjean. (Crédits : Stéphane Lariven)
Bruno Grandjean, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM), en est convaincu. Dans un entretien accordé à La Tribune, l'industrie tricolore a les atouts nécessaires pour revenir sur les devants de la scène. A condition de ne pas répéter les erreurs du passé.

La Tribune - Les candidats à la primaire de droite dévoilent actuellement leurs programmes économiques. L'industrie fait-elle partie de leurs priorités ?

Bruno Grandjean - Malheureusement, non. Aucun des candidats ne se démarque sur
ce point. C'est comme si l'industrie n'était pas un sujet majeur. C'est très étrange. On a l'impression que les responsables politiques de l'opposition considèrent que les capitaines d'industrie sont éternellement acquis à leur cause. Ce sont toujours les mêmes solutions qui sont avancées. A la FIM, nous attendons avec impatience les propositions des candidats à la primaire de gauche.

Quelles sont les solutions qui vous ont été proposées ?

Encore et toujours, ce sont les allègements de charge sur les bas salaires qui seraient à leurs yeux la solution. C'est une fausse piste. En raison de la modernisation de l'industrie, de sa montée en gamme, il y a désormais peu de bas salaires dans les entreprises. Les tâches les plus ingrates sont désormais confiées à des robots ! De fait, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi [CICE] profite peu à l'industrie, un secteur pourtant largement exposé à la concurrence internationale. Selon l'évaluation de France stratégie, l'industrie représente moins de 20% des créances de CICE.

Il faudrait réformer le CICE ?

Nous sommes en effet favorables à une modification profonde de ce dispositif qui a certes permis de contribuer au redressement de nos marges, mais qui pourrait être plus efficace. Il faut revenir à la proposition du rapport Gallois d'abaisser les cotisations sociales jusqu'à 3,5 SMIC. A enveloppe égale, soit 18 milliards d'euros en 2016, ce serait une bonne solution pour redresser notre compétitivité et pour attirer les jeunes ingénieurs de talent vers les PME.

L'industrie du futur est-elle une bonne initiative ?

Elle a le mérite de mettre sur la table le sujet de la modernisation de notre industrie. En jouant les chefs d'orchestre, l'Etat favorise l'émergence d'une énergie collective, sans ruiner les finances publiques car son apport se limite à quelques centaines de milliers
d'euros. Cette initiative est d'autant plus salutaire que l'industrie est depuis trente ans absente du débat politique et économique.

Vous avez une explication ?

Dans l'inconscient collectif, l'industrie est bruyante, polluante. Par ailleurs, depuis les années 1980 s'est développé en France un courant de pensée qui était assez peu favorable à l'industrie. Certains économistes, certains politiciens ont pensé que l'on pouvait supprimer les usines comme on avait supprimé les exploitations agricoles. Le concept de « Fabless », des années 2000, a fait beaucoup de mal à l'industrie française.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement lance une initiative dans le domaine industriel. Or, les succès ne sont pas toujours au rendez-vous. Lancé en 1981, le plan « Machines-outils » fut un échec.

C'est exact. Mais cette fois, dans le cadre de l'industrie du futur, l'Etat est à sa juste place. Il se contente de mobiliser les énergies, de rassembler les acteurs tout en leur laissant l'initiative sur le plan opérationnel. Le plan « Machines-outils » des années 80 était une bonne intention de la part de l'Etat. Mais, en dépit des millions de francs dépensés, il n'a pas eu le succès escompté car l'Etat a voulu jouer le rôle de stratège à la place des industriels.

L'industrie est-elle audible auprès du monde politique, du gouvernement ?

Les grands groupes savent se faire entendre, indéniablement. Ce n'est pas le cas des sous-traitants, des TPE, des PME et des ETI. Au sein de l'exécutif, qui connait l'industrie, ses problématiques, ses atouts, ses difficultés ? Depuis René Monory et Pierre Bérégovoy, quel ministre « économique » peut faire valoir une expérience de
terrain ? Dans ce contexte, qui peut porter nos messages, en France et à l'étranger où il faut parler anglais ? Heureusement, les choses changent avec l'arrivée des nouvelles générations.

Faire la promotion du « made in France » est-il une bonne idée ?

