Pourquoi la dette de Paris fait débat ?
César Armand
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Sans attendre l'élection présidentielle, voire même les prochaines élections municipales en 2026, la bataille de Paris a déjà commencé. Dans un communiqué envoyé le 25 septembre, le groupe Changer Paris, composé de Républicains, de centristes et d'indépendants, accuse l'administration de la capitale de « faillite budgétaire ». « En vingt ans de gabegie de gauche, la dette de la ville de Paris a atteint le montant de 7,71 milliards d'euros », écrit le groupe présidé par Rachida Dati, candidate (LR) défaite en juin 2020 par Anne Hidalgo.
Un montant démenti par l'équipe municipale de la maire de Paris. Interrogé par La Tribune, le maire-adjoint (PS) chargé des finances, du budget, de la finance verte et des affaires funéraires, Paul Simondon, avance celui de 6,6 milliards d'euros, balayant « le chiffre de 7,71 milliards d'euros venant de Bercy qui compte les loyers capitalisés ». Dès qu'un immeuble propriété de la Ville est confié à un bailleur social, ce dernier paie tous ses loyers dès la signature du contrat. « Cela n'appelle pas de remboursement à terme de la même façon que cela n'a rien à voir avec l'emprunt qui amène le remboursement d'annuités et d'intérêts », ajoute Paul Simondon.
Un argument qui laisse songeur David Alphand, vice-président du groupe Changer Paris et membre de la commission des Finances. « En 2013, la dette était de 3,655 milliards d'euros. En huit ans, elle a augmenté de 95%. C'est considérable ! », s'exclame l'élu du 16ème arrondissement de Paris. Selon lui, la Ville devra ainsi rembourser, pour 2020, 268 millions d'euros d'emprunt et 147 millions d'euros d'intérêts. « Si l'on se projette à 2026 [fin du prochain mandat, Ndlr], nous devrions atteindre 304 millions d'euros d'emprunt et 150 millions d'euros d'intérêt », a-t-il calculé.
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En face, le maire-adjoint aux finances, au budget, à la finance verte et aux affaires funéraires cite, pour 2020, 228 millions d'euros de remboursement de l'emprunt et 119 millions d'euros d'intérêt. « La Ville a toujours eu accès à des emprunts dans de bonnes conditions financières avec des taux d'intérêt de 0,2%. Les charges de cet emprunt n'augmenteront pas, les taux les plus récents s'appliqueront », assure Paul Simondon.
César Armand