Le centre de recherches rattaché à Sciences-Po a lancé une application en ligne baptisée "Debtwatch" permettant de mesurer les implications des différents scénarios (croissance, taux d'intérêt, dépense publique) sur la soutenabilité de la dette.Alors que les débats sur la soutenabilité de la dette refont surface, l'OFCE, l'observatoire français des conjonctures économiques, a lancé lundi une application web pour analyser les implications de différents scénarios autour de l'endettement public. "L'originalité de Debtwatch est de laisser l'utilisateur choisir une cible de dette, puis de lui permettre de constater les implications de la transition vers cette cible, à partir d'indicateurs comme le chômage, la croissance, les impôts ou encore l'inflation", expliquent Xavier Timbeau, Elliot Aurissergues, Éric Heyer dans une note de synthèse.
"Cette application s'appuie sur des travaux réalisés depuis la crise de 2008. Dans un espace contraint où les économies subissent des conséquences lourdes, il est important de pouvoir mesurer ce qui peut arriver. La dette publique a augmenté depuis la crise de 2008 et la crise sanitaire. L'équation devient très compliquée pour tenir les objectifs des traités européens dans un contexte de taux d'intérêt très bas. On cherche à redéfinir la question de la soutenabilité. Il s'agit de permettre à n'importe qui de pouvoir entrer dans les débats et pouvoir s'opposer à certains experts" a déclaré Xavier Timbeau lors d'un point presse.
Quantifier les différents scénarios
En jouant sur les différentes variables, sur différents scénarios, l'application permet de "calculer combien cela va représenter comme effort", par exemple en matière de prélèvements obligatoires, de dépenses publiques, ou encore d'évolution du chômage ou de l'activité.
Si les principales conclusions à tirer sont généralement admises - plus l'écart entre le taux d'intérêt et la croissance est bas plus il est "facile" de stabiliser la dette - l'application permet de "quantifier" les différents scénarios, assure Xavier Timbeau. En tout cas, "pour stabiliser la dette publique à son niveau actuel, la plupart des pays développés ont des efforts à fournir" préviennent les analystes de l'OFCE dans leur note.