Il faut mettre en avant nos savoir-faire, être fiers de nos entreprises la renaissance d'Alpine, une icône de l'industrie française, est de ce point de vue une excellente nouvelle. Mais il ne faut pas que la promotion du made in France se traduise par des mesures protectionnistes, ça ne marche pas, souvenons-nous encore du blocage ridicule des magnétoscopes japonais à Poitiers !

La fiscalité est-elle un obstacle au développement de l'industrie ?

La politique de l'offre menée depuis 2014 a fait beaucoup de bien à l'industrie. En effaçant en partie les augmentations d'impôts passées, il a permis à nos entreprises de sortir la tête de l'eau. Mais il reste encore des choses à améliorer. Les impôts pesant sur la production sont trop nombreux, ce qui nuit à la prise de risque et à l'investissement. Comment peut-on créer le CICE et laisser en place une cinquantaine d'impôts sur la production ? Quelque chose m'échappe. Il aurait été plus logique de supprimer certains de ces impôts et de laisser le taux de l'impôt sur les sociétés inchangés. Partager les bénéfices est normal. Taxer les investissements qui permettent de relever la valeur ajoutée du made in France est incompréhensible.

L'Etat est-il le seul responsable de la dégradation de l'industrie française ?

Bien sûr que non. Cet échec est collectif. Les industriels français peuvent balayer devant leur porte. Un certain nombre d'entre eux n'ont pas vu et anticipé le développement de la mondialisation. Apprendre l'anglais, investir, se déplacer sur les salons internationaux
étaient des initiatives inutiles pour beaucoup d'entre eux. On constate aujourd'hui les dégâts de cet attentisme.

Cette dégradation de l'industrie est une fatalité ?

Ce serait une erreur de le penser. L'industrie française se réveille. Dans un certain nombre de territoires, les acteurs industriels se prennent en main et réfléchissent collectivement aux solutions permettant de se financer, de se développer à l'export, d'innover. Notre industrie fera encore des étincelles, j'en suis convaincu.

Le retard avec l'Allemagne n'est-il pas trop grand ?

Vous savez, cette comparaison avec l'Allemagne commence à nous fatiguer. Si je fais une analogie avec le football, la France en a assez de se prendre des buts. Il y a une réaction d'orgueil qui anime nos industriels. Par ailleurs, le scandale Volkswagen continue à faire beaucoup de dégâts. Le complexe de supériorité que nos confrères allemands pouvaient parfois afficher est moins fort. Enfin, il faut préciser que le processus de numérisation de l'industrie rebat les cartes du jeu. Fortes de leur expérience dans le digital, les entreprises françaises peuvent à nouveau prétendre jouer les premiers rôles.

Vous avez des exemples en tête ?

Je peux citer deux exemples emblématiques : en novembre, à Francfort, Michelin et Fives dévoileront leurs solutions de « fabrication additive métallique », communément appelée impression 3D Métal. Cette rupture technologique portera hautes les couleurs de la France. Dans le domaine de la voiture autonome, les entreprises françaises du secteur automobile sont à la pointe. C'est une grande fierté. A nous d'amplifier ce mouvement encore fragile en attirant à nouveau les talents et les jeunes vers l'industrie.

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a écrit le 12/10/2016 à 20:54 :
Pour les gens qui examinent certainement les choses, l'industrie a toujours été la !!! Explication : l'emploi industriel a fondu a 3 mio, soit effectivement 11% de l'emploi salarié. Mais, la valeur ajoute industrielle représente 19,5% du total (1,7% Agric. 78% services). On voit déjà que l'industrie est toujours bien la... Maintenant si l'on prend la valeur de la production industrielle, en 2015, cela représente € 889 milliards, soit....40% du PIB. Ces chiffres sont ceux de la Banque Mondiale et de l'Insee. Cela change des sottises declinistes dont on est constamment abreuvé par les médias !!!!
a écrit le 12/10/2016 à 7:54 :
Ce monsieur a raison de réagir, mais il doit proposer la solution, et convaincre les syndicats de l'accepter. La solution consiste à basculer la fiscalité du travail (les charges sociales) sur la fiscalité énergétique. C'est la solution décrite dans la note n°6 du conseil d'analyse économique. Elle est conforme à l'idée d'une taxe sur l'énergie proposée par Jean Tirole. Elle permet de réduire le chomage et de retrouver un peu de croissance.
a écrit le 11/10/2016 à 21:31 :
"A condition de ne pas répéter les erreurs du passé."
C'est en bonne voie et cela ne se passera pas.
La droite ne va pas se braquer contre les entreprises, notamment les TPE, pour simple et bonne raison qu'elle n'a rien a proposé de différent. La gauche a fait le travail tant promis par la droite. Imparfaitement, avec des blocages provenant des ses deux ailes: la gauche gauchiste et la droite, mais elle a acté : aide au premier emploi, PTZ, suramortissement, CICE (marge, trésorerie, investissement, augmentations de salaires, embauches, accord de productivité, etc.). Peu importe le choix des entreprises, l'argent injecté se retrouve bien dans l'économie, et même si au bout du compte les acquisitions françaises à l'étranger vont certainement atteindre un record cette année, ça prouve bien que les services et les industries ont repris du poil de la bête mondiale et sont en train de se renforcer.
Ne pas oublier que le contexte mondial est compliqué et que les attentas ont eu un effet dévastateur sur l'économie.
Même le nombre des PME exportatrices augmente sérieusement, alors qu'il était figé depuis longtemps. L'état a bien impliqué tous les acteurs comme jamais, jusqu'aux douanes et aux ambassadeurs.
Les 3 premiers semestres du quinquennat et la Loi Du flot font parti des ratages.
La Loi Pinel est une réussite.
Mieux vaut une reprise lente et solide, que forte mais éphémère parce que les fondamentaux qui n'auraient pas évolués.
Maintenant la guerre est économique, on est en guerre, il faut insister sur la dynamique comme la dernière promesse, baisser les impositions des PME.
Depuis le temps que j'entend dire que les TPE payent trop d'impôts, mais que je n'ai jamais vu un gouvernement se bouger sur la question, droite et gauche confondus.
Enfin un premier pas.
Réponse de le 13/10/2016 à 10:03 :
EXAT? ET PAREIL POUR LES PETIT COMMERCES LES PETITE EXPLOITATIONS QUI FERMENT LES UN APRES LES AUTRE SANS QUE PERSONNE S EN INQUIETE CE SONT TOUJOURS LES PLUS PETITS QU IL FAUT AIDE EN PRIORITE. SI CHAQU UN CRES SONT ENTREPRISE CERTAINE ENBAUCHERONS? L ECONOMIE D UN PAYS CELA N EST PAS QUE LES GROS CAPITAINES D INDUSTRIE MAIS C EST AUSSI LES P E T I T S ENTREPRENEURS???
Réponse de le 13/10/2016 à 21:21 :
Oui mais, ça c'était avant. Tout du moins, nous sommes sur la bonne voie.
.....
Le nombre total des créations d'entreprises s'est accéléré en septembre, signant une hausse de 2,9% après une progression de 1,6% en août, montrent des données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables publiées mercredi par l'Insee.
L'institut national de la statistique fait remarquer que les créations d'entreprises dites 'classiques' ont augmenté un peu plus vite (+3%) que les immatriculations de micro-entrepreneurs (+2,8%).
En données brutes, le nombre cumulé d'entreprises créées au cours des douze derniers s'est accru de 4,1%, contre +3,5% en août et +2,5% en juillet), là encore en raison d'un bond de 16,6% des créations d'entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs.
....
Et la France peu mieux faire, et va mieux faire.
.....
AFIC, Association Française des Investisseurs pour la Croissance
S1-2016:
L’AFIC et Grant Thornton présentent l’activité des acteurs français du capital-investissement au 1er semestre 2016 :
Les membres de l'AFIC ont collectivement investi 5,5 md€ (+47% vs S1 2015) dans plus de 1.000 entreprises (+23%) à tout leur stade de développement.
......
J'explique les 1ers semestres sont toujours plus faibles que les 2èmes.
Donc on pourrait espérer atteindre les 15 milliards sur 2016, pour les entreprises affiliées à l'AFIC.
..........
2015 : 10749 M€ (+23%), et plus haut depuis 2008.
2ème volume en Europe derrière le Royaume-Uni.
56% des montants investis ont permis le financement de nouvelles entreprises.
386 opérations réalisées, plus haut depuis 2009.
2014 : 8727 (+35%)
2013 : 6482
2012 : 6072 M€
a écrit le 11/10/2016 à 17:31 :
Une interview rafraîchissante, iconoclaste et tournée vers l'avenir! L'industrie n'est pas morte, et c'est un combat de tous les jours. On note le dépit face aux propositions des prétendus Républicains, le statisfecit donné au gouvernement pour sa politique de l'offre, les critiques constructives du CICE, et le coup de pied là-où-je-pense aux chefs de certaines entreprises qui restent spectateurs plutôt qu'acteurs du changement. Les conservatismes ne sont pas qu'à chercher chez les cgtistes...
a écrit le 11/10/2016 à 16:51 :
tiens ca change du discours du medef, ou il est toujours question de moins d ISF, de faire travailler les gens plus en les payant moins, de pouvoir les virer facilement ....
Bon evidement, aucun chance que ce type de discours soit entendu vu que les diriegeants des LR sont des politiciens pur (Juppe a 75 ans n a jamais mit les pied dans une entreprise a part peut etre pour la racketter quand il etait a la mairie de paris) et que leur but c est d engraisser leur clienteles electorales (les paysans, les professions liberales (taxi, notaire pharamaciens ...).
Donc inutile de rever, on va continuer ce qui ne marche pas. Il n y a qu a voir ce que les LR pensent gaspiller pour soutenir la politique du logement cher (franchement cet argent ne sreait pa smieux ailleurs ?)
a écrit le 11/10/2016 à 16:28 :
d'ou le résultat de l'enquête ManpowerGroup du 13 septembre dernier : les employeurs de l'industrie manufacturière sont les plus optimistes.
mais est-ce que les Français s'intéressent à l'industrie et vont suivre des formations industrielles/postuler auprès des entreprises qui recherchent désespérement des candidats ?
faut voir aussi ce que va donner la guerre économique. Airbus a l'air d'être dans le viseur.
Réponse de le 11/10/2016 à 21:23 :
Faut quand meme etre honnete. L industrie ca paie quand meme pas tellement et si vous voulez faire carriere faut mieux faire autre chose (c est mal considere en France, il n y a qu a voir d ou viennent tous les dirigeants de societes).
Pas etonnant que les candidats ne se bousculent pas. Pire la nouevlle geneation a interiorise le fait. On perefer faire medicien a une ecole d ingenieur et si on a un diplome d inge, c est pour faire trader a la SG (ou au pire s expatrier car bien mieux paye/considere en RFA)...
a écrit le 11/10/2016 à 15:23 :
LR n'est intéressé que par donner des subventions à son électorat :
- agriculteur
- artisans
- commerçants

Subventions, TVA réduite, charges plus basses (32 % pour un artisan contre 42 % pour les salariés, pour la même prestation, comme l'a fait remarqué la cour des comptes).

L'avenir de l'industrie (au sens large), et donc de la FRANCE lui importe peu. Et pourtant, quand on ne vendra plus que des corbeilles en osier fabriquées à la main, le niveau de vie de la population correspondra à ce niveau.
Il y a qu'à voir avec la crise du lait, ou dans quelques années, on n'achètera plus que du lait allemand, beaucoup moins cher et respectant les normes.

C'est étonnant qu'aucun économiste ne se soit penché sur la question.
Réponse de le 11/10/2016 à 17:51 :
Tout à fait d'accord, et il faut même aller plus loin. Les LR sous leur forme précédente furent pendant 10 ans aux commandes du pays (2002 à 2012). Aucune espèce de réforme économique de grande ampleur n'a eu lieu pendant cette décennie, perdue. NS avait repris l'idée de la "jupette" avec la prime à la casse, il a détaxé les heures supplémentaires et créé le statut d'auto-entrepreneur. Son prgramme était axé sur le pouvoir d'achat, comme si les Français se réduisaient à des porte-monnaies. Waouw. Plus poujadiste, ça n'existe pas. Il est inconcevable que ces mêmes personnes, qui incarnent la frilosité et le repli sur soi (il suffit de se rappeler leur position sur le mariage pour tous pour comprendre qu'ils sont faits de naphtaline) reviennent au pouvoir. FH et son équipe ont été enterrés un peu vite...
a écrit le 11/10/2016 à 15:13 :
on peut discuter longtemps que la france a perdu 50% de son industrie depuis 2000 et est en train de perdre vite faite le reste
pour l'avenir.......... qui va etre suffisamment idiot pour venir faire de l'industrie intensive en capital dans un pays qui fait la chasse au ccapital?
personne

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